28.02.2007

La collection permanente du musée Fabre

medium_scan_722882322_1.JPG Pour commencer la visite , on attaque par les salles flamandes et hollandaises. La circulation dans les différentes pièces a été particulièrement bien pensée car le visiteur ne revient jamais sur ses pas et l'accrochage permet de voir les oeuvres dans un ordre cohérent. Cette remarque est valable pour tout le musée.

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Les oeuvres de ces salles faisant une taille modeste, il est possible (malgré l'affluence) de s'en approcher pour en apprécier les détails. Par exemple, l'enfileuse de perle de Frans Van Miers l'Ancien est une huile sur bois qui ne mesure 23X18,3 cm. Je l'ai scrutée tant que j'ai voulu le nez pratiquement dessus. La reproduction ne rend absolument pas les effets de lumières sur les visages, le regard du personnage principal comme s'il était distrait de sa tâche par l'objectif d'un appareil photo. Ce tableau a appartenu à Talleyran. Dans le fond, mais ça la reproduction ne le montre pas, il y a le lit de la dame et dans l'ombre, qu'y voit-on ? Des plumes d'autruches aux quatre coins du baldaquin comme chez Louis XIV ! C'était la mode, donc ?

Ensuite, on passe dans les salles consacrées à la peinture et sculpture européennes du XVè siècle au milieu du XVIIIè siècle.medium_scan_7228969_1.JPG Il y a les Zurbaran avec la célèbre Sainte Agathe qui présente ses seins sur un plateau comme des gourmandises de pâte d'amande. J'ai choisi de reproduire ici l'Archange Gabriel du même peintre car ce tableau est moins connu. Magnifique.
Dans ces salles on trouve des Bernin, des locaux de l'étape : Natoire, Ranc, Subleyras, une très belle étude de mains de Rigaud qui nous fait oublier qu'il a commis l'horrible tableau de Louis XIV en collants, dentelles et fourrures, genre "je me produis aussi le soir dans des cabarets"...

La suite au prochain épisode.

27.02.2007

De retour

medium_IMGP1673.2.JPG Photo un peu ratée, certes, mais cela fait deux fois en quelques jours que je tombe sur une statue équestre de Louis XIV. La première à Montpellier, samedi dernier. Je ne l'ai pas prise en photo car elle était masquée par les échafaudages en vue d'une restauration. Aujourd'hui, je suis tombée sur celle-ci place Bellecour à Lyon. Inutile de dire que ça me met en colère. Ce tyran n'a pas été déboulonné contrairement au sort qui a été réservé à ses confrères dans les pays de l'autre côté du rideau de fer quand celui-ci s'est envolé. Sans scrupules, non seulement on ne le déboulonne pas mais en plus on lui refait une beauté aux frais du contribuable.
Allez, je vais faire preuve de clémence, ce soir : au lieu de le descendre de son piédestal et fondre le métal (au prix où c'est en ce moment, c'est tentant !), on pourrait le déplacer et le mettre au milieu de ronds-points que les élus ne savent plus comment décorer. Ça aurait de la gueule à la sortie de l'autoroute, au milieu des grandes surfaces ! Un roi en exil, rien de plus.

La visite continue.

Commençons la visite du musée Fabre. Sur les conseils de la guichetière, pour rencontrer moins de monde, nous commençons par l'exposition temporaire, au rez de chaussée. Il s'agit d'un hommage à Jean Fournier, marchand d'art. medium_s06cconp.jpgInstallation chronologique de dix ans en dix ans où on se rend compte que les artistes font toujours la même chose. Il y a par exemple, Claude Viallat qui fait toujours du Claude Viallat. Je dois dire que j'ai eu un coup de coeur particulier pour les oeuvres de Joan Mitchell. Ce qui m'a plu aussi, c'est la vitrine où sont présentées les invitations aux vernissages de la galerie de Jean Fournier. Très intéressants bouts de papier comme j'aime à les collectionner.
Je n'ai pas le temps d'en raconter plus maintenant, car ma journée s'annonce chargée. Dans le prochain billet, on attaquera la collection permanente avec les hollandais.

25.02.2007

Montpellier et son musée

Je suis allée passer deux jours à Montpellier, attirée par la réouverture du musée Fabre après restauration. La ville me laisse toujours la même impression, trop ceci, trop cela, sans identité, sans accent. J'y ai vécu quelques années et n'arrive pas à la voir autrement. J'ai du mal à exprimer ce ressenti par rapport à cette ville mais, je crois que beaucoup me comprennent.
Bon, venons-en au but de cette escapade : le Musée Fabre. À quoi, il ressemblait avant ? Un musée de province, sombre, où les oeuvres s'accumulaient sur les murs des pièces trop étroites. Il fallait, à l'image de la ville, dépoussiérer tout ça.

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J'ai reproduit ce carton généreusement distribué à l'entrée du musée car cette association des deux bonshommes m'a interloquée. Sur la monumentale librairie Sauramps, sur la place de la Comédie, les deux portraits sont affichés. Je n'ai pas compris pourquoi. Cet affichage fait penser à certains pays avant 1989 où le portrait de Marx cotoyait celui de Lenine sur les frontons des monuments, mais là, je ne voyais pas la relation.
Que je vous explique : Le portrait à gauche représente François-Xavier Fabre : collectionneur (incontestablement), peintre (certes, mais ce n'est pas ce qu'il a fait de mieux) et fondateur du musée Fabre (excellente idée).
Le portrait à droite n'est pas celui de Jean Richard interprétant le commissaire Maigret pour la télévision ("faites moi monter de la bière et des sandwishes") mais Pierre Torreilles, poète (ouille! ouille! ouille!) et fondateur de la librairie Sauramps. Son destin singulier, à lui, fut de créer une librairie qui est devenue énorme et ses sucesseurs parmi toutes les parts de marché qu'ils ont déjà prises, ils ont eu la librairie du musée en plus. Il n'y a pas de quoi afficher la tête du poète financier partout. La discrétion, dans ce cas-là, n'aurait pas nui. medium_P1010024.8.jpg Après m'être un petit peu énervée, je vais commencer la visite. L'accés au musée a été dégagée. Au sol, Buren donne le rythme.
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Dans l'entrée aussi, Buren est présent...
Ce sont les seules photos que j'ai prises (avec mon vieil appareil, toujours fidèle) car à l'intérieur, c'est interdit.
La suite de la visite prochainement. Je vous assure que ma mauvaise humeur est toute entière contenue dans ce billet car vraiment, sans rien dévoiler de la suite, je peux dire que ce musée vaut le détour.

23.02.2007

Tristesse et colère

medium_scan_7223135054_1.JPG J'ai essayé plusieurs fois de raconter cette histoire, non pas pour exprimer ma tristesse (c'est une affaire intime), mais pour dire ma colère par rapport à l'histoire de Jonathan. Jonathan, c'est le petit indien sur la photo. Il est mort, il y a deux semaines.
Aujourd'hui, on parle de lui dans Libération :

Il disait : «Quand je serai mort, vous verrez mon nom sur la ville.» Pour qui lève la tête à Montpellier, «Zoka» est partout. En grosses lettres blanches accrochées aux plus hautes cheminées de la place de la Comédie, en lettres de sang dans le tunnel du tramway. Zoka, c'était le deuxième nom de Jonathan, un jeune homme grand et maigre qui aurait eu 25 ans en juin, son «blaze», en langage graff. «Il prenait des risques énormes pour écrire son nom. J'ai du mal à comprendre», murmure Yann, son père.
lire la suite...
Une mort accidentelle ? Pas tout à fait. Comme il est intéressant de le lire dans l'article, pour des faits précédents, il avait été condamné à deux mois fermes et neuf mois avec sursis. Les deux mois s'étaient transformés en peine de bracelet électronique. Notre société interdit le tag, graff etc... Mais, ne punit pas les partis politiques (certains plus que d'autres) qui pratiquent l'affichage sauvage. De tous temps, déjà à Rome où les adversaires de César annonçaient ainsi son assassinat prochain, on usait des murs des villes pour faire des graphittis et exprimer son opinion ou son talent. Certes, dans une société qui se veut propre, dont les centres urbains deviennent des lieux tourisitques pour Tour operator, les murs doivent êtres immaculés. Alors, dans ce cas, pourquoi ne pas donner aux auteurs des dites dégradations, une éponge, une brosse et même un karcher (puisque c'est la mode) pour réparer. La prison est la seule réponse que notre société a trouvé face à ce phénomène ?
Je voudrais citer les mots tristement prémonitoires que Jonathan avait écrits sur une toile durant la période où il ne pouvait pas sortir :
"La police tue les artistes. Qui sont les terroristes ?"

22.02.2007

Assommée par trop de gris

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Impossible de trouver à alimenter le blog. Les journées sont grises comme le ciel, ternes et sans éclats. Remplir ces lignes, pour quoi dire ? J'ai bien certaines choses à raconter mais j'ai du mal à y mettre la forme. Alors, je vais énumérer sans un ordre précis ce qui m'occupe et me préoccupe.
  • Je n'ai pas d'appareil photo et ça me manque terriblement. Comment peut-on devenir si dépendant ? Je ne sais même pas ce que je photographierais si je l'avais en ma possession, tellement les couleurs du monde, en cet interminable mois de février, sont moches.medium_serrano18.jpg

  • Hier je suis alléee avec Frédérika voir l'exposition Andres Serrano à la fondation Lambert. J'ai eu le plaisir de découvrir un immense artiste. Un regard à la fois lucide et esthétique sur notre monde. Ce regard se réfère aux grands maîtres de la peinture comme le Titien, Tintorret, Courbet... L'exposition s'appelle " La part Maudite en référence à Bataille.
  • Ce qui m'occupe en ce moment ? Bref traité de de dégrisement, de Marc Rousselet et Henri Tramois avec des encres de François Ridard. C'est le prochain ouvrage édité par Cousu Main. J'aurai l'occasion d'en reparler. En attendant, la gazette, Tout à Fait Décousue, s'en va à travers la France, postée, timbrée et oblitérée...

Voici en vrac, quelques nouvelles.

17.02.2007

Parfois, on n'a pas plus à dire...

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16.02.2007

des nouvelles quand même...

Je vais donner des nouvelles du super, magnifique, fabuleux appareil numérique tout neuf et qui ne marche pas. Après avoir appelé l'assistance téléphonique (les premiers secours) et sur ses conseils, j'ai embarqué immédiatement le malade au SAV le plus proche. J'explique mon affaire et le technicien de service me regarde avec un air condescendant, en pensant très fort, suffisamment fort pour que je le comprenne :" C'est une femme, tout ce qui est technique, elle n'y comprend rien." Il a donc fait des essais dans son arrière-boutique et a convenu que, têtu comme une mûle, cet appareil ne voulait rien entendre quand on lui demandait de restituer les photos prises. Au total, il me l'a expédié je ne sais où et je ne le reverrai au mieux que dans trois semaines.

Dans le genre discrimination, si on veut imaginer un instant ce que vivent ceux qui ne sont pas tout à fait conformes à certains critères dictés par notre société, il suffit d'être une femme (excusez-moi messieurs, vous ne pouvez pas tenter l'expérience) et d'aller dans un magasin, du genre de ceux qui"agitent les idées" et se poster au rayon appareils photo ou camescopes ou ordinateurs, et de faire mine de vouloir acheter un de ces objets. S'il y a des personnes de sexe masculin qui font la même chose que vous, c'est à elles que le vendeurs va s'adresser. Il ne vous calcule même pas. De même, quand on se fait accompagner (cela m'est arrivé avec mon mari), si la femme pose des questions sur l'objet, c'est à l'homme que le vendeur répond. Je dis "vendeur", car c'est la grande majorité, les filles étant plutôt aux caisses (comme quand elles étaient petites, elles jouent à la marchande avec la caisse enregistreuse). Dans d'autres magasins, du genre de ceux qui contractent la confiance, c'est encore plus clair : les filles à l'électro-ménager (la cuisine, c'est pour elles) et les garçons aux télés, à l'informatique, aux appareils photos etc.

Dans ce genre de magasin, le personnel est majoritairement jeune. Ce qui est triste, c'est que cette génération a les mêmes a priori que ses parents et grands-parents. Rien ne change. Quant à imaginer une femme Présidente de la République, c'est du délire...

Ceux qui veulent connaître la marque de mon appareil photos, pour ne pas faire la même bêtise que moi, qu'ils m'envoient un mail. Je leur répondrai.

14.02.2007

Pourquoi ma colère...

Pendant quelques temps, peu de photos sur le blog car le super, magnifique, fabuleux appareil numérique reçu à Noël, ne veut pas cracher ses photos sur mon ordinateur. Tête de mûle ! Alors, je suis obligée de parler... Et quand je parle, je ménerve.
Dans Libé, dans la magnifique rubrique Rebonds, où on trouve de tout, le pire et le meilleur, dans la série du pire, il y avait cet article de Marc Weitzmann qui expliquait son ralliement à Sarko. Un de plus !
Voici ce qu'il dit de son candidat fétiche et de ses promesses électorales :

Quant à ce qu'il fera, s'il est élu, qui le sait ? Les hommes politiques, après tout, sont des hommes politiques. C'est le drame de la démocratie que d'être l'invention d'une minorité ; et une minorité suffisamment sophistiquée pour faire la différence entre «les mots et les choses».

Je résume : ne jamais croire ce que disent les hommes et les femmes politiques. Ils ne font pas ce qu'ils disent. Bon, ça on le savait, depuis le temps, mais au moins, lui, Marc Weitzmann a le courage d'ouvrir les yeux des derniers naïfs de notre système politique. Il ajoute pour étayer sa théorie de la promesse électorale=piège à cons :
Seuls les dictateurs font vraiment ce qu'ils disent et disent vraiment ce qu'ils font, voyez Hitler : qui peut prétendre avoir été trompé sur la marchandise ? Voyez Robespierre, Lénine, Pol Pot, Mao.

C'est clair, non ?
Une seule question se pose : soutient-il Sarko pour les promesses qu'il tiendra ou celles qu'il ne tiendra pas.

13.02.2007

C'est parti !

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Il y a quelques jours, j'avais parlé de la gazette des éditions Cousu Main. Voici le premier numéro prêt à s'envoler par la poste. J'ai des idées pour les suivantes, des idées de modifications à apporter. Puisque la mode est à la démocratie participative, je souhaiterais que les premiers souscripteurs donnent leur avis.

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