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31.08.2007

La famille des carottes

Ce matin au marché, j'ai rencontré une famille de carottes.

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Elles s'entendent comme des doigts de la main.
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L'une, un peu acrobate, fait le trépied.
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d'autres discutent...
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Pour celle-ci, je vous laisse faire les commentaires.
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28.08.2007

cruche-fesse

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Hier, je suis allée à Nyons chez une amie et j'ai craqué devant une cruche, posée dans sa cuisine, qui présentait des fesses rebondies. J'ai pensé à Brigitte Bardot dans le Mépris en voyant ce bel arrondi. J'ai exprimé mon admiration, en imaginant comme il doit être délicieux de boire un petit rosé frais issu d'une telle cruche.
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Cette amie m'a dit :" Tu n'as pas tout vu !" Et elle a ouvert un placard qui recelait de cruches-fesses. Stupeur et joie !
Elle m'en a offert une !
En fait, je n'étais pas allée lui rendre visite pour ça, bien sûr. C'était pour voir l'exposition qu'elle organise tout l'été dans sa galerie, celle d'une peintre, Odette Deray. Celle-ci est née en 1918, ne peint plus depuis environ une dizaine d'années. Professeur de dessin à Paris, elle a peint beaucoup de scènes de métro où elle exprime très bien la solitude de ces individualités rassemblées. D'autres sont des intérieurs d'appartement avec toujours une part de mystère dans la scène peinte. Une cinquantaine de ses oeuvres sont rassemblées pour l'occasion. Pour ceux qui passent du côté de Nyons, je leur conseille de faire un crochet pour voir cette exposition (jusqu'au 15 septembre).

25.08.2007

Pas à pas des idées en vrac

Il est parfois des coïncidences dans les diverses choses qui arrivent dans la cervelle, coïncidence de temps qui font que deux se téléscopent. C'est ce qui s'est produit avant-hier dans la mienne. J'écoutai les conférences de Michel Onfray dans le cadre de l'Université Populaire de Caen, sur le thème de l'anti-marxisme de gauche. Il y parlait particulièrement de Bakounine. La société, pour lui, ne doit pas être bâtie de façon verticale, mais horizontale. C'est celle-ci qui permet la plus grande liberté car on ne se réfère plus à un État, un dieu, ou tout ce qui peut être "au-dessus". Évident, mais l'Homme en général préfère être soumis. De plus en plus, on dirait. Dommage qu'on ne puisse pas podcaster ces émissions passionnantes. Elles seront certainement commercialisées en coffret-CD par France-Cul. Pas très anarchiste, tout ça ! Donc, je continue dans mon histoire de coïncidence. Après avoir écouté cette émission, j'ai lu René Char, dit-elle, est mort. de Daniel Leuwers. Énième témoignage de ceux qui ont approché le poète. Plus ou moins intéressant. Il y a un passage, cependant, qui m'a amusée et qui faisait étrangement écho à la conférence d'Onfray.

Char me confia...(qu')il avait rêvé qu'il était un géant qui enjambait toutes les Sorgues de la région. Les habitants de l'Isle se prosternaient sur son passage, et il les bénissait, murmurant par-devers lui : " Bandes de cons ! bandes de cons ! "

Dans son rêve, il avait perçu l'humanité (et pas uniquement les habitants de l'Isle sur Sorgue) dans toute sa médiocrité.

Hier, je suis retournée aux Rencontres Photographiques d'Arles. J'avais laissé trop de lieux de côté, dimanche dernier, par manque de temps. Je suis allée voir à l'église Saint Anne la rétrospective Alberto Garcia-Alix. Outre le fait que c'est l'une des plus belles des Rencontres 2007, je voudrais parler de la contestation que cette exposition a engendrée. Je vous livre un extrait d'article paru dans Libération à ce propos :

Question esprit démocratique, Louis Imbert a quand même demandé l’annulation de l’exposition, après avoir exigé le rajout d’un livre d’or pour les mécontents. Lui qui dit «se ressourcer dans la prière» avait déjà envoyé une lettre au sous-préfet de la ville afin que soit interdite cette manifestation «vulgaire». Mais le secrétaire général de la sous-préfecture estime que «tant que l’exposition ne menace pas l’ordre public et les bonnes mœurs, elle n’a pas lieu d’être censurée».
Dernier argument du mécontent : les «honteuses photos» sont exposées dans une ancienne chapelle. « Irrecevable, rétorque Prune Blachère. En 1825, l’Eglise Sainte-Anne est devenu un musée archéologique, ce qui en fait un lieu exclusivement patrimonial et non de culte.» Et de calmer les craintes au sujet de la dimension choquante de l’exposition : «Dès la première semaine, on a mis un avertissement sur le contenu des œuvres exposées. Les gardiennes pouffent de rire : les visiteurs partent presque déçus car le choc et l’indignation n’ont pas lieu.»
Une des photos porte le titre suivant : Un homme avec une chemise trop propre n'est pas honnête. C'est cette phrase que j'ai écrite sur le fameux livre d'or, l'adressant à cet obscur Louis Imbert. Cette histoire nous rappelle étrangement, le saccage des livres de Lagrasse dont j'avais parlé dans un précédent billet. À ce propos on peut lire le communiqué de l'association Le Marque Page sur le site des éditions Verdier. Ce monde devient plus étroit tous les jours !

21.08.2007

Pas à pas photographique

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C'est amusant de se promener dans Arles, durant les Rencontres Photographiques, car il suffit d'observer les passants pour remarquer qu'ils sont nombreux à arborer un "reflex" en bandoulière ou, plus modestement, un "numérique" de base mais qu'ils abandonnent, un temps, la banale photo de vacances où on prend ses enfants devant un monument ou sa compagne du moment à la terrasse d'un café, pour faire de l'artistique, stimulés par les expos qu'ils viennent de visiter. Ça shoot partout dans les rues...
À part les passants, qu'ai-je vu ? La priorité était d'aller aux anciens Entrepôts SNCF qui regroupent plusieurs expositions.
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L'entrée se fait par une friche où sont présentées des photos du vil mur, côté Palestinien. Magnifiques.
Beaucoup de chose intéressantes à l'Atelier des Forges avec des photographes indiens, mais je dois avouer que c'est surtout à l'Atelier de Mécanique que j'ai été enthousiasmée par La Chine.61b1c585e571ad77cac673e3054876fd.jpg70e922cb6d095e52772c132ba859ea6e.jpg Un regard moderne sur ce pays en pleine mutation. Sans concession aussi. Limité par la censure, les Chinois dénoncent avec détours la société dans laquelle ils vivent. C'est un contraste notoire avec nos artistes occidentaux ou des anciens pays de l'Est qui expriment leur vision du monde souvent avec violence. On peut s'interroger sur l'impact de l'un ou l'autre mode d'expression sur le spectateur, d'ailleurs. La Chine montrée dans ces photos est celle qui se modernise, celle de futurs Jeux Olympiques, mais aussi celle des Droits de l'Homme bafoués. On le perçoit très nettement et c'est en cela que le regard de ces artistes est intéressant. C'est un équilibre entre recherche esthétique et témoignage. C'est le rôle originel de la photographie, depuis sa création, que ces artistes chinois ont conservé.
Je ne vais pas m'étendre sur l'exposition Magnum pour les 60 ans de l'agence. Rien de nouveau. Les diaporamas sont ennuyeux.
Puis, il y a une exposition au Magasin Électrique sur la Reine d'Angleterre (et oui !) depuis sa naissance jusqu'à aujourd'hui (elle a beaucoup changé !). Une autre est conscrée aux Présidents de la république (en cette année éléctorale, l'idée était toute trouvée). Il y a d'abord les portrait officiels de tous les Présidents français en commençant par Louis Napoléon Bonaparte et en finissant par qui vous savez... La dernière n'est pas la plus réussie. J'aimais bien celle de Giscard par Lartigue, même celle de Chirac par Bettina Rheims. Mais, la dernière, elle est vraiment minable.
L'autre partie de cette exposition est une commande à différents photographes de faire le portrait officiel d'une Présidente imaginaire. Souvent drôle (et beaucoup plus réussi que celle qui est accorchée actuellement dans nos mairies !).
Je voudrais revenir sur ce dont je parlais dans l'article précédent, les livres détruits à Lagrasse. Un des photographes participant à l'exposition Madame la Présidente, Luc Choquet, a repris une phrase de Kafka qui résume très bien ce que je ressens face à cet événement :
"Hélas ! Ce monde devient plus étroit tous les jours."

19.08.2007

Pas à pas

Je n'ai absolument pas envie de reprendre le blog. Les vacances au Pays Doré m'en ont éloignée, d'abord parce que je n'avais pas de connexion à domicile et aussi, parce que la vie "réelle" prenait toute la place.

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J'entends par vie "réelle" observer une famille d'oiseaux, faire des confitures, lire, lire et lire, écrire aussi, un peu...
Je vais quand même reprendre une certaine régularité sur ce blog, d'abord parce qu'il y a de fidèles lecteurs qui, malgré mon silence, sont venus régulièrement voir s'il y avait un signe de vie. Pour prendre un vocabulaire équestre, je vais commencer doucement, au pas, incapable que je suis de galoper en ce moment ; je n'arrive plus à m'émerver, je me fous "un-peu-beaucoup" de pas mal de choses.
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Quand je dis que je me fous de tout, ce n'est pas tout à fait vrai. Cet événement relaté très discrètement dans les médias, m'a fait froid dans le dos, reflet d'un obscurantisme qui gagne du terrain.
Certes, on a beaucoup plus entendu parler du hot dog convivialement partagé par les deux paranoïaques et de l'angine blanche de la Créature que de cet acte de destruction de livres. Autodafé ? Quand les Ministres, même en vacances, sont prêts à se déplacer sur les lieux d'un fait divers pour occuper l'espace médiatique et que même un président fait un aller-retour (à nos frais) pour écraser une larme devant les caméras à Notre Dame de Paris, on peut remarquer que la ministre de la Culture, elle, n'est pas allée à Lagrasse pour affirmer, comme le font ses collègues, qu'une enquête est en cours et que les coupables seront sévèrement punis. Des livres détruits, ça manque d'hémoglobine pour passer au 20h. Les accidents d'autocars font plus d'audience.
J'avais dit que je n'arrivais plus à m'énerver, après les vacances au Pays Doré. Il semblerait, pourtant, qu'il me reste encore un petit pouvoir d'indignation. Ouf !

06.08.2007

En direct du Pays Doré

Juste pour expliquer mon silence prolongé : je suis au Pays Doré

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Et même s'il n'est pas facile de trouver un brin de réseau pour internet, croyez-moi, la vie y est plutôt douce.
À la prochaine !

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