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23.07.2007
Les juges par la plume de Serge Revzani
J'aime bien lire, dans Libé, Mon Journal, une chronique hebdomaire tenue par une personnalité invitée qui paraît le samedi. Des points de vue différents, éclectiques sur des faits d'actualité. Cette semaine, c'était au tour de Serge Revzani, l'homme, entre autres choses, du Tourbillon de la vie, merveilleuse chanson que nous chantions en choeur avec mes enfants, lors de trajets en voiture. C'est mieux que Henri Dès, non ? J'aimerais juste copier un passage, celui de la journée du jeudi qui m'a particulièrement interpellée :
Qu’elle paraît courte cette semaine où on voudrait dire tant de choses ! Dire à la si intelligente garde des Sceaux que les juges ne sont sûrement pas des imaginatifs quand ils distribuent des jours, des mois, des années de prison. Comme il serait intelligent que chaque juge au moment de sa nomination goûte anonymement à un certain nombre de jours de prison. Qu’il sache le poids écrasant des heures infinies de l’enfermement.
Lorsque j'ose émettre une critique à l'encontre des juges, j'ai l'impression de blasphémer. Oui, blasphémer ! c'est une corporation à laquelle, il ne faut pas toucher, en France, qu'on soit de droite ou de gauche. En lisant les rubriques judiciaires ou en traînant dans les tribunaux lors de comparutions immédiates, je m'aperçois que les juges embasitillent allègrement, des petits jeunes, qui n'ont pas obligatoirement tué père et mère ni fauché le sac de la petite vieille, mais qui ont fait des tags ou dénoncés par la police d'être des terroristes anti-républicains se promenant un pavé à la main. La voix de la police fait foi. Les juges s'éclatent à réprimer, bénéficiant dans l'opinion publique d'une image de confiance plus importante que celle de la police, mais en fait, grands serviteurs de l'État, ils se délectent des lois liberticides tous les jours plus nombreuses. C'est comme ça qu'ils répriment les plus faibles. Un autre traitement est réservé à leurs semblables, ceux qui comme eux ont fait Science-Po, hommes politiques, hauts fonctionnaires etc. Ils leur accordent leur clémence.
Évidemment, je souligne qu'une infime minorité de cette corporation n'agit pas ainsi. Mais, en voyant ce qui se passe autour de moi, je n'accorde aucune confiance à la justice de mon pays.
01:25 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.07.2007
Olivier Cadiot et son nid
À Avignon, durant le Festival, entre les grandes colères et les grands enthousiasmes, il existe des moments délicieux comme celui vécu, hier. En effet, je suis allée écouter une lecture apéritive (sur les coups de onze heures) dans la cour du Musée Calvet. C'était Olivier Cadiot qui lisait des extraits de son roman paru chez POL : Un nid pour quoi faire. Nous nous sommes vraiment beaucoup amusés avec ce récit épique, son roi de station de ski, des putchistes en sommeil... L'auteur-lecteur se laissait emporter par son texte et le jouait plutôt que le lisait. Un verre de rosé frais en alternance avec de l'eau lui humidifiait le gosier, régulièrement. C'est ce qu'on appelle une lecture apéritive.
J'aime bien ces moments que le Festival d'Avignon peut offrir, aussi.
08:40 Publié dans théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.07.2007
Les feuillets d'Hypnos
Dans la programmation du Festival d'Avignon, sans hésiter, j'avais choisi Les feuillets d'Hypnos mis en scène par Frédéric Fisbach dans la Cour d'Honneur. Pourquoi ? Parce que c'était Char et que c'était la Cour d'Honneur, mais il est difficile de dire ce que j'en attendais. En tout cas, pas ce que j'ai vu hier soir.
D'abord, parlons du décor : cinq chambres et une cuisine équipée, une salle de bain. On se croyait dans une émission télévisée du genre Loft Story ou apparentée. Entre deux Feuillets, un acteur ouvre le réfrigérateur et mange un yaourt ou se sert un verre. Mieux que dans Loft Story, les acteurs, quand ils prennent une douche, sont visibles du public. Même les caméras vicieuses de TF1 ou M6 n'avaient pas osé aller jusque là ! La seule différence est dans le fait qu'on ne nous fournit pas de numéro de téléphone surtaxé pour virer un des protagonistes comme dans le jeu à la télé. D'ailleurs, à l'inverse, c'est le public qui s'en va. Dès le feuillet n°50, l'hémorragie a commencée avec des spectateurs plus ou moins bruyants qui montraient leur désaccord en faisant claquer les chaussures sur les structures des gradins. Je ne vais pas revenir sur l'interprétation souvent loufoque des feuillets par les acteurs avec des cris d'animaux, des bégaiements et autre fantaisies agaçantes au plus haut point. Une jeune fille en peignoir, douche oblige, se fait les ongles des pieds... Une autre, dès qu'elle parle du paysage, des oliviers, se croit obligée de prendre un pseudo accent du midi, comme si elle faisait de la pub pour l'Office de Tourisme de Céreste. Un autre surveille la cuisson et on s'attend à tout moment à assister sur scène à une pasta-partie. Bref, tout cela est énervant au plus haut point, jusqu'au moment où au feuillet 137, les amateurs, cent six, qui avaient pris place sur les gradins parmi le public, se lèvent et envahissent la scène. Par leur nombre, ils masquent le décor et ensuite, celui-ci sera voilé par de la fumée, ce qui est bénéfique pour la mise en scène. Les amateurs égrènent, à leur tour les feuillets, avec beaucoup de sincérité et à ce moment-là on entre vraiment dans le texte. Enfin, un peu d'émotion se dégage de ce spectacle.
Je me demandais ce que j'attendais en choisissant d'aller voir "Les feuillets". Pour le metteur en scène, le pari était difficile. Il est, à mon avis, complètement raté. La poésie doit-elle mise en scène au risque de lui enlever une partie de sa signification ?
06:55 Publié dans théâtre | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
16.07.2007
la vie des cigales
02:10 Publié dans la vie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.07.2007
La Reine des Aulnes
Un peu de poésie...
Un poème envoyé de Saorge par Sylvie Durbec.
La Reine des Aulnes
Mais qui est donc ton monsieur
Peut-être aurait-il fallu
avoir un seul père
une seule date de naissance
pour répondre à cette question
Tu nous as parlé de lignes
et de traversées et j’ai senti
se croiser sur ma poitrine
des fils et des lacets
des cordes aussi
mais dénouées par ta poésie
Et par la porte entrouverte
tu nous donnes l’entrée
dans les lignes blanches et noires
sur lesquelles nous irons danser.
SD
Ce poème est dédié à Denis Hirson et Adine Sagalyn.
Denis Hirson vient de publier Jardiner dans le noir.
08:25 Publié dans poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14.07.2007
Les marchands dans la cour du Musée Calvet
Frustrée d'être derrière mon poste de radio, hier, j'ai décidée d'être dans le poste, pour une fois. Enfin, c'est une façon de parler car aucun auditeur ne se rendra compte que je faisais partie des applaudisseurs quand il écoutera cette dramatique sur France Culture .
Donc, je me suis rendue au Musée Calvet pour écouter une lecture d'un texte de Joël Pommerat, Les Marchands.
C'est Fanny Contençon qui lisait, une voix très sincère, nous entraînant ans cette histoire, qui je dois l'avouer, pendant les vingt premières minutes, m'était parue légèrement ennuyeuse. Il était question d'une femme qui avait acheté un appartement et qui était surendettée. Puis, la banalité s'étoffe et on est entraîné dans un engrenage sordide, cynique reflet de notre société. Une usine d'armement est l'employeur principal d'une région. Menacée de fermeture, l'usine trouve une seconde vie grâce à une guerre bienvenue. Un superbe passage sur le travail, mot à la mode en ce moment, qui aurait pu être prononcé par notre Ministre des Finances. Tous ces êtres conditionnés aux vertus du travail ne vivent qu'en fonction de l'usine et se félicitent des premiers bombardements, nécessaires, malgré tout, à leur économie. On vit en équilibre dans un monde désiquilibré.
Joël Pommerat était dans l'assemblée et est venu saluer à la fin de la lecture.
Que dire de plus à propos de ce moment délicieux ? Que les cigales se sont tues assez tôt, qu'on nous avait distribué un éventail aux couleurs de France Cul et qu'on n'a pas eu à l'utiliser car une brise légère soufflait.
Et aussi, de se dire que c'est agréable de se sentir dans le poste !
08:10 Publié dans théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.07.2007
Il faut que l'on sache...
J'évite le plus possible de m'énerver sur ce blog, mais quand je reçois ce type d'information, je ne peux m'empêcher de la diffuser. Et que personne ne s'avise à me parler de la France, comme le pays des Droits de l'Homme, du pays des Lumières... Je ne veux plus entendre ce discours. C'EST DU PIPEAU ! Quand on lit ce qui va suivre, il n'y a pas de quoi être fier d'être français.
Point-Afrique et Afrikabidon organisent cet été la première édition des rencontres en ayant invité deux cents africains à Bidon dans le sud de l’Ardèche.
Ils sont peintres ou maçons, artisans ou forgerons, sculpteurs ou paysans, chanteurs ou griots. Au-delà d’un caractère festif, nous souhaitions présenter l’Afrique dans sa réalité du quotidien. Ils ne sont pas tous issus de l’élite mais représentent 95% de la population. Ils venaient présenter leur habitat, leurs outils, leur perception du continent africain.
Le Niger, le Mali, la Mauritanie, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Togo, le Bénin ont accordé leur visa à nos invités.
La représentation française au Sénégal en a jugé autrement. Motif évoqué par la fonctionnaire du service des visas à Dakar :
«Ces gens sont à la limite de l’indigence... Quant à vos artistes, leur talent n’égale pas celui d’enfants de quatre ans en France.»
Nous ne pouvons être accusés de légèreté. A la mi-décembre 2006, Maurice Freund, président de Point-Afrique, a rencontré à Dakar ambassadeur, conseiller culturel, directeur du Centre culturel français et directeur de l’Institut Léopold Senghor... Nous apportions toutes les garanties et ces invités ont tous une activité économique au pays, activité dont Point-Afrique garantit la pérennité par sa propre activité spécifique.
Il ne pouvait en aucun cas s’agir d’un danger d’immigration clandestine. Leur retour au pays était assuré.
Cet événement ne mettra pas en difficulté l’opération Afrikabidon mais il est le présage de ce que deviendront nos rapports avec l’Afrique de demain.
D’autres pays, venus souvent d’autres continents, s’implantent en Afrique, perçoivent la réalité et orientent leur concours dans d’autres directions que vers la minorité dirigeante d’aujourd’hui.
Cet incident peut paraître anodin, si il n’était pas révélateur du mépris que portent quelques fonctionnaires à la réalité sahélienne d’aujourd’hui.
Nous mettrons le drapeau sénégalais en berne tout cet été sur le site d’Afrikabidon.
Voir la page consacrée à cet incident sur le site d’Afrikabidon.
Salutations respectueuses,
Maurice FREUND
Président de Point-Afrique
De la même veine, j'ai entendu le brillant député de Vaucluse, Thierry Mariani à la radio, qui expliquait les bonne idées qu'il avait quant à l'immigration et au regroupement familial. Le coup de faire apprendre le français en deux mois à tout nouveau arrivant, sous peine, s'il n'y arrive pas, de le réexpédier d'où il vient, je trouve ça d'un cynisme incroyable. Dommage que je fûs en voiture au moment de l'interview car il aurait été intéressant de noter toutes les fautes que cet éminent homme politique faisait à chaque phrase qu'il prononçait. Il n'y a vraiment pas de quoi rire.
09:15 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
11.07.2007
Avignon, très cochon
Hier, je suis allée au cinéma à Avignon, voir Persépolis. Au passage, je le conseille vivement. J'étais déjà une inconditionnelle des BD de Marjane Satrapi et je reconnais que le passage au cinéma est réussi. Et puis, les voix qui doublent les personnages, c'est un véritable bonheur : entendre Catherine Deneuve et Danielle Darieux, c'est se replonger dans les Demoiselles de Rochefort. Et oui, je suis comme ça !
À part ça, nous sommes sollicités par des troupes du off, qui essaient de remplir leurs salles louées à prix d'or. Impossible d'entreprendre une conversation à une terrasse de bistrot car chaque phrase est coupée par un bonimenteur. Cette foire au théâtre, tous les ans, provoque le même malaise chez moi. Malaise car ce racollage n'est fait que par les plus modestes. En effet, pour les quelques pièces qui affichent des "noms", ça tourne sans problème.
Tiens, deux affiches qui parlent de cochon dans une même rue. Cela signifierait-il quelque chose ?
07:40 Publié dans la vie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
08.07.2007
Agnès Varda à Avignon
Dans deux lieux d'Avignon, Agnès Varda expose. J'en avais déjà parlé dans un précédent article et m'en réjouissais à l'avance. Ça y est, c'est fait ! Hier soir, je suis allée à l'inauguration en disant à qui voulait l'entendre que j'allais enfin pouvoir parler à Madame Varda que j'admire tant.
La première exposition était celle sur les justes présentée précédemment au Panthéon. Au centre, un cercle supporte des photos, celle de "justes" mais aussi d'anonymes car comme elle le dit, elle voulait rendre aussi hommage à ceux qui sont restés dans l'ombre. La majeure partie des photos est posée droite comme des livres ouverts car, pour elle, l'Histoire doit être debout pour être vivante. Autour de ce cercle quatre écrans présentent deux films simultanément. Ces films racontent la même histoire, celle d'individus qui au périls de leur vie ont caché des juifs pour les faire échapper à la déportation et à la mort. Ce sont les instants cruciaux de ces actes de protection qui sont filmés. Un des films est en noir et blanc, l'autre en couleur est filmé plus près des détails. À chaque saynette, le portrait des justes qui ont été les véritables acteurs de cette histoire. Sobre, quasiment sans parole, ces films sont des témoignages poignants, un hommage au courage de gens ordinaires. Madame Agnès Varda expliquait sa démarche devant un parterre de gens très comme il faut. Je ne parle pas de ma fille qu'on aperçoit derrière elle, mais il y avait Louis Schweitzer, Christine Albanel, paraît-il actuelle ministre de la culture, le maire de Berlin etc...Après nous avons couru à l'autre bout de la ville sous un soleil de plomb (ça y est, l'été est arrivé), pour voir la deuxième exposition alors que tout ce beau monde a eu droit à un car climatisé pour se transporter à la chapelle Saint Charles. Là, sont exposées le photos qu'elle a prises du TNP.
Beaucup de ces photos sont célèbres. Elle a saisi des instants qui ont fait le mythe du Festival d'Avignon.

Elle a, un instant seulement, posé avec les officiels, c'est à dire la Ministre de la Culture et le Maire de Berlin, pour aller papoter ensuite avec des amis sur un banc, demandant à la photographe de la Provence d'attendre un instant qu'elle ait fini ses bavardages.
Et moi, dans tout ça ? Et bien contrairement à ce que j'avais annoncé, je ne suis pas allée lui parler. Je me suis dégonflée. Une amie m'a dit : " Lance toi, c'est comme un saut en parachute." Justement, c'est bien ça le problème, oser parler à quelqu'un qu'on estime tant, c'est comme un saut en parachute et ça me fout la trouille !
05:30 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
07.07.2007
Conversation d'aubergines
14:40 Publié dans fruits et légumes étranges | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
















