01.04.2007

Les poètes portent le chapeau

C'est une constatation faite, hier, lors d'un café-poésie où Marc Rousselet et Henri Tramoy, entre autres participants, ont lu des extraits du Bref traité de dégrisement.

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Qu'en conclure ?

D'autres photos sont visibles dans l'album.

31.03.2007

L'ange au gilet rouge

medium_inconnu.jpg On attendait depuis longtemps cette réédition. Enfin, vous. Pas moi, puisque j'ai l'édition originale de L'ange au gilet rouge parue en 1990 chez Syros ! D'ailleurs, il est écrit sur la quatrième de couverture qu'il s'agissait du premier recueil de nouvelles de Pierre Autin-Grenier. Depuis, il y a eu Je ne suis pas un héros, Tout une vie bien ratée, L'éternité est inutile et j'en oublie... Je suis sûre qu'il viendra sur le blog corriger la bibliographie sommaire que je viens de faire.

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Un court extrait d'une nouvelle intitulée L'esprit de famille. :

J'ai tué mon père en 52. Eu égard à mon jeune âge, cela ne tira pas à conséquence pour moi. La flèche serait partie seule en somme, c'est le ressort de l'arbalète qui, par hasard, aurait lâché... C'est ce qu'on dit. Tout le monde, au village, s'accorda pour penser que nous ne sortirions pas du fait divers, certes tragique mais, somme toute, ordinaire. L'enterrement fut de haute tenue, notre famille fit preuve d'un esprit de corps peu commun et l'on mit mon absence de larmes sur le compte d'une trop grande perturbation intérieure. Le caveau refermé, mon père dedans, ceux qui vivaient encore continuèrent. Seulement voilà : nous avions mis le doigt dans l'engrenage !

Et vous ne croyez quand même pas que je vais vous raconter la suite ?

29.03.2007

Duchamp en campagne

Lors d'une conversaton avec Georges Stauffer, Marcel Duchamp dit ceci :medium_Duchamp-sinuses-sm.jpg

"Sans être fasciste, je pense que la démocratie n'a pas apporté grand-chose de sensé. On devrait penser qu'il y a assez de pain pour tous ! Il est honteux que nous soyons encore obligés de travailler simplement pour exister. Les hommes n'ont cependant jamais rien su faire de mieux que de faire de la vie une compétition - comme chez les animaux. Les religions, elles-mêmes ne sont en fait que des prétextes à rivalités, à concurrence. C'est absurde !...
Il y aurait certainement des personnes qui feraient du pain pour tous - gratuitement. Il y aurait même des gens qui videraient volontairement les poubelles des autres; on devrait peut-être leur décerner une quelconque "légion d'honneur" ne reconnaissance de ces basses besognes effectuées pour tous... Mais être obligé de travailler pour exister, ça, c'est une infamie !"


Je vote Marcel Duchamp !



( extrait de Marcel Duchamp par Bernard Marcadé)

27.03.2007

La nation selon Duchamp.

medium_Duchamp-sinuses-sm.jpgMarcel Duchamp disait ceci à Jean Antoine, le critique d'art :

"Au fond, les nations pour moi ça n'existe pas. C'est un endroit où on a ses amis, c'est tout."

25.03.2007

Le Monde du dimanche

Ceux qui ont l'habitude de lire ce blog savent que Le Monde arrive chez moi, le dimanche à cause du DVD (aujourd'hui, c'était Sonate d'Automne= magnifique) et chaque dimanche, je m'énerve en lisant la chronique d'Éric Le Boucher en quatrième.
Mais là quand même, je pense qu'il va énerver son lectorat c'est à dire les socialistes ou sympathisants en écrivant :

Il y a dix ans, les socialistes français ont qualifié, a priori et sans examen, le blairisme de politique "de droite" et ils n'ont toujours pas corrigé leur erreur depuis. Le déport gauche-gauche opéré alors dans l'ambiance post-1995 bourdieusienne et trotskiste a provoqué une perturbation magnétique du paysage politique français qui dure encore, malgré la tentative de Ségolène Royal.

Les injures fusent. On se traite de trotskistes et surtout de bourdieusien ! Éric Le Boucher n'a peur de rien. "Faut qu'ça saigne !" chantait Boris Vian. En tant qu'économiste, c'est sa théorie. Crevons, dépeçons, achevons les travailleurs afin que le CAC 40 se nourrisse de ce sang.
Je continue:
Revenons au point de départ, à ce PS français au QI de pétoncle. Il a sous ses yeux, de l'autre côté du Channel, à deux heures trente de train, une politique de gauche qui réussit, et il s'obstine à affirmer que c'est une politique de droite qui échoue.

Le Boucher devient Le Poissonnier, marchand de coquillages (et moi qui m'appelle Leboucq, je peux me permettre de faire des jeux de mots, faciles, certes, mais tentant sur le nom d'un journaliste de ce quotidien vespéral). Les pétoncles ou les socialistes apprécieront.

La clé première de cette politique de gauche qui réussit, Antony Giddens, père intellectuel du blairisme, la donnait récemment (www.telos-eu.com) : "Accorder la primauté à l'économie et à la croissance."

Are you listening, madame Royal ?

En plus, il baragouine l'anglais, the butcher !

Philippe Forest parle dans son dernier ouvrage Tous les enfants sauf un entre autres choses des hôpitaux français qu'il a dû fréquenter du fait de la maladie de sa fille, Pauline. Il rappelle à tous ceux qui l'auraient oublié, que le système britannique qui fait fantasmer tant de monde (dont Éric The Butcher) est loin du nôtre. Qu'on a une image de la Grande-Bretagne, celle de la brillante City, mais qu'à côté de ça, la médecine est sinistrée, du moins pour ceux qui ne peuvent pas payer. Croissance, profit et tutti quanti, Monsieur le Boucher, ça fait rêver, mais que faites vous, quand vous êtes au chomage ou mieux travaillant de façon précaire pour soigner votre fille atteinte d'un cancer en Grande-Bretagne ?
En France, les "bourdieusiens" ont évité encore ce genre de malédiction.

Et, il y a aussi un marque-page

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Comme c'est devenu une habitude, chaque sortie de nouveau livre chez Cousu Main est accompagnée d'un marque-page. Donc, avec Bref traité de dégrisement, nous avons fait faire de ce marque-page, d'après une illustration de François Ridard.

24.03.2007

Museo Thyssen-Bornemisza

medium_scan_732474955_1.JPGDans ce musée, c'est la collection de la famille Thyssen qui est exposée. Les Thyssen ont fait fortune grâce aux deux guerres mondiales comme marchands de canons. Quelle aubaine ! Une collection de près de 800 tableaux. La veuve Thyssen, la baronne Thyssen-Bornemisza a poursuivi l'oeuvre de feu son mari et prête sa collec' dans une aile toute neuve du musée. Il y a là pas moins de 200 tableaux supplémentaires. J'ai l'habitude de dire que j'aime bien l'idée de collection car on peut percevoir l'âme du collectionneur derrière l'ensemble. Chez les Thyssen, ce n'est pas le cas. Leur collection commençant avec les primitifs italiens et se terminant à l'époque contemporaine, on ne perçoit pas d'unité. Ils achetaient de tout. Du bon et du moins bon. Il y a notamment chez la baronne, un ensemble de toiles de peintres américains de la fin du XIXème qui "craignent" vraiment (paysages de cartes postales avec quelques cowboys qui bivouaquent, par exemple). Mais, il y a aussi des chef d'oeuvres des Gauguin, Canaletto, Tintoret... La vente de canons rapporte; ce musée en fait la démonstration.

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Cerise sur le gâteau, il y avait une exposition temporaire sur le portrait au XXème siècle (Le miroir et le masque : le portrait au temps de Picasso). Cent cinquante toiles ont été réunies, et non des moindres. Des portraits ou des auto-portraits de Cézanne, Picasso, Gaugiuin, Matisse, Beckmann, Matisse, Dix, Bacon, Balthus, Modigliani, jusqu'à Warhol... Enfin, j'en oublie. Cet ensemble vient du monde entier. L'accrochage est fait dans un ordre chronologique. Fascinant, époustouflant. Que dire de plus ? Je suis restée sans voix devant les Beckmann (mon chouchou), ces Van Gogh, enfin tous ces visages qui nous regardent, nous les visiteurs d'exposition, médusés.

22.03.2007

Bref traité de dégrisement

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Le voici, le tout premier exemplaire, de Bref traité de dégrisement prêt. Je viens de récupérer le tout chez l'imprimeur et j'attaque l'assemblage (ce n'est pas du "cousu main" mais du collé main!)
Les auteurs : Marc Rousselet et Henri Tramoy
Illustrations : François Ridard
11x17cm- 12 pages
ISBN 2-9523435-5-6-X
prix: 6€
D'autres photos sont visibles dans l'album
Courage ! Il ne reste que 499 exemplaires à assembler !

21.03.2007

COMMUNIQUE DE PRESSE RESF PARIS

J'essaie en cette période d'élections et de tensions de ne pas laisser ce blog se faire envahir par ma colère et mes énervements. Mais, il y a des moments, après l'arrestation "providentielle" de Cesare Battisti et bien d'autres choses, où on ne peut pas se retenir. "Demain, tout est possible." disait l'autre, mais aujourd'hui, ce n'est pas mal, déjà.


Paris le 20 mars 2007

Répression et chasse aux étrangers : un pas a été franchi.
Hier et ce soir, des incidents graves se sont produits lors de rafles effectuées dans nos quartiers à Paris.
Lundi 19 mars en fin de journée, nous avons assisté, révoltés, à une tentative d'arrestation devant l'école maternelle Rampal d'une dame venue chercher une petite fille à la sortie de l'école.
Malgré l'intervention des parents présents, et celle d'enseignants, les policiers ont fouillé et interrogé cette femme, prenant de haut les protestations, devant les enfants et parents traumatisés. Ils l'ont ensuite emmené pour une destination qu'ils n'ont pas voulu préciser, laissant la petite fille désemparée...
Suivis et à nouveau "interpellés" par des parents de façon véhémente, les forces de l'ordre ont fini par relâcher leur proie plutôt que de provoquer une émeute. Cet incident a eu lieu lors d'une énième rafle dans le quartier de Belleville.
Ce soir, mardi 20 mars, au même endroit, après plusieurs allers-retours dans le quartier, les policiers ont finalement assiégé un café (situé à l'angle de 4 écoles, les écoles Lasalle et Rampal), et y arrêtant, notamment, un grand-père de 2 enfants scolarisés aux écoles Piver et 77, bld de Belleville.
Après l'avoir été maintenu dans le café pendant plus d'une heure, la police décidait d'embarquer ce grand-père juste avant la sortie d'école de 18h. Les parents d'élèves, des enseignants, les militants de RESF et les habitants du quartier tentaient d'intervenir. La réaction des policiers fut immédiate : ils cherchaient violemment à disperser la mobilisation, n'hésitant pas utiliser la violence physique et un peu plus tard à asperger la rue de gaz lacrymogène. Les parents présents aux sorties d'écoles, avec leurs enfants et leurs poussettes, atteints par les puissants gaz lacrymogènes, se réfugiaient dans l'école élémentaire Lasalle pour fuir cette scène particulièrement traumatisante.
Le grand-père a finalement été emmené dans un commissariat du 2ème arrondissement.
Quelque temps après, les rafles se poursuivaient à Goncourt et à la rotonde de Stalingrad.
Non contents d'augmenter la cadence des contrôles au faciès, parfois en dehors de tout cadre judiciaire, les fonctionnaires de police ont donc choisi cette fois de violer le dernier refuge des valeurs de la République, à savoir l'école.
Le Préfet de Police de Paris aurait tort de sous-estimer la colère grandissante que provoquent ces procédés iniques et circonstanciels dans les quartiers dits "populaires". La peur cède peu à peu à la détermination d'y mettre fin, on l'a vu ce soir.
Nous partageons cette détermination. Le procédé de rafle est en lui-même odieux parce qu'il bafoue l'ensemble des droits fondamentaux des personnes humaines. Et doublement insupportable quand les institutions de la République sont elles-mêmes visées.
Nous rappelons aussi les garanties données à RESF à deux reprises pendant l'été 2006 (le 5 juillet et le 27 juillet) par la Préfecture de Police : qu'il n'y aurait pas d'interpellations dans et aux abords des établissements scolaires. Désormais, devons-nous tenir pour caducs ces engagements ?


Pour le Comité de soutien Lasalle-Rampal,
Maria Clark, 06 18 01 07 63
Thérèse Coriou, 06 82 18 39 14
Dominique Perez, 06 84 52 00 41

Pour RESF Paris,
Brigitte Wieser 06 88 89 09 29
Anthony Jahn 06 61 98 45 18

Le musée de la Reine Sophie

Juste un dernier mot sur le Prado : dans Libé, il y a un article sur l'exposition du Tintoret pour ceux qui veulent en savoir plus.

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Le Centro de Arte Reina Sofia, donc, est consacré à l'art du XXème siècle (enfin, à partir du XXème siècle). Il est installé dans un immense hôpital, avec une cour centrale, dans la plus pure tradition de l'architecture hospitalière du XIX siècle. Un bâtiment moderne y est accolé, dessiné par Jean Nouvel. Ce dernier abrite la cafet', la bibliothèque, et les expositions temporaires. À ce propos, l'expo temporaire s'appelait : "l'Art en mouvement" et était consacré à la vidéo. Je dois avouer mon ignorance en la matière et même guidée par ma fille qui est plus au fait, je n'ai pas vraiment accroché.medium_scan_732175117_1.JPG
Évidemment, ce musée c'est Guernica. Les groupes de japonais ne viennent que pour voir ce chef d'oeuvre de Picasso. Ils arrivent en meute, écoutent les explications du guide et ressortent presque immédiatement du musée. Ce tableau fait visiblement partie de leur marathon européen.medium_scan_73217599_1.JPG De plus, sont exposées les études préparatoires. Le massacre eut lieu le 26 avril 1937, Picasso se lance dans ce projet de toile le 2 mai suivant et termine le 4 juin. Il a réalisé une oeuvre monumentale en un temps très court, ne s'est pas laissé le temps de la réflexion après le bombardement de la ville de Guernica mais c'est justement de là que vient la force de cette oeuvre. Force, rage, douleur, tous ces sentiments explosent dans cette peinture. On comprend que les japonais l'inscrivent au programme de leur Tour Operator.
Le reste du musée est aussi intéressant. La peinture espagnole du XXème siècle est largement majoritaire, Dali, Gris, Tàpies, Miro... Et on s'aperçoit qu'elle tient une place importante dans tous les mouvements qui ont traversé ce siècle. Contrairement à d'autres dictatures (Je prépare la présentation du film La vie des autres pour le ciné-club et on est forcé de constater que le régime de la RDA a étouffé toute expression artistique), sous le franquisme, les peintres ont continué à pouvoir exercer leur art. Quelle en est la raison ? Je doute que Franco fût un esthète.

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