31.10.2006
Deuxième indice
On continue le jeu et on continue le voyage ! Voici un indice poétique qui vous mettra sur la voie. Quelle est la deuxième escale ?
La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur,
Un rond de danse et de douceur,
Auréole du temps, berceau nocturne et sûr,
Et si je ne sais plus tout ce que j'ai vécu,
C'est que tes yeux ne m'ont pas toujours vu.
Feuilles de jour et mousse de rosée,
Roseaux du vent, sourires parfumés,
Ailes couvrant le monde de lumière,
Bateaux chargés du ciel et de la mer,
Chasseurs des bruits et sources des couleurs,
Parfums éclos d'une couvée d'aurores
Qui gît toujours sur la paille des astres,
Comme le jour dépend de l'innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs
Et tout mon sang coule dans leur regard.
Facile ! Non ?
07:00 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
30.10.2006
Premier indice
Hier, je vous ai expliqué la règle du jeu. Aujourd'hui, je vous donne le premier indice. En trouvant l'auteur de ces vers, vous aurez une idée de l'endroit où je me trouve.
On le vit s'avancer seul avec Elle,
sans craindre sa faux.
- Le soleil déjà de tour en tour; les marteaux
sur l'enclume - sur l'enclume des forges.
Federico parlait ;
il courtisait la mort. Elle écoutait.
"Puisque hier, ma compagne, résonnait dans mes vers
les coups de tes mains desséchées
qu'à mon sang tu donnas ton froid de glace
et à ma tragédie
le fil de ta faucille d'argent,
je chanterai la chair que tu n'a pas,
les yeux qui te manquent,
les cheveux que le vent agitait,
les lèvres rouges que l'on baisait...
Aujourd'hui comme hier, ô gitane, ma mort,
que je ne suis bien, seul avec toi,
dans l'air de Grenade, ma Grenade !"
Vous n'avez pas trouvé ? Vous en voulez un peu plus ?
LE PRINTEMPS
Plus fort que la guerre - angoisse et frayeur-
quand de son lourd vol d'échassier
monte dans le ciel le trimoteur funeste
et que sur le toit inutile il s'attarde,
aujourd'hui ton salut joyeux anime la campagne,
le peuplier dans ses bourgeons garde ton vert clair.
La neige des sommets, fondue, s'écoulera
vers la glace rouge des terres brunes.
Tandis que tonne la montagne, fume la mer,
la sirène lance son hurlement lugubre,
et l'avion dans l'azur scintille,
comme parvient, aigu, à mon oreillle,
mon enfant immortelle, inlassable déesse,
l'aigre son de ton rebec fleuri !
Vous avez trouvé maintenant !
07:00 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.10.2006
La règle du jeu
Comme je m'absente quelques jours, et que je n'ai pas envie de laisser ce blog à l'abandon, j'ai préparé un petit jeu. Je vais donner des indices poétiques qui indiqueront le lieu où je me trouve. Vous pourrez laisser vos réponses dans la partie des commentaires. Il n'y aura rien à gagner, sinon mon estime. Mais celle-ci vous l'avez déjà !
07:00 Publié dans la vie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
27.10.2006
Ingres et l'Antique
C'est devenu une habitude, à chaque vacance scolaire, je retrouve mon amie F. et, à partir d'un prétexte culturel, le plus souvent une exposition, nous en profitons pour passer une journée ensemble à nous raconter plein de choses. Hier, le le prétexte était l'exposition au musée de l'Arles Antique, Ingres et l'Antique. Que tous les Ingrétistes et autres intégristes d'Ingres quittent rapidement l'écran de leur ordinateur car il vont être énervés par ce que je vais écrire. Le but de l'expo est de nous démontrer qu'Ingres s'est inspiré de motifs antiques. C'est donc l'occasion de sortir une bonne série de vases grecs des musées où ils sont enfermés, principalement, le Musée Archéologique National de Naples. Les peintures d'Ingres sont rares. Les dessins, par contre, très nombreux. On nous explique qu'il étudia les scènes représentées sur des vases grecs et la déformation due au galbe de la poterie explique que les anatomies sous la mine d'Ingres présentent quelques anomalies. Des anomalies, je veux bien mais quand il s'agit de pied-bot ou autre malfoutance, ça me gène vraiment.
Ici Jupiter et Thésis. Le bras droit de Thésis est démesurément long, si bien qu'elle risque de marcher dessus ! Les centaines de dessins préparatoires présentés dans le cadre de l'expo ne montrent que des horreurs de la sorte. Si j'avais pu, j'aurais découpé ce tableau pour enlever les drapés, l'aigle, la moche Thésis et les nuages d'une pesanteur honteuse, et ne laisser que le portrait de Jupiter.
Ingres n'a pas eu la chance, peut-être, de connaître une autre peinture grecque et notamment, celle-là, vue à Paestum, Il Tuffatore (le plongeur) représentant, sur un sarcophage, le plongeon dans l'au-delà. Il aurait peut-être donné plus de légèreté à sa peinture, et aurait pu entraîner celui qui regarde ses toiles vers des pensées moins figées, figées à l'image de son Jupiter sur son trône. Avec le mouvement, un supplément d'âme, se serait peut-être insinué dans sa peinture.
Les ingrétistes sont en colère. Je m'en fiche.
14:45 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25.10.2006
Cinéma et musique
Associer cinéma et musique, en un mot faire des ciné-concerts n'est pas une chose inintéressante. C'est ce qui était proposé, hier soir dans le cinéma de la ville, avec la projection de Vive Le Sport d'Harold Loyd, film de 1924 accompagné du Philharmonique de la Roquette. Peu de monde au rendez-vous. Tant pis pour ceux qui ont raté ça. D'abord, c'est l'occasion de voir sur grand écran (sur le petit écran, c'est rare aussi) un film muet. Le film en question est subtil, fait rire comme rarement aujourd'hui au cinéma, est plein de trouvailles qui, plus de 80 ans après, fonctionnent encore ! Quant à la musique, quatre jeunes musiciens inventifs et talentueux improvisent tout le long du film, si bien, et c'est un compliment, qu'on oublie qu'ils sont dans la salle. Cet accompagnement permet de s'immerger complètement dans le film. Quelques rares enfants étaient présents lors de cette projection. Les images dont les trucages, sans effets spéciaux, fonctionnent à merveille et sans bandes sonores sur-saturées des films qu'ils sont habitués à voir, leur ont plu, si on se fie aux commentaires qu'ils faisaient à la fin de la séance, plutôt enthousiastes. À méditer.
13:30 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.10.2006
Enfin une bonne chose
Enfin une bonne chose dans une journée où je me suis sentie plus lamentable qu'un paillasson : je viens de remporter une enchère sur Ebay : le tome III en pleiade de La Recherche du Temps perdu ! Des horizons s'ouvrent devant moi.
20:15 Publié dans Proust | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
22.10.2006
Une expo et le Panier
Dans le genre journée décousue, celle d'hier n'était pas mal. L'envie d'aller voir une expo au Centre international de Poésie de Marseille nous a prise en plein milieu d'après-midi. J'avais vu sur leur site une image des 61 tablotins de Joëlle de la Casinière présentés à la Vieille Charité. Marseille, un samedi après-midi, avec les travaux du tramway est proche du chaos. L'envie de faire demi-tour nous a prise, jusqu'au mment où une providentielle place s'est présentée. Ouf !
Qu'est-ce que je peux en dire ? Je n'ai pas franchement été accrochée par l'oeuvre présentée. Collages et écritures s'entremêlent pour former ces tableaux. Certains messages personnels m'ont plus touchée. J'ai pensé au mail-art, et j'aurais aimé que ces tablotins soient expédiés à ceux auxquels le message s'adresse. Mais leur vie se limite à l'exposition. Un peu décevant.
Nous avons exploré l'extraordianire librairie de la Vieille Charité. Puis, nous nous sommes promenés dans le Panier, quartier calme et vivant à la fois. J'ai trouvé un tablotin sauvage accroché sur une porte.
En fin d'après-midi, nous avons quitté Marseille pour rejoindre Cavaillon. Nous devions y retrouver des copains pour voir le spectacle d'Ilotopie qui devait avoir lieu dans les rues de la ville. Quand nous sommes arrivés, la ville était calme. Le spectacle avait eu lieu la veille. J'avais mélangé les dates...
09:15 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20.10.2006
J'en ai marre...
J'en ai marre des artisans. Que ceux qui ne font pas partie de de la catégorie ci-dessous décrite veuillent bien m'en excuser. Leur exception à la règle est tout à leur honneur.

La Première Entreprise de France comme ils aiment à se définir, est un repaire de poujadistes. J'utilise ce mot dessuet pour ne pas sortir des qualificatifs qui, pourtant, leur iraient beaucoup mieux. Je m'évite d'aller dans les excès. Mon coeur, vous comprenez...
Un pan de toiture menaçant de s'effondrer et laissant allègrement passer la pluie, il a été nécessaire de faire appel à la corporation des couvreurs. Après un devis sympathique (mais les médecins qui profitent de l'angoisse de leurs patients en leur demandant des dépassements d'honoraires, en liquide de préférence, ne valent pas plus chers), et l'acceptation de celui-ci, l'entrepreneur s'est cru bon de se lâcher... Une véritable diarrhée raciste est venue m'inonder. Prévenant comme pas deux, il m'a mise en garde contre ces jeunes... (excusez-moi, je censure) qui rodent, qu'un de ses amis gendarmes lui a dit que... et que dans la presse (et notamment la PQR qui fait ses bénéfices sur le foot et les faits divers) on disait que...
Je ne demande pas au artisans pour qui ils votent. Mais, qu'ils arrêtent de m'assommer avec leurs considérations minables !
Je m'étais faite avoir. Je venais de lui donner le premier chèque pour l'accord des travaux quand il s'est permis d'ouvrir sa gueule. Par peur que le ciel toit me tombe sur la tête, je dois, par Toutatis, accepter qu'un être qui me répugne entre chez moi et qu'en plus, je contribue à le faire vivre (plus que bien). Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, mais à chaque fois, quand je me suis faite avoir comme ça, je me déteste.
PS : Le nouveau slogan des artisans, pris sur leur site : L'air de rien, les idées des artisans ont de l'avenir. En 2007 ? Écoeurée, je suis.
00:15 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
19.10.2006
Dans ma boîte aux lettres... (encore)
Hier matin, dans ma boîte aux lettres, j'ai trouvé une enveloppe carrée, qui contenait un livre carré. Il s'agissait d'un cadeau de PAG, ce livre de Dominique Fabre aux éditions Cadex.
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Ce livre est très beau, autant grâce à son format carré que par les illustrations de Chrisitine Voigt et aussi grâce au choix du papier. Une dédicace en plus et le bonheur est complet !
Il commence ainsi:
Dès que je suis arrivé ici à la montagne, j'ai eu un grave problème avec les marches du perron. Je n'arrivais pas à grimper paraît-il. J'avais trois ans et c'est là que je suis né, pour ce qui est des souvenirs. J'étais devant le perron. Reste que des annnées plus tard, des dizaines d'années plus tard, je me poserai toujours cette question : comment ça se fait que je ne me soit pas cassé la tête une bonne fois pour toutes sur les marches du perron ?
Cet enfant placé en nourrice dans une région de montagnes, parle tout au long de cette nouvelle du béton. Du béton du perron, mais aussi du béton de la maison en contruction en face... Jamais de la minéralité de l'environnement qu'on est en droit de supposer dans une telle région. Le béton est dur, froid. Son contact est inscrit dans son corps à force de s'asseoir sur les marches dudit perron.
Merci donc à PAG ! Et puis, il est bien de parler des petits éditeurs qui ont une autre voix à faire entendre. Il est d'autant plus important de les soutenir que certains comme Al Dante sont contraints à disparaître, vaincus par la jungle économique.
08:45 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.10.2006
J'ai craqué...
Je l'avoue, j'ai craqué. Pas de télé depuis des mois et hier, je n'ai pas pu résister à la tentation de voir le film d'Agnès Varda "Quelques veuves de Noirmoutier" présenté sur Arte. Je ne lis pas les programmes de TV, mais, dans le supplément du Monde de dimanche, la réalisatrice était en photo à la première page. Je ne pouvais pas la rater.
J'ai sorti l'antenne de son carton et l'ai branchée. Pas évident. Même si l'orientation en direction du Ventoux est celle qui est conseillée, l'image n'est pas franchement nette et peut se modifier à chaque mouvement du téléspectateur. Donc, j'ai retenu mon souffle et j'ai regardé ce docu qui avait, entre autres endroits été présenté à la Fondation Cartier. C'est une vidéo qui fait partie d'une série de 10 réalisées sur l'île de Noimoutier, chère à Jacques Demy. Elle interroge des veuves. On n'est pas dans le larmoyant. La réflexion sur la disparition et l'absence par ces femmes, parfois de simples ouvrières de marais salants, est subtile . À travers elle, il y a aussi la réalité sociale de l'île qui transparaît. L'une d'entre elles raconte que son mari était allé chercher des algues sur la plages pour les pommes de terre et que brutalement, il s'est effondré, mort. Ces pommes de terre nous ramènent à d'autres d'Agnès Varda, dans les glaneurs et la glaneuse. Elle montre celles qui ont une forme particulière, souvent en forme de coeur. Je pense à elle à chaque fois que je tombe sur une ainsi faite... Les circuits de la pensée sont bien étranges. Sur les pommes de terre, en 2003, à la biennale de Venise, j'avais vu Patate Utopia d'elle. Le légume jalonne son oeuvre.
Pour en revenir au Veuves de Noirmoutier, le propos ne se limite pas aux pommes de terre ! Cependant, il est toujours rattaché au quotidien et c'est pour ça peut-être qu'il a un sens profond. Évidemment, Agnès Varda fait partie intégrante de ces veuves. Elle se met en scène, assise sur une chaise sur la plage, à côté d'une autre chaise, vide celle-là. Elle ne dit rien, mais toutes ces veuves ont parlé pour elle, ont dit l'absence. Je ne sais pas si j'ai bien vu (la reception était mauvaise) mais j'ai cru voir une larme esquissée au coin de son oeil.
Après ça, j'ai débranché l'antenne...
16:25 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note






