30.09.2006

Une phrase de Proust à méditer

Chez le prêtre comme chez l'aliéniste, il y a toujours quelque chose du juge d'instruction.

29.09.2006

Quand Proust parle d'Indigènes...

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Dans les pages d'À la recherche du temps perdu, et plus précisément dans Le côté de Guermantes, il y a une conversation avec M. de Charlus qui rappelle l'actualité cinématographique avec le film Indigènes. Il est question de l'affaire Dreyfus. Petite précision : M. de Charlus est antidreyfusard.

"Je crois que les journaux disent que Dreyfus a commis un crime contre sa patrie, je crois qu'on le dit, je ne fais aucune attention aux journaux ; je les lis comme je me lave les mains, sans trouver que ça vaille la peine de m'intéresser. En tout cas, le crime est inexistant, ce compatriote de votre ami aurait commis un crime contre sa patrie s'il avait trahi la Judée, mais qu'est-ce qu'il a à voir avec la France ?" J'objectai que, s'il y avait jamais une guerre, les Juifs seraient aussi bien mobilisés que les autres. "Peut-être, et il n'est pas certain que ce ne soit pas une imprudence. Mais si on fait venir des Sénégalais ou des Malgaches, je ne pense pas qu'ils mettront grand coeur à défendre la France, et c'est bien naturel...

27.09.2006

Pas le temps...

Pas le temps d'écrire sur le blog en ce moment.
J'écris pour envoyer des lettres aux ministres, des mèls aux préfets de divers départements, tout cela pour essayer de sauver des enfants et leurs familles de l'expulsion.
La chasse aux enfants s'intensifie. Contrairement à ce qu'avait affirmé l'avocat à roulettes, les chaises se vident. Hier, on est venu chercher une petite fille de quatre ans dans une classe d'une école maternelle de Tulle. Un cas parmi d'autres...
Au revoir, les enfants !

25.09.2006

La censure continue !

medium_file_206269_11367.jpg Il m'arrive souvent d'égratigner Télérama sur ce blog car je ne suis presque jamais d'accord avec leurs critiques de cinéma; je les accuse de ceci, de cela. Mais, aujourd'hui je dois rendre justice à ce magazine. Dans un article de Libé, on nous parle de la campagne d'affichage annonçant la nouvelle formule de Télérama. Je dois dire = Pas mal !
Mais dans ce même article on apprend que Métrobus (la régie pub du Métro) refuse de la montrer. Censure ? Que j'ai l'esprit mal tourné !
Une fois n'est pas coutume, je vais faire dela pub pour Télérama en affichant l'affiche maudite sur le blog.

24.09.2006

Astrid-Mira

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Pendant ce temps là, la chasse aux enfants continue. Astrid-Mira est en danger. En ce dimanche pluvieux, on peut copier la lettre ci-dessous et l'envoyer à JF COPÉ. Plus il y en aura plus ça aura de poids. Question d'avoir moins honte d'être français !
23 sept 06

Monsieur Jean-François COPÉ, ministre
délégué au Budget et à la Réforme de
l’Etat, Porte-parole du Gouvernement
139, rue de Bercy
75572 Paris cedex 12

Monsieur Copé,
Début septembre, vous êtes reparti du Salon du Livre de Moscou avec la photo d’Astrid-Mira dans la pochette de votre veste. C’est l’écrivain Marie-Aude Murail qui l’y a glissée, en vous racontant l’injustice qui , en France, frappait sa filleule républicaine et sa mère : la préfecture du Loiret leur a sans raison refusé le bénéfice d’une
régularisation au titre de la circulaire dite Sarkozy.
Vendredi dernier, par téléphone, le commissariat d’Orléans s’est enquis de la présence d’Astrid-Mira dans son école. Je tiens à vous faire part de ma profonde inquiétude pour cette enfant au sort de laquelle, avec tant d’autres, je porte une grande attention. Je n’admettrai pas que sa mère et elle soit expulsées. Son père a disparu dans la guerre. Sa mère y a été torturée. L’honneur de la France est d’accueillir avec bienveillance
cette famille, pas de la renvoyer dans un pays qu’elle a fui. Le comité de soutien à Astrid-Mira a sollicité un rendez-vous auprès du préfet du Loiret. Un dossier de recours hiérarchique a été envoyé au Ministère de l’Intérieur. Je vous demande instamment d’intervenir pour que soit réexaminé le dossier d’Angèle DENDE DJUNWA, née OMBA MPENDE, et qu’en aucun cas elle et sa fille ne soient ni arrêtées, ni détenues en rétention, ni expulsées.
Veuillez croire, monsieur Copé, en mes sentiments républicains et humanistes, et en ma haute idée de la France

À voir absolument !

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Choisi au hasard sur le programme de cinéma en fonction de l'heure, le film Little Miss Sunshine fut une excellente surprise. N'ayant pas la télévision, n'écoutant plus France Inter, je ne suis plus vraiment au courant des sorties en salles. À part Libé le mercredi, je suis un peu déconnectée. Alors, hier, nous sommes allés voir ce film américain dont j'ignorais tout. La salle était pleine comme un oeuf, plus une place de disponible cinq minutes avant le début de la séance ! J'écoutais quelqu'un, sur le siège derrière moi, qui expliquait le succès de ce film par le ras le bol de la programmation du moment où il n'y a que des films sur la guerre ou des psychodrames à la française. J'approuvais ses paroles. Après l'été plombé par une guerre au Liban, je n'ai pas envie d'aller au cinéma pour m'en remettre une couche. Parfaitement inutile.
Pour en revenir à Little Miss Sunshine, il y a longtemps que je n'avais pas ri au cinéma comme ça. C'est l'histoire d'une famille américaine embarquée dans un concours de beauté pour petites filles. Les personnages sont drôles sans être des caricatures. Je dois faire une mention spéciale pour l'oncle Franck, un universitaire spécialiste de Proust !
En rentrant, je suis allée voir les critiques de ce film et pour une fois, je suis du même avis que Télérama. C'est tellement rare que c'est à souligner ! Pour ce film, c'est le bouche à oreilles qui fonctionne, alors pourquoi pas le blog à blog ?

23.09.2006

Il y a des jours...

Il y a des jours où on se demande ce qu'on fait là, au milieu. Suis-je devenue folle ou sont-ce les autres qui le sont devenus ? Je vis dans un pays que je ne comprends plus : La France ! Les sondages sortent les uns à la suite des autres et me donnent à désespérer. Désespérer ou avoir honte de vivre dans un pays où chacun ne pense qu'à soi, qui a peur de l'autre. Alors, la couverture de l'Express, cette semaine m'a interpellée : elle pose la question Faut-il avoir honte d'être français ?. Je croyais que c'était de la France de maintenant dont il était question, de ses opinions politiques qui tirent vers une droite extrême, de ses intellectuels auto-proclamés plutôt pitoyables, d'une création artistique en panne etc... Et bien Non ! C'est la sortie du film "Indigènes" qui suscite la question de la couverture du magazine. Est-ce que la France doit avoir honte d'avoir été colonisatrice avec tout ce que cela comporte, honte de son Histoire ? Accusant le film de faire dans les bons sentiments, pour eux, il n'y pas de honte à avoir. Il faut arrêter de se culpabiliser. Pour appuyer cette théorie, elle en appelle à un intellectuel, un de ceux dont je parlais plus haut : Pascal Bruckner ! Les commentaires de celui-ci sont très bien analysés sur ce blog.
En fait, si je dois répondre à la question de la couverture de l'Express, c'est un OUI qui me vient du coeur.
Et dans quelques mois, l'homme providentiel sera élu comme Président de la République. Honte d'être français, vous avez dit, Messieurs et Mesdames les journalistes de L'Express ? Il y a des jours où j'ai la nausée.

20.09.2006

Le port et l'exposition Vincent Bioulès

Le lendemain matin, il ne pleuvait plus.

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Et le port de Collioure s'offrait à nous !
Après une courte balade dans les rues et un petit déjeuner face à la mer, se promettant d'y revenir sous peu, nous avons quitté Collioure. Il fallait rejoindre Céret pour voir l'exposition Vincent Bioulès, au musée d'Art Moderne.medium_465.jpg On ne peut pas parler d'une rétrospective car l'accrochage ne correspond pas à cette définition. En effet, il ne suit aucun ordre chronologique. Justement, le but est plutôt de montrer les rapports entre les différentes périodes du peintre. À l'origine du mouvement support-surface avec son ami Claude Viallat en 70, Vincent Bioulès va s'en éloigner pour revenir vers une peinture post-moderniste. Il s'inspire alors de Matisse puis de Dufy. Il ne cherche pas à séduire en restant fidèle à un style qui l'avait fait connaître. Il dit :
"Le fait que tout le monde se moque complètement de ce que je fais me donne une liberté extraordinaire. J'utilise cette liberté pour innover. Je pense qu'il faut sortir des préoccupations esthétiques du XX siècle. Beaucoup de mes camarades restent pieds et poings liés avec des préoccupations esthétiques qui datent des années 1950 auxquelles j'ai souscrit dans le passé. Les jeunes d'aujourd'hui, ne s'y retrouvent pas. Cela ne les concernent pas."

Je dois avouer, que ce n'est pas ce que je préfère dans son oeuvre.medium_465_chevet.jpg Puis, il va continuer à explorer le réel pour arriver à la période récente qui constitue la majeure partie de l'exposition.
Beaucoup des oeuvres sont réalisées à Céret même. (Ici, il s'agit de l'église de Céret.).
" Arrivé à Céret, les choses se sont lentement décantées. J'ai peint ce sdont je me souvenais quand je fermais les yeux et lorsque je m'endormais. Quand je rêvais les choses s'imposaient à moi, et ce sont ces choses que j'ai décidé de peindre."

Le Canigou est un peu sa Montagne Sainte Victoire. Il le peint, l'explore. Ses paysages ne sont jamais vides d'âme humaine. On trouve dans l'immensité, ou une maison, ou un cycliste, ou un promeneur perdus dans l'impression végétale et minérale, le tout sous un ciel en mouvement.
"Figurer, ce n'est pas représenter le réel, c'est faire accéder au réel."
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18.09.2006

D'abord Berthe Morisot

J'ai dit que j'avais fait une promenade durant le week-end sans préciser où. D'abord, nous avons fait une halte à Lodève. Ce lieu est déprimant et je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu sous le soleil, même lorsque, il y a quelques années, je n'habitais pas si loin que ça de ce bourg et que je m'y rendais plus fréquemment. Donc, samedi, le ciel était gris, comme d'habitude. Mais, ce qui nous poussa à nous rendre à Lodève, de faire un détour par des routes d'une tristesse à pleurer, c'est qu'il y avait la promesse de voir une belle exposition. D'ailleurs, c'est souvent le cas, dans ce lieu. Donc, nous avons fait un crochet sur la route pour voir l'exposition consacrée à Berthe Morisot.medium_scan_6918115340_1.2.JPG Ciel gris, paysages alentour déprimants, mais une exposition très intéressante.
Je ne vais pas, ici, parler de sa peinture, d'autres l'ont fait mieux que moi. Ce qui est intéressant, c'est le rôle qu'elle a joué dans le mouvement impressionniste. D'abord, ce courant pictural était méprisé. Le Larousse de 1886 en donne cette définition :

IMPRESSIONNISME :
Une catégorie de peintres dépourvus, pour la plupart, d'originalité et de talent, qui, ne pouvant être admis aux expositions annuelles des beaux-arts, réunissent leurs productions dans un local privé et les soumettent ainsi à l'appréciation du public.

Même s'il est souvent nécessaire de se référer aux définitions du dictionnaire, il n'est pas interdit de garder son esprit critique, vis à vis de certaines définitions, elles mêmes, faites par des êtres humains, qui donc ne peuvent pas faire preuve absolument d'objectivité, ni d'assez de recul par rapport à un fait artisitique ou historique. On a vu recemment la polémique qu'a soulevée la définition que donne le Petit Robert du colonialisme.
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Le fait d'être une femme n'a pas simplifié son accession au statut de peintre. Au XIXè siècle, la femme devait se cantonner dans un rôle domestique et non professionnel. Être peintre, n'était pas la solution de facilité. Sa peinture n'était vue par ses confrères (du moins certains) ou par les critiques comme inférieure à celles de ses collègues hommes. On pouvait la trouver "jolie" mais on ne lui accordait pas les mêmes qualificatifs qu'à ses confrères. Elle écrivit :
Je ne vois pas qu'il n'y ait jamais un homme traitant une femme d'égale à égal et c'est tout ce que j'aurais demandé, car je sais que je le vaux.

Ce sexisme existe aujourd'hui encore. Annette Messager en parlait il y a quelques mois lors d'une interview avec Laure Adler. Elle disait qu'aux Beaux-Arts, il y avait autant de filles que de garçons, mais par la suite, bien peu d'entre elles continuaient. Les contraintes familiales font passer l'art (aux yeux de la société surtout) en deuxième position. Elles abandonnent, on ne leur donne pas le temps, on ne voit pas ça d'un très bon oeil. Une femme ne pourrait pas abandonner ses enfants pour assouvir un besoin d'expression artistique, alors que l'homme qui le fait est plutôt classé dans les artistes tourmentés. Notre société a-t-elle tant bougé depuis l'époque de Berthe Morisot ?

L'exposition dure jusqu'au 29 octobre. Il ne faut pas hésiter à aller à Lodève. Les oeuvres présentées sont abondantes, bien documentées. C'est l'occasion de découvrir cette artiste toujours en retrait dans notre mémoire par rapport à ses amis impressionnistes.

Et avec ça, je ne vous ai toujours pas dit de quel port il s'agissait.

17.09.2006

Hier soir

Partis en promenade pour deux jours, je pose juste quelques photos sur le blog pour raconter la soirée d'hier, quelque part dans un port.

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Alors que la pluie ne s'arrêtait pas de tomber, régulièrement, dans une ruelle engazonnée (véridique) dans le but de faire un déjeuner sur l'herbe dans le coeur du village, nous avons découvert une fête, sous des parasols convertis pour l'occasion en parapluies. medium_P1010028.4.jpgmedium_P1010032.6.jpg

Des tambours nous ont fait danser.





Jusqu'à tard dans la nuit, on a bravé les intempéries !
Je raconterai le week end de façon plus complète, plus tard.

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