04.03.2008

Déménagement

Il est impossible d'écrire des articles actuellement sur ce blog. Les perturbations qui continuent sur Haut et Fort ont eu raison de ma patience. J'ai donc entrepris un déménagement. Il n'est pas encore totalement terminé. Ce blog restera ouvert.

Pour lire la suite cliquez



ici

03.03.2008

La gazette en préparation

Pour les heureux abonnés et ceux qui souhaiteraient l'être*, j'annonce que le numéro 4 de la gazette



Tout à Fait Décousu

est en préparation.


*D'ailleurs, pour ceux qui souhaiteraient s'abonner, je rappelle que cela ne coûte que 4,50€ pour cinq numéros de la gazette. La fréquence des parutions est totalement aléatoire et chaque numéro est expédié par la poste.

02.03.2008

Rêver

fernamdo+pessoa+no+martinho+da+arcada

"Rêver, voilà qui répugne aux gens d'action, et pourtant ce sont eux qui ont tort. On n'a jamais tort si l'on n'agit pas. Les édifices qu'on ne construit pas ne tombent jamais en ruine."

Fernando Pessoa (Un singulier regard)

01.03.2008

Fin de Carême

J'ai le plaisir d'annoncer que c'est la fin du Carême, du moins pour le blog Tout à fait décousu (et pas pour pour les fictions enfantines de France Culture !).
Condamnée au silence par une panne due à la maintenance de l'hébergeur Haut et Fort, au bout de quelques jours ainsi, quand je découvre qu'enfin, je peux accéder à mon compte, je ne trouve pas mieux à faire qu'une citation de Roland Dubillard :

Fleurs coupées...

C'est moins elles qu'on offre que la jouissance de leur agonie.


(Confessions d'un fumeur de tabac français)

26.02.2008

Pas de blog !

Pas de blog en raison du Carême
Je ne crois pas que ce soit la raison du "bug" rencontré depuis deux jours par les usagés de Haut et Fort et de Tout à fait décousu en particulier. Je profite d'un moment de fonctionnement, ne sachant pas si ça va durer, pour crier mon silence, haut et fort.

24.02.2008

Si je n'écris pas sur le blog...

Je tiens à préciser que si je n'écris pas sur le blog, ce n'est pas en raison du Carême ! Je m'explique : Cherchant à enregistrer (podcaster) une fiction enfantine sur le site de France Culture, je suis tombée sur une page qui m'a fait peur : Pas de fiction en raison du Carême. "Les enfants font pénitence ! "ai-je pensé. Ce sont les innocentes victimes de l'Église qui veut soumettre les jeunes générations à son autorité. 40 ans après 68, il est temps qu'elle reprenne tout ça en main.
Alors, jusqu'au 23 mars, on ne rigole plus en écoutant France Culture.
On fait ceinture.
Sur les tartines, plus de confiture.
Pauvres petits enfants !
Et puis, moi aussi j'aime bien écouter les fictions enfantines !
Je suis quand même allée voir le programme du dimanche. En fait, pour faire de la place sur la grille de France Cul, ils ont sacrifié les enfants pour y mettre deux émissions barbantes à souhait : une qui s'appelle Carême Protestant, et l'autre Carême Catholique (pas de jaloux). Ça donnerait presque envie d'allumer la télé !
Alors, si je n'écris pas sur le blog en ce moment, ce n'est pas à cause du Carême, du genre "je fais pénitence en ne mangeant plus de foie gras à tous les repas et en ne branchant pas internet". C'est que, pour ne pas sombrer dans la colère systématique alimentée par un pouvoir qui chaque jour avance vers plus de totalitarisme, je préfère me taire. Peut-être ne faudrait-il pas ?

19.02.2008

Une douce traversée du désir

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"On a, je crois, les déserts que l'on mérite. On a aussi, parfois, ceux que l'on porte en soi et ceux que l'on fantasme et qui ont le pouvoir de nous réduire, de nous diminuer jusqu'au dérisoire, jusqu'à l'imperceptible, à l'anéantissement ou, au contraire, celui de nous agrandir, nous élever, nous sublimer, aux dimensions d'un infiniment grand intérieur, de plénitude et d'accomplissement."

Ainsi commence le livre de Patrick Mialon, Désir d'Aubrac (le Temps qu'il fait-2001)d54f8bae7b4c9098f8baf6dd5709f29d.jpg L'ai-je mérité, mon désert, autrement appelé Pays Doré sur ce blog par ses habitués ? Je ne sais pas. Mais, je sais qu'il m'est de plus en plus difficile de m'en séparer. Le manque d'abord, puis le Désir du Désert grandit jusqu'au retour prochain. "Nous grandir, nous sublimer..." comme l'écrit Patrick Mialon, je n'irai pas jusque là. Mais, j'y perçois la sensation d'une continuité avec les éléments de la nature, avec le rocher de granit, le fût du hêtre, la terre humide, le cristal de gel qui donne cette sensation rare d'être vivant.

Alors, le retour est d'autant plus difficile. Comment s'intéresser aux municipales à Neuilly, aux municipales ailleurs, ou dans mon bled ? Comment trouver de l'intérêt à tous ces sujets qui me cause habituellement de vifs énervements ? Ça reviendra, j'en suis sûre. C'est une sorte de jet lag dont on finit par se remettre. Je ne sais qu'écrire sur le blog, tant mes idées sont ailleurs. Dans quelques jours, les effets du désert seront estompés. Il ne restera que le désir.

11.02.2008

En direct du Pays Doré

Utilisant le wi-fi du bar-épicerie du lieu, j'envoie quelques photos...

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10.02.2008

Sur la route...

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Nos habitudes impliquent un certain ordre dans la succession des choses, une vague cohérence de l'Univers. Or, voici que la réalité se propose à moi changée, irréelle. Quand un homme se réveille ou meurt, il met un certain temps à se défaire des terreurs du rêve, des préoccupations et des manies de la vie. Il faut que je perde maintenant l'habitude d'avoir peur des ces gens.
Adolfo Bioy Casares (L'invention de Morel)

08.02.2008

ce que disent les cartes...

Sylvie Durbec, triant ses archives, m'a envoyé cette carte. Une vue de Carpentras...

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Ce qui est beaucoup plus intéressant, c'est l'adresse, puisque les bons baisers sont destinés à un certain Simon, gardien au Château d'If, et à sa dame.
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Plus que le côté face de cette carte postale, c'est le côté pile qui fait voyager.
Donc je suis allée voir ce qu'aurait pu faire ce gardien à cette époque, époque que l'on peut situer au début du XXè siècle. D'abord, j'ai eu l'idée qu'il était gardien de prison, ce monsieur. On pense d'emblée au Comte de Monte-Cristo quand on évoque le Château d'If. Mais, cela semble peu probable car les derniers prisonniers sont des prisonniers de guerre civils (Alsaciens et Lorrains) en septembre 1914. Ensuite, le château fut dédié au tourisme, donc on peut penser que ce monsieur Simon aurait été le gardien dudit château.

L'hypothèse qui me plaît le plus est celle selon laquelle, Monsieur Simon aurait été le gardien du phare de l'île d'If et aurait vécu là avec sa famille. Wikipedia le précise :
Jusqu'en 1950, un gardien de phare et sa famille vivaient encore sur cette île.



La condition de gardien de phare paraît plus confortable au Château d'If, celui-ci pouvant y vivre avec femme et enfants. On est loin de celle décrite par Jean Claude Bourdais dangereuse, rude et solitaire.

Et comme tout mène à la malacologie, en parlant du Château d'If, il ne faut pas oublier de citer l'ouvrage de Bourguignat, 07f062c5708e98606cf447c243bc6420.jpg
consultable sur Gallica. Le célèbre Jean Péchaud fut un de ses élèves et continua ses travaux.
C'est fou ce que l'on peu faire dire à une carte postale...

06.02.2008

le 6 février

J'ai une affection particulière pour le 6 février.
Plusieurs personnes de ma famille mais aussi des amis sont nés ce jour-là. 454a6945f42d2e95841d13f1075ec97e.jpg Parmi les gens que j'admire, il y a François Truffaut, né le 6 février 1932. À l'époque du magnétoscope, dans les années quatre-vingts, j'avais constitué une collection de ses films, jusqu'aux Mistons (court métrage de 1957 avec Bernadette Laffont et Gérard Blain) qui à l'époque n'était pas si connu que ça. J'ai élevé me enfants avec ses films ainsi que ceux de Demy et je crois que ça n'a pas altéré leur goût. Ma collection de VHS est remplacée par des DVD maintenant. Il n'y a plus les "plus" enregistrés à la télé, genre les publicités ou les actualités dûs à une programmation large du magnétoscope pour ne pas rater le début ou la fin du film. Ces "plus" ont vieilli, pas les films de Truffaut.
Autre coïncidence avec le 6 février, c'est avec celui de 1919, date de la mort de Jacques Vaché.e6f52b3263ff5ce5bd43997b6dbf5d46.jpg Cet "agraphe tragique" comme le qualifie Enrique Vila-Matas est entré dans l'histoire en mourant. André Breton ne se consolera jamais de la disparition de son ami et fera de lui un des plus grands écrivains surréalistes. Écrivain sans oeuvre. Ou presque.
Aux Editions Dilecta est sorti récemment un ouvrage intitulé Les solennels dont, en hommage à "l'écrivain sans oeuvre", je vais citer un extrait:

Il est vraiment dommage que Gilles soit né avec un tablier et un gilet rayé alternativement jaune et noir.
Il est intelligent un peu, égoïste beaucoup, hypocrite encore plus : il aurait fait un bon bourgeois.

Un bel article sur sa mort ici.
Évidemment, il y a eu bien d'autres événement marquant un 6 février (l'inauguration de JO de Grenoble, l'assassinat du préfet Erignac, la naissance de Christine Boutin...) mais de ceux-là, je m'en fous. Ce soir, on souffle les bougies.

05.02.2008

C'est la saison des cartes de voeux. 2008 ! (encore)

C'est toujours la saison des cartes de voeux. La preuve : hier, j'ai reçu celle-ci.

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C'est de la part de Jean Chollet.
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Cet été, on a pu voir ces grands papiers dans une galerie de la région.

03.02.2008

Un mauvais rapport (suite)

Il m'arrive de me demander pourquoi je ne vais pas dans le sens du flot. Certains disent que c'est à cause de mon mauvais caractère, d'autres parce que je suis trop compliquée, d'autres encore parce que je me la pète... Alors, quand j'ai écrit ce billet sur Le rapport de Brodeck, je me suis sentie un peu seule sur mon rocher. Et croyez-moi, il n'y avait pas de provocation dans cette critique à contre-courant, mais uniquement de l'incompréhension face à ce roman.
Ça y est, je ne suis plus seule (ou presque) puisque Michel Volkovitch dans page d'écriture n°53 parue sur son site le 1er février 2008, écrit ceci :

On m'a aussi recommandé Le rapport de Brodeck, roman de Philippe Claudel (Stock), l'un des succès de la rentrée. Un gros roman fort ambitieux, sur le thème de l'exclusion d'un étranger par le groupe. Dans un village du fin fond de l'Europe centrale germanophone, un visiteur trop distingué, trop excentrique finit massacré par les hommes du coin ; le seul innocent, l'intello du bourg, rescapé des camps où l'avait envoyé sa différence d'origine, est chargé de rédiger un rapport sur le meurtre et se trouve lui-même sournoisement mis au ban.

Cela me gêne de démolir ce pavé. Non vis-à-vis de l'auteur, couvert de gloire et d'argent et qui ne me lira pas, mais par égard pour les amis chers et sûrs qui me l'ont conseillé. Pour eux j'aurais voulu aimer ce livre, adroitement construit par vagues de retours en arrière subtilement amenés. On y trouve plusieurs scènes puissantes. On y voit planer, c'est vrai, l'ombre de Kafka. Mais Kafka en aurait fait un récit d'une centaine de pages d'une maigreur tendue, inquiétante. Claudel, lui, se laisse aller. Il se fourvoie gravement dans les scènes du camp, frisant le Grand-Guignol, qu'il aurait dû totalement couper. Surtout, il se perd dans les détails oiseux, les circonvolutions d'un style fleuri, alourdi d'adjectifs et de comparaisons perpétuelles.

«La nuit avait jeté son manteau sur le village comme un roulier sa cape sur les restes de braise d'un feu de chemin. Les maisons, avec leurs toits recouverts de longues écailles de bois de pin, laissaient échapper des fumées lentes et bleues et faisaient ainsi songer au dos rugueux de vieux animaux des époques fossiles.»

Deux lignes plus bas :

«...ces dernières journées de septembre avaient été chaudes comme des fours de boulanger. Je me souviens que j'ai regardé le ciel et que je me suis dit, à voir toutes les étoiles ainsi pressées les unes contre les autres, à la façon d'oisillons qui ont peur et qui recherchent compagnie, que bientôt nous plongerions d'un coup dans l'hiver. L'hiver, qui chez nous est long comme des siècles embrochés sur une grande épée etc.»

Après avoir cru dix fois abandonner, je suis tout de même arrivé au bout en zappant les fioritures et toute la mauvaise graisse de ce livre obèse. Épuisé comme le visiteur d'une expo de peintres pompiers saoulé par un tourbillon de couleurs brutales comme des claques sonnant ainsi que des coups de grosse caisse !!!

Ce travail appliqué, scolaire, a obtenu le Goncourt des lycéens à l'unanimité. Que dire ? Les lycéens ont déjà fait bien pire en attribuant, par exemple, leur Renaudot de 2005 à Festins secrets de Pierre Jourde...


Je dois préciser que, même si certains exemples pris ça et là dans le roman de Philippe Claudel sont les mêmes que ceux que j'ai choisis, Michel Volkowitch n'avait pas lu Tout à Fait Décousu avant d'écrire son article.
Mais, maintenant, je me sens moins seule sur mon rocher.

02.02.2008

Drôles d'époques...

« On s’y fait, aux époques. On se case, on se coule dans l’événement. On s’y laisse secouer, cahoter et ballotter comme au fond d’un wagon à vaches. Et puis, on finit par se résigner et par se taire. » C'est une citation de l'écrivain Georges Hyvernaud que fait Martine Laval au début d'un de ses articles sur son blog. Il faut dire que le Georges Hyvernaud en question en avait connu une "drôle" d'époque, durant laquelle la "drôle" de guerre l'avait conduit cinq ans en captivité. La résignation dont il parle est un mal pernicieux.

J'ai reçu un texte inédit de Pierre Autin-Grenier extrait d'un futur ouvrage qui s'intitulera : « C’est tous les jours comme ça (Les dernières notes d’Anthelme Bonnard) ». Il y est question aussi de résignation.
Bien sûr, il s'agit d'une fiction. Enfin, c'est ce qu'on se dit pour se rassurer...

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FORCES SPÉCIALES



Vrai, ça n’en finit plus. Depuis hier après-midi, sur le coup des cinq heures à ce qu’il me semble, trois unités des forces spéciales se sont rendues maître de la place et, en un tournemain, ont passé la camisole à tout le quartier sans ménagement aucun. C’est donc la deuxième fois en moins d’un mois que nous sommes soumis à ces manœuvres d’intimidation arrogantes et brutales et devons subir sans broncher les désagréments qui en résultent, comme si l’autorité ne pouvait s’exercer que sous la menace et par les craintes qu’elle suscite. Ainsi dès l’aube était-il impossible de faire plus de trois pas sur le boulevard sans devoir présenter à tout bout de champ ses papiers d’identité, livrets militaire et de famille compris, à ces badernes en treillis dont les rustres manières ne portent guère plus à la plaisanterie qu’un écroulement d’immeuble au beau milieu d’une rue piétonne. Dans ces conditions, aller seulement chercher son pain ou tenter de s’approcher d’une bouche de métro pour gagner le centre-ville tient du parcours du combattant, exige une sérieuse maîtrise de soi en même temps qu’un système nerveux à toute épreuve. Certains sont sur le point de craquer, c’est patent.
Midi n’a pas sonné qu’on commence déjà à trouver le temps long, l’atmosphère par trop étouffante. Les nez s’allongent et sur les trottoirs les rares passants requis par leurs obligations pressent l’allure; la mine renfrognée ils vont sans voir les blindés postés à chaque coin de rue non plus les molosses démuselés qui salivent au pied des uniformes. Si tout un chacun adopte un profil bas, on sent dans l’air qu’une sourde colère contre le pouvoir et ses agissements couve dans les esprits; bientôt ce bouillonnement de révolte et de désirs trop longtemps contenu débordera sans doute les forces d’oppression, peut-être pourra-t-on espérer des jours meilleurs alors. Pour l’heure tout le monde serre les poings et s’interroge en son for intérieur quant aux raisons qui auraient pu motiver un tel acharnement à notre encontre. Certes notre quartier reste rebelle et frondeur, de renommée comme de par son histoire, et s’est organisée ici, mieux que partout ailleurs, une solide résistance au régime avant même que ses instigateurs ne soient parvenus à leurs fins mais, que je sache, nulle escarmouche non plus la moindre anicroche n’est venue troubler l’ordre public depuis belle lurette et le quotidien offre toutes les apparences d’un lieu calme et tranquille où la population vit et s’active au rythme des réformes en parfaite harmonie avec le pouvoir central.
Que faire face à cette politique de pression et de chantage dont nous faisons les frais plus souvent qu’à notre tour, et combien de temps cela va-t-il durer encore ? On ne sait pas.




P.A.G

Cette "drôle" d'époque dont il est question dans ce très beau texte, est-elle passée, présente ou future ?

27.01.2008

C'est la saison des cartes de voeux. 2008 ! (encore)

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Un dessin de Claire Le Grand en réponse à mes voeux.
Au dos, un texte :

Lancée dans sa fusée
une poule faisait ses voeux
elle vit une huître belle et grasse qui bâillait les siens,
en attendant la marée et se dit, goinfre : " Par Dieu !
Ceci est bon pour mes oeufs !
Deux mille huîtres, qui dit mieux ?

26.01.2008

La différence entre les pauvres et les riches selon Pessoa

Lu dans Un singulier regard de Pessoa :

LES PAUVRES me font pitié. Et les riches aussi. Les riches davantage, car ils sont plus malheureux. Un pauvre peut penser que, s'il cessait de l'être, il serait heureux. Le riche sait qu'il n'y a aucun moyen de l'être.

Un pauvre n'a qu'un seul souci, ou un seul souci majeur ; sa pauvreté. Un riche, n'ayant malheureusement pas ce souci, est obligé d'avoir tous les autres. Je n'ai jamais connu d'homme riche plus heureux qu'un homme pauvre ; à moins qu'on entende par bonheur ce qu'on peut acheter chez le tailleur ou le bijoutier, ou manger au restaurant.
Mais je ne crois pas que même ceux (...) aillent jusqu'à ce point de matérialisme historique.
Les pauvres sont heureux ; ils ont une illusiion et croient que ce sont le tailleur, le bijoutier, le patron de restaurant qui dispensent le bonheur. Ils le croient. Les riches, eux, sont des athées du tailleur.

25.01.2008

C'est la saison des cartes de voeux. 2008 ! (cartes à découper)

De la part de quelqu'un qui me connaît bien, j'ai reçu un ensemble de cartes d'Agnès Varda, cartes de l'exposition qui avait eu lieu à la Fondation Cartier et où elle avait présenté, entre autre, le magnifique film, Les Veuves de Noirmoutier.

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L'une d'entre elles est un découpage où l'ont doit installer Madame Agnès sur sa chaise bleue. Je n'ai pas osé prendre les ciseaux et j'ai choisi Photoshop pour faire ce montage présenté ci-dessus, qui est un mélange du tout.

Le virtuel plutôt que le réel !

Elle n'est pas représentée à son avantage, Agnès Varda, sur ce montage !
Elle est bien plus sympathique en vrai.

Le réel plutôt que le virtuel !

24.01.2008

C'est la saison des cartes de voeux. 2008 ! (lettres de voeux, plutôt !)

Ici, il ne s'agit pas d'une carte, mais d'une lettre de voeux. C'est celle écrite par Stéphane Landois de l'Atelier du Hanneton, à Charpey dans la Drôme. Celui-ci a installé une librairie de campagne à côté de son atelier de typographie où il ne se consacre qu'aux petits éditeurs dont Cousu Main fait partie.
Je voudrais reproduire ici la lettre qu'il a adressée à tous les éditeurs qui lui ont fait confiance, lettre-bilan et lettre de voeux, à la fois.

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Janvier 2008
Passé le temps des festivités, la librairie de campagne se gratte la tête, calcule, pose une virgule et ne retient rien, écoute la pluie et tente d'y voir un peu plus clair dans les comptes de 2007.
Rien d'alarmant. Rien de jubilatoire non plus.
Un peu plus de 500 livres de poésie vendus, (une vingtaine d'éditeurs concernés) dans l'année, au milieu des champs culture bio de maïs, courges et tournesols... c'est pas si mal.
Des rencontres avec quelques lecteurs donc, mais aussi des moments festifs, forts avec des musiciens, poètes, comédiens...
Notre plus grande richesse réside-t-elle dans ces rencontres ?
Je reste persuadé, voire entêté, que dans ce monde marchand à outrance, nous, libraires atypiques, éditeurs et poètes devront rester dans l'outrance mais cela ne nous empêche pas de savoir compter.
C'est toujours pour moi une satisfaction d'envoyer un chèque même minimaliste à un éditeur de poésie.
C'est encore un geste militant.
Je peste quand je vois un "petit" éditeur s'afficher chez Édouard Vulgaire ou Cultuba ou autres "grandes" enseignes. Cela me choque. Je trouve cela même à la limite de l'inconscience. Notre place n'est pas dans ces lieux-là.
Notre place est dans le grattage de tête, dans l'écoute de la pluie.
Et bien sur qu'il faut pouvoir continuer, donc ne pas négliger l'économique.
Mais pas comme ça. Merde à Vauban !

En 2008, je nous souhaite un peu plus d'inventtvité... solidaire.

Faites connaître la librairie de campagne par exemple !
Passons-nous les bonnes adresses de librairies, lieux possibles de lectures, expos, journalistes attentifs à notre travail, inventons un festival dans la luzerne, faisons décoller une montgolfière poétique, investissons les aires d'autoroute, les bas côtés, créons une radio, un journal, un moulin à vent... plein de possible.
Je nous souhaite davantage de brindilles, de barricades et de cabanes bricolées ensemble.
Typoétiquement.
S. Landois.

J'adhère à toutes ses propositions sauf à la montgolfière... j'ai le vertige !

23.01.2008

La mort accidentelle d'un merle (un an après)

Il y a un peu plus d'un an, sur ce blog, j'avais parlé de la mort accidentelle d'un merle.

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Ce matin, quand j'ai entendu un bruit sourd, j'ai immédiatement pensé à ce qui s'était passé l'an dernier. Exactement au même endroit, j'ai trouvé ce merle.
Un reflet dans une vitre = miroir aux alouettes.

22.01.2008

Un mauvais rapport

892926db0653b3a4c215abd083afea2b.jpgAu milieu d'un concert de louanges, je voudrais faire entendre ma voix, un peu détonnante, à propos du Rapport de Brodeck de Philippe Claudel. Une critique presque unanimement dithyrambique, quelques échos enthousiastes de lecteurs ont fait que lorsque le livre est passé devant moi, au café, où je retrouve régulièrement quelques amis, je l'ai intercepté, curieuse que j'étais de lire un chef d'oeuvre annoncé. La déception fut d'autant plus grande.

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Le sujet ? Je ne vais pas m'y attaquer d'autres l'ont fait dans les Inrocks en particulier :
Tout le roman ressemble finalement à une pâle illustration des propos de Hannah Arendt. Alors pourquoi écrire ce type de livre en 2007 ? Peut-être parce que la Seconde Guerre mondiale, avec son lot d'horreurs et de culpabilité, reste encore un sujet fascinant, donc vendeur (voir le succès du Littell). La Shoah, un nouveau fonds de commerce ?



Moi, c'est le style qui m'a profondément énervée, ce style que Philippe Lançon de Libération appelle du Gothique Charpenté. Il a fait un florilège des images dont Philippe Claudel use et abuse :
Ça sent le choux, la modestie : une dictée faite sous la IIIe République, dans une classe mal chauffée. Les clichés populaires paysans sont essentiels. La petite église du village a des murs «larges comme l’envergure d’un aigle». La nuit «a jeté son manteau sur le village comme un roulier sa cape sur les restes de braise d’un feu de chemin». Le maire a «des mains larges comme des sabots de mule», pas du pape. Quant à l’hiver, il est «long comme des siècles embrochés sur une longue épée».



Agacée par les images sirupeuses de Philippe Claudel, j'ai voulu aussi les noter mais cela aurait considérablement ralenti la lecture dont je voulais me débarasser au plus vite. Cependant, pour la bonne bouche, je vais en citer quelques unes : Pour dire "c'était la nuit " il écrit :
C'était une belle nuit, froide et claire, une nuit qui d'ailleurs ne semblait pas vouloir se terminer, qui prenait plaisir à paresser dans son encre, à s'y tourner et retourner, comme on aime parfois demeurer au matin entre les draps empreints de chaleur.


ouf !
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Visiblement, la nuit l'inspire (p 177) :
Les étoiles avaient sorti leurs parures d'argent.

Celle-là il fallait la faire !
Il continue :
En levant la tête et en les regardant, j'eus l'impression de plonger dans une mer tout à la fois sombre et étincelante dont les fonds d'encre étaient ornés d'innombrables perles claires.

Chez P. Claudel, la nuit et l'encre vont bien ensemble !
Toujours dans le registre de la nuit (p 20):
Je me souviens que j'ai regardé le ciel et que je me suis dit, à voir toutes ces étoiles ainsi pressées les unes contre le autres, à la façon d'oisillons qui ont peur et qui cherchent compagnie, que bientôt nous plongerions d'un coup dans l'hiver.


Bon, je ne vais pas faire une liste, des images, véritables tics d'écriture de P. Claudel. En effet, la chaleur de l'été est régulièrement comparée à celle d'un four, la foule à un cour d'eau et bien d 'autres curiosités du genre :
Les sentiers sont comme les hommes, ils meurent aussi.(p 212)

Ses yeux semblaient être des papillons...(p212)


...ses cheveux flottaient dans l'air comme des flammes brunes et froides.(p 215)


À la fin du roman, on peut se demander si P. Claudel fait preuve de lucidité quant à son écriture car à travers un de ses personnages, le Maire, il dit : (p 392)
"Tu écris bien Brodeck, nous ne nous sommes pas trompés en te choisisssant, et tu aimes les images, un peu trop peut-être, mais enfin..."


Mais enfin... ça m'a profondément agacée son style Gothique Charpenté !

C'est la saison des cartes de voeux. 2008 ! (encore)

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Quand le HUIT n'est pas une HUÎTRE mais l'INFINI gravé dans le papier.

20.01.2008

C'est la saison des cartes de voeux. 2008 ! (toujours)

Sur un papier calque, j'ai reçu Le poème absent de Patricia Geffroy. Elle avait participé à la rédaction du n° 2 de la gazette TOUT À FAIT DÉCOUSU.

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Où regarder ?

Feuilles sèches&emsp&emsp&emsp penchées vers demain


En quatre saisons mortes &emsp&emsp&emsp empilées


un an après l'autre
en petit tas &emsp&emsp&emsp &emsp &emsp tapis
deux ou trois mots&emsp&emsp &emsp glanés
au puits du coup de dé&emsp&emsp coup du sort
sors !

minuscule fantaisie&emsp&emsp&emsp OR et brun

19.01.2008

c'est la saison des cartes de voeux. 2008 ! (la suite)

Celle-ci est articulée en 3 volets :

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La curiosité. À quand une vertu ?

Et celle-ci qui nous encourage à avoir de l'audace...
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Ces cartes, plutôt que d'envoyer des voeux, envoient des idées de résolutions à prendre pour la nouvelle année. Je note : Rire, de la curiosité, de l'audace...
à suivre...

18.01.2008

C'est la saison des cartes de voeux. 2008 !

Il y a un an, j'avais fait plusieurs articles sur les cartes de voeux (en papier et non pas virtuelles) que je recevais durant le mois de janvier. J'ai envie de faire la même chose cette année pour

  • nourrir le blog facilement, soyons honnête
  • rassembler des envois qui viennent de façon dispersées et essayer d'y trouver une tendance, la carte de voeux traduisant, pour moi, dans un style particulier, l'humeur du moment.

D'abord, celle à laquelle, sur ce blog, jusqu'à présent, vous avez échappé :
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La malacologie, toujours...

Celle-ci
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qui encourage à faire fi de l'environnement affligeant dans lequel commence cette année. RIEZ : pari difficile à tenir mais il est bon d'essayer.

à suivre...

17.01.2008

Ombre et Ventoux

Alors que le Mont Fuji se réveillait d'un sommeil cotonneux...

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... je me suis prise en photo
Ou plutôt j'ai pris mon ombre en photo4a722d635e6f24956d0b8d0a0d57ee2b.jpg 32edb015bee7240db2d0bd4b755e0d3b.jpg







une sorte de clin d'Oeil Vagabond...
“JE SUIS L’OMBRE DE MOI-MÊME, et je cherche ce dont elle est l’ombre.
Je m’arrête parfois au bord de moi-même, et je me demande si je suis fou, ou bien un mystère vraiment très mytèrieux.” (1912)
Fernando Pessoa. Un singulier Regard.

15.01.2008

Questions...

Le rythme des articles se ralentit. Serait-ce le résultat d'une certaine lassitude, cette lassitude qu'exprime Bastian lors du troisième anniversaire de son blog ? J'ai de la peine à l'analyser. Pour pouvoir répondre à ces questions que se pose tout blogueur régulièrement, du moins je l'imagine, il est important de se revenir aux fondements d'une telle aventure.
03c18f785a17db85ea6045f685f4340e.jpg À l'origine, j'ai créé un premier blog qui s'appelait Cousu Main, qui a été détruit depuis, lors d'une phase aigüe de doutes. Il avait pour vocation première de parler des éditions Cousu Main dont je m'occupe. Plus facile qu'un site internet, j'avais adopté la solution du blog, la contrainte étant l'obligation de l'alimenter régulièrement. L'actualité de Cousu Main n'étant pas suffisante, j'ai écrit des articles un peu plus personnels. Après la destruction du premier blog, j'ai construit celui-ci que j'ai appelé naturellement, Tout à fait décousu comme les propos qui y sont tenus. Entre deux articles concernant Cousu Main, d'autres classés dans des catégories aussi différentes que "Comment devenir malacologue ? " ou "je n'aime pas Louis XIV" sont venus remplir les colonnes.
Je m'amuse souvent de l'écho que trouve certaines chroniques. Je devrais dire plutôt "...de l'écho qu'elles sont" si je voulais être plus honnête. Je m'explique.
571269cec4661ee2405a339f9df590cd.jpg Dans le billet intitulé dessin de Willem...>, je montrais par un simple dessin combien la comparaison entre les deux monarques était évidente et que je ne les aimais pas pour les mêmes raisons. Et voilà que Ségolène Royal compare, elle aussi, Sarkozy à Louis XIV.

«un peu comme la monarchie où chaque événement privé du roi était un événement politique»

NON ! Je ne dis pas que Ségolène Royal lit Tout à fait décousu. Elle lit plus sûrement Libération. Les idées rebondissent entre les grands médias et les plus modestes que sont les blogs. Pour ces derniers et pour Tout à fait décousu en particulier, la vision des choses du monde se situe, à mon avis, du petit côté de la lorgnette, un regard modeste porté sur une certaine actualité.
Il arrive qu'on me sollicite pour relayer une information concernant une manifestation, un fait, une association, considérant ce blog comme un média d'information. La promotion d'événements, je ne m'autorise à la faire que lorque cela concerne Cousu Main (ne perdons pas de vue que c'est la vocation initiale de ce blog). C'est vrai, il m'est arrivé une fois d'annoncer une soirée du Ciné-Club mais cette exception concernait René Char dont j'avais parlé auparavant.
Fatiguée de devoir refuser, je suis souvent tentée de renouveler le "click" de destruction du blog. Sa mise en sommeil paraît la solution la plus sage et c'est pourquoi le rythme des billets ralentit.

Bloguer ou ne pas bloguer ? Là est la question ? Faut-il bloguer pour être ? N'être que parce qu'on blogue ? Vaste discussion qui alimente les doutes des blogueurs en panne.

Pour revenir à la vocation essentielle de ce blog, parler de Cousu Main : peu d'actualité en ce moment, sinon des commandes à préparer et donc des exemplaires à coudre ! Le projet d'un prochain ouvrage est en train de s'élaborer. Je ne peux en dire plus pour l'instant. Peut-être que d'ici la fin du mois, je lèverai un coin du voile.

Nota Bene : Cet article est vraiment décousu !

11.01.2008

Dessin de Willem plus qu'un long discours

Si certains ne comprennent pas pourquoi je n'aime pas Louis XIV, ce dessin pourra peut-être leur apporter un début d'explication.