31.07.2006

ASSEZ !

medium__STOP.jpg
J'ai reçu cette image, ce matin dans ma boîte à mêl. C'est Sylvie Durbec qui me l'a envoyée. Elle est signée Raouf Karray. Elle avait fait avec lui, aux éditions Grandir, un album bilingue français-arabe intitulé Naissance d'un Voyage.
Ce STOP, d'autres l'ont appelé ASSEZ. C'est le titre d' un article paru dans Libérartion jeudi dernier écrit par Etienne Balibar, Suzanne Citron, Stéphane Hessel, Henri Korn, Gilles Manceron, Abraham Ségal et Pierre Vidal-Naquet. On a appris la mort de ce dernier. Ce fut son ultime engagement.
Et le massacre continue...

La mer

Hier, je suis allée à la mer...
medium_P1010041.jpgmedium_P1010040.jpgmedium_P1010039.jpgmedium_P1010038.jpgmedium_P1010037.jpgmedium_P1010036.jpgmedium_P1010035.2.jpgmedium_P1010034.3.jpgmedium_P1010033.2.jpgmedium_P1010032.2.jpgmedium_P1010031.2.jpgmedium_P1010029.2.jpg

30.07.2006

Aïssata et Vincent Bioulès

En cette période de vacances, j'aurais aimé parler de sujets plus légers, lacher un peu la pression, mais dans ma boîte à mêl il arrive des courriers qui rappellent que l'été c'est la grande période de la Chasse aux Enfants (Aminata Sambou a été expulsée vendredi après-midi) et que dans les aéroports, il n'y a pas que des touristes qui prennent l'avion. Ce matin, c'est le cas d'Aïssata, de son frère Mohamed et de leur maman Myriam dont il est urgent de s'occuper. Leur histoire est tout simplement ubuesque, mais non moins tragique. Je reproduis ci-dessous un modèle de lettre pour faire pression sur les chasseurs d'enfants. C'est plus facile ainsi. On n'a pas toujours l'inspiration pour écrire au ministre de l'Intérieur.

Monsieur le Ministre,

Je me permets d'attirer votre attention sur la situation de Mariam Sylla et de ses deux enfants scolarisés et nés en France.

Vous savez qu'on refuse aujourd'hui à cette femme la possibilité d'être régularisée au titre de votre circulaire du 13 juin, bien que cette famille réponde à tous les critères .

Mais Mariam Sylla possède depuis le 30 mai un visa touristique valable trois mois. Non pas qu'elle passe des vacances dans notre pays, dans lequel elle se trouve par ailleurs depuis 1999... Mais c'est ce visa qu'on lui a remis pour lui permettre de revenir en France après l'annulation de son expulsion au Mali.

Or c'est à cause de ce visa qui finira au 30 août qu'on lui refuse aujourd'hui la régularisation !

Cette situation me paraît profondément insensée et injuste. C'est pourquoi je vous demande d'exiger du Préfet du Loiret qu'il régularise au plus vite Mariam Sylla au titre de la circulaire du 13 juin, afin que cette femme et ses enfants puissent enfin vivre en toute quiétude parmi nous.

Avec mes salutions et mes remerciements citoyens


Nicolas Sarkozy
Place Beauvau
75008 Paris

Une copie à :

Monsieur le Préfet
Préfecture du Loiret
181, rue de Bourgogne
45000 Orléans

une deuxième copie à :

RESF 45
10 rue Molière
45000 Orléans

medium_P1010022.3.jpg Toujours pour aborder le thème des vacances, dont l'étymologie nous rappelle que ce mot vient du vide (même si on s'acharne à les remplir !), j'ai lu dans la revue lisières consacrée à Vincent Bioulès une anecdote que relate celui-ci, comment du vide naît le désir.

Je n'ai jamais été aussi heureux dans ma vie , que pendant l'été 1956, où après avoir été collé au baccalauréat, j'ai été contraint de venir passer le mois d'août à Montpellier pour travailler. J'étais seul chez moi, avec mon père, et je menais une vie d'une grande austérité. Le soir, après un repas frugal, il m'arrivait de me promener. Montpellier au mois d'août, en 1956, était entièrement vide. On ne pouvait rencontrer personne, et je me promenais dans les rues totalement désertes. L'ennui que je pouvais y éprouver était totalement délicieux, car seul l'ennui, seule l'absence, seul le manque peuvent nous conduire, justement, au véritable désir. Nous ne pouvons avoir une expérience de l'amour que dans l'absence, et le désir sexuel, le désir du partage prennent leur consistance et leur valeur dans l'expérience de la solitude et de l'absence. Ce vide, ce creux que nous éprouvons lorsque nous nous promenons dans la nature, nous l'emplissons justement de ce besoin intime.

29.07.2006

La mémoire de Proust

Une autre façon de parler de la madeleine.

Or, les souvenirs d'amour ne font pas exception aux lois générales de la mémoire, elles-mêmes régies par les lois plus générales de l'habitude. Comme celle-ci affaiblit tout, ce qui nous rappelle le mieux un être, c'est justement ce que nous avions oublié (parce que c'était insignifiant, et que nous lui avons laissé ainsi toute sa force). C'est pourquoi la meilleure part de notre mémoire est hors de nous, dans un souffle pluvieux, dans l'odeur de renfermé d'une chambre ou dans l'odeur d'une première flambée, partout où nous retrouvons de nous-même ce que notre intelligence, n'en ayant pas l'emploi, avait dédaigné, la dernière réserve du passé, la meilleure, celle qui, quand toutes nos larmes semblent taries, sait nous faire pleurer encore. Hors de nous ? En nous pour mieux dire, mais dérobée à nos propres regards, dans un oubli plus ou moins prolongé. C'est grâce à cet oubli seul que nous pouvons de temps à autre retrouver l'être que nous fûmes, nous placer vis-à-vis des choses comme cet être l'était, souffrir à nouveau, parce que nous ne sommes plus nous, mais lui, et qu'il aimait ce qui nous est maintenant indifférent.

27.07.2006

Le professeur et le poète

Les messages de prévention en cette période de canicule n'arrêtent pas sur France Inter. C'est un certain professeur San Marco qui conseille à l'auditeur de boire de l'eau, d'ouvrir les fenêtres, de les fermer (je ne sais plus dans quel ordre !) de s'humecter le visage et les avant-bras (que fait-on de cuisses et des mollets ?), enfin qui dit plein de choses sensées... Hier, une amie m'a demandé s'il existait vraiment ce Professeur San Marco et si ce n'était pas une invention du ministère de la Santé. Je peux solennellement, ici, vous le révéler :
Le Professeur San Marco existe, je l'ai rencontré !

medium_scan_672764717_1.JPG

D'ailleurs, voici une photo que j'avais faite de lui en 1998 alors que je travaillais pour le journal La Provence. Il était venu dans un lycée du coin expliquer que la drogue, c'est dangereux. Cet homme a un travail passionnant : il enfonce des portes ouvertes, il énumère des évidences... J'aimerais bien voir son laboratoire où il fait tant de recherches qui le mène vers les conclusions qu'il nous fait partager sur les ondes de France Inter. A-t-il essayé d'humecter les mollets de cobayes et a-t-il constaté qu'ils étaient morts déséchés sur une paillasse, pour nous dire que ce sont les avant-bras qu'il faut mouiller ?
Bon, je me suis assez moquée. Revenons à des choses plus sérieuses : la poésie.
Hier, je lisais dans la Revue des Deux Mondes un article sur Freud et la langue allemande où l'auteur, Georges-Arthur Goldschmidt, démontre que Freud n'aurait peut-être pas établit sa théorie psychanalytique s'il n'avait pas été de langue allemande. Il parle aussi de la distance qu'il existe entre le français et l'allemand et que les mots dans l'inconscient n'ont pas le même sens. Il donne aussi une sorte de définition du poète que je trouve intéressante :
Disons que la matière brute est la même, mais que ce que le poète "se cache", Freud le lui révèle. La poésie, indépendamment de la forme que le poète parvient à maîtriser, consite surtout à ne pas savoir ce qu'on dit, car si vous savez ce que vous dites, vous n'êtes plus poète. Quand on écrit , on ne sait pas ce qu'on fait et Freud savait sur un plan médical ce que les autres écrivaient.

26.07.2006

Basta !

medium_P1010022.2.jpg
Cette photo est une partie d'un mur de l'Office de Tourisme d'Avignon. Des tracts dans tous les sens pour les 857 spectacles présentés en off, un capharnaüm inhabituel dans ce lieu. En voyant ça, j'ai eu le tournis.
J'arrête ! Le Festival, c'est terminé pour moi cette année. La chaleur, la foule, la fatigue, c'est trop... Pourtant, le bouche à oreille fonctionnant bien -la meilleure publicité disait Pascal Thoreau-, on me parle de spectacles en off à voir absolument. Tant pis. Plus pour moi.

25.07.2006

Délivrez Proust !

medium_scan_6725141254_1.JPG
Hier, petit tour en Off, pour aller voir Délivrez Proust !. Comment choisir parmi les 857 spectacles proposés dans le Off ? De façon tout à fait subjective, répondrais-je ! D'abord, il y a l'acteur, Pascal Thoreau, que j'avais vu il y a deux ans dans L'euphorie perpétuelle et j'avais particulièrement apprécié son jeu. L'autre raison du choix de cette pièce, vous l'aurez comprise, c'est Proust. Alors que je nage dedans avec jubilation, c'était un cadeau que Pascal Thoreau revienne à Avignon pour parler de Proust.
Donc, hier, Délivrez Proust ! était dans mon programme. Que dire ? Pascal Thoreau, toujours aussi bon. Mais, j'ai était déçue par le texte malgré quelques grands moments. Il reste superficiel. Normal. On ne peut pas résumer Proust en une heure. Je l'ai ressentie peut-être comme ça car j'ai l'original, grandeur nature, tous les jours, dans ma vie en ce moment ! Alors, il ne faut pas trop écouter ce que je dis car la salle (pleine à 12h45 quand on sait que le thermomètre marque 40°) était enthousiaste. Je pinaille, voilà tout.

24.07.2006

C'est mon anniversaire

Aujourd'hui, c'est mon anniversaire...
J'ai reçu des cartes
medium_scan_672472145_1.JPGmedium_scan_672494911_1.JPGmedium_scan_672471758_1.JPG


















des livres
medium_9782070776474.jpg Partir de la part de F. dans un paquet que je n'ai ouvert que ce matin, suivant ses recommandations.medium_scan_67247326_1.JPG
et aussi Editions Unes en toutes lettres. Il s'agit d'un choix de lettres que les auteurs ou illustrateurs des Éditions Unes ont envoyé à leur éditeur Jean-Pierre Sintive. Ces éditions sont l'objet d'une belle exposition actuellement au Carré d'Art à Nîmes.

medium_2915349126.08._SS500_SCLZZZZZZZ_V1136563176_.jpgLa Cuisine magique des fées et des sorcières est arrivée, ce matin, de Bretagne de la part de la Fanchon. Pas de recette de bouillons de onze heures mais plutôt une cuisine amoureuse et fleurie.medium_9782844560667_cg.jpg
Et aussi Patchwork d'Edmond Baudoin.






Un poème envoyé par S.D, écrit à Saorge où elle est en résidence, dont voici un extrait

Où est la mort ce matin ?
À mes pieds dans la course de l'eau
sur les pierres immobiles
dans le vol des papillons rouge sang ?
ou
dans le torse pétrifié d'un arbre mort ?

Dieu-silence
murmure l'absence
ici
à Saorge comme au ciel.


et puis...

21.07.2006

J'en ai marre

J'en ai marre... Est-ce l'expression qui convient ? Je suis loin de la réalité de ce phénomène de saturation et d'énervement que je ressens.
J'en ai marre de voir des pièces qui m'ennuient . Hier soir, encore le Marathon Festival d'Avignon. C'était pour Les Barbares de Gorki, mis en scène par Éric Lacascade. Sur l'immense scène dans la cour d'honneur, j'ai assisté à une circulation de personnages dans tous les sens dans une histoire confuse avec du vide partout, sur la scène, entre les acteurs. Pour une fois, je suis d'accord avec les critiques de différents journaux. J'avais le souvenir du merveilleux Platonov monté par le même metteur en scène et je suis d'autant plus déçue que ces Barbares sont aux antipodes. J'en ai marre mais après tout, je n'avais qu'à pas m'exciter à prendre des places, il y a deux mois de ça !

J'en ai marre, ou plutôt je devrais dire, je suis désespérée par ce qui se passe au Liban. il n'y a pas de mot pour exprimer ma révolte et ma tristesse. On nous fait croire n'importe quoi pour justifier une guerre préparée depuis longtemps. Le monde entier est une marionnette des US et on regarde le spectacle sans pouvoir faire mieux que de signer une pétition. Écoeurée.

J'en ai marre de vivre dans un pays qui expulse les enfants. Aminata DIALLO, lycéenne malienne de 19 ans de Sarreguemines a été expulsée cette nuit vers la Mali. Zolboot, enfant sourd de 6 ans et sa famille (dont deux autres enfants, trois ans et 3 mois) vivent cachés depuis deux semaines. Les centres de rétention sont pleins. L'avocat à roulettes, médiateur médiatique, avait promis n'importe quoi. Il y aura bien des chaises vides dans les écoles à la rentrée.
En attendant, le livre de Sarko qui raconte comment Pomponnette est rentrée à la maison caracole en tête des ventes. J'en ai vraiment marre.

20.07.2006

La pluie d'été n'est pas venue

Le marathon du Festival d'Avignon continue. Hier soir, au programme, il y avait La pluie d'été à Hiroshima d'après Margueritte Duras, mise en scène par Éric Vigner. C'était au cloître des Carmes. Cet endroit est superbe. C'est le lieu où se produit le Tremplin jazz début août. D'abord, on est surpris en entrant car nos bonnes habitudes sont perurbées. De coutume, la scène est d'un côté contre les arches du cloître et les gradins de l'autre. Que nenni ! Éric Vigner a choisi de disposer la scène au milieu et les gradins de part et d'autres. D'ailleurs, ceux-ci étant très peu élevés on se retrouve à la hauteur des acteurs. Cela crée une proximité qui n'est pas désagréable. La scène est couverte d'un graphisme multicolore et trouée d'espèces de virgules dans lesquelles les acteurs apparaissent et disparaissent. Des pommes de terres argentées sont disposées ça et là sur la scène. C'est beau. Mais peut-être trop beau. Les acteurs sont très bons, j'aime beaucoup le texte de la pluis d'été, le décor est une oeuvre en soi, mais le mélange ne se fait pas. Pas d'émotion. Je me souviens d'avoir écouté le même texte lu par La Compagnie des Autres, sans mise en scène. Les personnages m'avaient paru plus vrais.
La deuxième partie, c'était Hiroshima mon amour. Toujours la même scène, superbe. Des panneaux transparent "japonisent" l'endroit. La voix off est celle du film. Deux acteurs se meuvent sur la scène pendant que la bande son passe et que les lumières créent l'atmosphère. Froid, très froid.
Décevante représentation de Duras emberlificotée dans un esthétisme excessif. En sortant, vers minuit les rues étaient encore chaudes. Les murs irradiaient les calories accumulées tout au long de la journée et les cigales osaient encore chanter. On aurait espéré une pluie d'été.

Toutes les notes