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26.02.2008

Pas de blog !

Pas de blog en raison du Carême
Je ne crois pas que ce soit la raison du "bug" rencontré depuis deux jours par les usagés de Haut et Fort et de Tout à fait décousu en particulier. Je profite d'un moment de fonctionnement, ne sachant pas si ça va durer, pour crier mon silence, haut et fort.

24.02.2008

Si je n'écris pas sur le blog...

Je tiens à préciser que si je n'écris pas sur le blog, ce n'est pas en raison du Carême ! Je m'explique : Cherchant à enregistrer (podcaster) une fiction enfantine sur le site de France Culture, je suis tombée sur une page qui m'a fait peur : Pas de fiction en raison du Carême. "Les enfants font pénitence ! "ai-je pensé. Ce sont les innocentes victimes de l'Église qui veut soumettre les jeunes générations à son autorité. 40 ans après 68, il est temps qu'elle reprenne tout ça en main.
Alors, jusqu'au 23 mars, on ne rigole plus en écoutant France Culture.
On fait ceinture.
Sur les tartines, plus de confiture.
Pauvres petits enfants !
Et puis, moi aussi j'aime bien écouter les fictions enfantines !
Je suis quand même allée voir le programme du dimanche. En fait, pour faire de la place sur la grille de France Cul, ils ont sacrifié les enfants pour y mettre deux émissions barbantes à souhait : une qui s'appelle Carême Protestant, et l'autre Carême Catholique (pas de jaloux). Ça donnerait presque envie d'allumer la télé !
Alors, si je n'écris pas sur le blog en ce moment, ce n'est pas à cause du Carême, du genre "je fais pénitence en ne mangeant plus de foie gras à tous les repas et en ne branchant pas internet". C'est que, pour ne pas sombrer dans la colère systématique alimentée par un pouvoir qui chaque jour avance vers plus de totalitarisme, je préfère me taire. Peut-être ne faudrait-il pas ?

19.02.2008

Une douce traversée du désir

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"On a, je crois, les déserts que l'on mérite. On a aussi, parfois, ceux que l'on porte en soi et ceux que l'on fantasme et qui ont le pouvoir de nous réduire, de nous diminuer jusqu'au dérisoire, jusqu'à l'imperceptible, à l'anéantissement ou, au contraire, celui de nous agrandir, nous élever, nous sublimer, aux dimensions d'un infiniment grand intérieur, de plénitude et d'accomplissement."

Ainsi commence le livre de Patrick Mialon, Désir d'Aubrac (le Temps qu'il fait-2001)d54f8bae7b4c9098f8baf6dd5709f29d.jpg L'ai-je mérité, mon désert, autrement appelé Pays Doré sur ce blog par ses habitués ? Je ne sais pas. Mais, je sais qu'il m'est de plus en plus difficile de m'en séparer. Le manque d'abord, puis le Désir du Désert grandit jusqu'au retour prochain. "Nous grandir, nous sublimer..." comme l'écrit Patrick Mialon, je n'irai pas jusque là. Mais, j'y perçois la sensation d'une continuité avec les éléments de la nature, avec le rocher de granit, le fût du hêtre, la terre humide, le cristal de gel qui donne cette sensation rare d'être vivant.

Alors, le retour est d'autant plus difficile. Comment s'intéresser aux municipales à Neuilly, aux municipales ailleurs, ou dans mon bled ? Comment trouver de l'intérêt à tous ces sujets qui me cause habituellement de vifs énervements ? Ça reviendra, j'en suis sûre. C'est une sorte de jet lag dont on finit par se remettre. Je ne sais qu'écrire sur le blog, tant mes idées sont ailleurs. Dans quelques jours, les effets du désert seront estompés. Il ne restera que le désir.

11.02.2008

En direct du Pays Doré

Utilisant le wi-fi du bar-épicerie du lieu, j'envoie quelques photos...

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10.02.2008

Sur la route...

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Nos habitudes impliquent un certain ordre dans la succession des choses, une vague cohérence de l'Univers. Or, voici que la réalité se propose à moi changée, irréelle. Quand un homme se réveille ou meurt, il met un certain temps à se défaire des terreurs du rêve, des préoccupations et des manies de la vie. Il faut que je perde maintenant l'habitude d'avoir peur des ces gens.
Adolfo Bioy Casares (L'invention de Morel)

08.02.2008

ce que disent les cartes...

Sylvie Durbec, triant ses archives, m'a envoyé cette carte. Une vue de Carpentras...

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Ce qui est beaucoup plus intéressant, c'est l'adresse, puisque les bons baisers sont destinés à un certain Simon, gardien au Château d'If, et à sa dame.
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Plus que le côté face de cette carte postale, c'est le côté pile qui fait voyager.
Donc je suis allée voir ce qu'aurait pu faire ce gardien à cette époque, époque que l'on peut situer au début du XXè siècle. D'abord, j'ai eu l'idée qu'il était gardien de prison, ce monsieur. On pense d'emblée au Comte de Monte-Cristo quand on évoque le Château d'If. Mais, cela semble peu probable car les derniers prisonniers sont des prisonniers de guerre civils (Alsaciens et Lorrains) en septembre 1914. Ensuite, le château fut dédié au tourisme, donc on peut penser que ce monsieur Simon aurait été le gardien dudit château.

L'hypothèse qui me plaît le plus est celle selon laquelle, Monsieur Simon aurait été le gardien du phare de l'île d'If et aurait vécu là avec sa famille. Wikipedia le précise :
Jusqu'en 1950, un gardien de phare et sa famille vivaient encore sur cette île.



La condition de gardien de phare paraît plus confortable au Château d'If, celui-ci pouvant y vivre avec femme et enfants. On est loin de celle décrite par Jean Claude Bourdais dangereuse, rude et solitaire.

Et comme tout mène à la malacologie, en parlant du Château d'If, il ne faut pas oublier de citer l'ouvrage de Bourguignat, 07f062c5708e98606cf447c243bc6420.jpg
consultable sur Gallica. Le célèbre Jean Péchaud fut un de ses élèves et continua ses travaux.
C'est fou ce que l'on peu faire dire à une carte postale...

06.02.2008

le 6 février

J'ai une affection particulière pour le 6 février.
Plusieurs personnes de ma famille mais aussi des amis sont nés ce jour-là. 454a6945f42d2e95841d13f1075ec97e.jpg Parmi les gens que j'admire, il y a François Truffaut, né le 6 février 1932. À l'époque du magnétoscope, dans les années quatre-vingts, j'avais constitué une collection de ses films, jusqu'aux Mistons (court métrage de 1957 avec Bernadette Laffont et Gérard Blain) qui à l'époque n'était pas si connu que ça. J'ai élevé me enfants avec ses films ainsi que ceux de Demy et je crois que ça n'a pas altéré leur goût. Ma collection de VHS est remplacée par des DVD maintenant. Il n'y a plus les "plus" enregistrés à la télé, genre les publicités ou les actualités dûs à une programmation large du magnétoscope pour ne pas rater le début ou la fin du film. Ces "plus" ont vieilli, pas les films de Truffaut.
Autre coïncidence avec le 6 février, c'est avec celui de 1919, date de la mort de Jacques Vaché.e6f52b3263ff5ce5bd43997b6dbf5d46.jpg Cet "agraphe tragique" comme le qualifie Enrique Vila-Matas est entré dans l'histoire en mourant. André Breton ne se consolera jamais de la disparition de son ami et fera de lui un des plus grands écrivains surréalistes. Écrivain sans oeuvre. Ou presque.
Aux Editions Dilecta est sorti récemment un ouvrage intitulé Les solennels dont, en hommage à "l'écrivain sans oeuvre", je vais citer un extrait:

Il est vraiment dommage que Gilles soit né avec un tablier et un gilet rayé alternativement jaune et noir.
Il est intelligent un peu, égoïste beaucoup, hypocrite encore plus : il aurait fait un bon bourgeois.

Un bel article sur sa mort ici.
Évidemment, il y a eu bien d'autres événement marquant un 6 février (l'inauguration de JO de Grenoble, l'assassinat du préfet Erignac, la naissance de Christine Boutin...) mais de ceux-là, je m'en fous. Ce soir, on souffle les bougies.

05.02.2008

C'est la saison des cartes de voeux. 2008 ! (encore)

C'est toujours la saison des cartes de voeux. La preuve : hier, j'ai reçu celle-ci.

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C'est de la part de Jean Chollet.
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Cet été, on a pu voir ces grands papiers dans une galerie de la région.

03.02.2008

Un mauvais rapport (suite)

Il m'arrive de me demander pourquoi je ne vais pas dans le sens du flot. Certains disent que c'est à cause de mon mauvais caractère, d'autres parce que je suis trop compliquée, d'autres encore parce que je me la pète... Alors, quand j'ai écrit ce billet sur Le rapport de Brodeck, je me suis sentie un peu seule sur mon rocher. Et croyez-moi, il n'y avait pas de provocation dans cette critique à contre-courant, mais uniquement de l'incompréhension face à ce roman.
Ça y est, je ne suis plus seule (ou presque) puisque Michel Volkovitch dans page d'écriture n°53 parue sur son site le 1er février 2008, écrit ceci :

On m'a aussi recommandé Le rapport de Brodeck, roman de Philippe Claudel (Stock), l'un des succès de la rentrée. Un gros roman fort ambitieux, sur le thème de l'exclusion d'un étranger par le groupe. Dans un village du fin fond de l'Europe centrale germanophone, un visiteur trop distingué, trop excentrique finit massacré par les hommes du coin ; le seul innocent, l'intello du bourg, rescapé des camps où l'avait envoyé sa différence d'origine, est chargé de rédiger un rapport sur le meurtre et se trouve lui-même sournoisement mis au ban.

Cela me gêne de démolir ce pavé. Non vis-à-vis de l'auteur, couvert de gloire et d'argent et qui ne me lira pas, mais par égard pour les amis chers et sûrs qui me l'ont conseillé. Pour eux j'aurais voulu aimer ce livre, adroitement construit par vagues de retours en arrière subtilement amenés. On y trouve plusieurs scènes puissantes. On y voit planer, c'est vrai, l'ombre de Kafka. Mais Kafka en aurait fait un récit d'une centaine de pages d'une maigreur tendue, inquiétante. Claudel, lui, se laisse aller. Il se fourvoie gravement dans les scènes du camp, frisant le Grand-Guignol, qu'il aurait dû totalement couper. Surtout, il se perd dans les détails oiseux, les circonvolutions d'un style fleuri, alourdi d'adjectifs et de comparaisons perpétuelles.

«La nuit avait jeté son manteau sur le village comme un roulier sa cape sur les restes de braise d'un feu de chemin. Les maisons, avec leurs toits recouverts de longues écailles de bois de pin, laissaient échapper des fumées lentes et bleues et faisaient ainsi songer au dos rugueux de vieux animaux des époques fossiles.»

Deux lignes plus bas :

«...ces dernières journées de septembre avaient été chaudes comme des fours de boulanger. Je me souviens que j'ai regardé le ciel et que je me suis dit, à voir toutes les étoiles ainsi pressées les unes contre les autres, à la façon d'oisillons qui ont peur et qui recherchent compagnie, que bientôt nous plongerions d'un coup dans l'hiver. L'hiver, qui chez nous est long comme des siècles embrochés sur une grande épée etc.»

Après avoir cru dix fois abandonner, je suis tout de même arrivé au bout en zappant les fioritures et toute la mauvaise graisse de ce livre obèse. Épuisé comme le visiteur d'une expo de peintres pompiers saoulé par un tourbillon de couleurs brutales comme des claques sonnant ainsi que des coups de grosse caisse !!!

Ce travail appliqué, scolaire, a obtenu le Goncourt des lycéens à l'unanimité. Que dire ? Les lycéens ont déjà fait bien pire en attribuant, par exemple, leur Renaudot de 2005 à Festins secrets de Pierre Jourde...


Je dois préciser que, même si certains exemples pris ça et là dans le roman de Philippe Claudel sont les mêmes que ceux que j'ai choisis, Michel Volkowitch n'avait pas lu Tout à Fait Décousu avant d'écrire son article.
Mais, maintenant, je me sens moins seule sur mon rocher.

02.02.2008

Drôles d'époques...

« On s’y fait, aux époques. On se case, on se coule dans l’événement. On s’y laisse secouer, cahoter et ballotter comme au fond d’un wagon à vaches. Et puis, on finit par se résigner et par se taire. » C'est une citation de l'écrivain Georges Hyvernaud que fait Martine Laval au début d'un de ses articles sur son blog. Il faut dire que le Georges Hyvernaud en question en avait connu une "drôle" d'époque, durant laquelle la "drôle" de guerre l'avait conduit cinq ans en captivité. La résignation dont il parle est un mal pernicieux.

J'ai reçu un texte inédit de Pierre Autin-Grenier extrait d'un futur ouvrage qui s'intitulera : « C’est tous les jours comme ça (Les dernières notes d’Anthelme Bonnard) ». Il y est question aussi de résignation.
Bien sûr, il s'agit d'une fiction. Enfin, c'est ce qu'on se dit pour se rassurer...

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FORCES SPÉCIALES



Vrai, ça n’en finit plus. Depuis hier après-midi, sur le coup des cinq heures à ce qu’il me semble, trois unités des forces spéciales se sont rendues maître de la place et, en un tournemain, ont passé la camisole à tout le quartier sans ménagement aucun. C’est donc la deuxième fois en moins d’un mois que nous sommes soumis à ces manœuvres d’intimidation arrogantes et brutales et devons subir sans broncher les désagréments qui en résultent, comme si l’autorité ne pouvait s’exercer que sous la menace et par les craintes qu’elle suscite. Ainsi dès l’aube était-il impossible de faire plus de trois pas sur le boulevard sans devoir présenter à tout bout de champ ses papiers d’identité, livrets militaire et de famille compris, à ces badernes en treillis dont les rustres manières ne portent guère plus à la plaisanterie qu’un écroulement d’immeuble au beau milieu d’une rue piétonne. Dans ces conditions, aller seulement chercher son pain ou tenter de s’approcher d’une bouche de métro pour gagner le centre-ville tient du parcours du combattant, exige une sérieuse maîtrise de soi en même temps qu’un système nerveux à toute épreuve. Certains sont sur le point de craquer, c’est patent.
Midi n’a pas sonné qu’on commence déjà à trouver le temps long, l’atmosphère par trop étouffante. Les nez s’allongent et sur les trottoirs les rares passants requis par leurs obligations pressent l’allure; la mine renfrognée ils vont sans voir les blindés postés à chaque coin de rue non plus les molosses démuselés qui salivent au pied des uniformes. Si tout un chacun adopte un profil bas, on sent dans l’air qu’une sourde colère contre le pouvoir et ses agissements couve dans les esprits; bientôt ce bouillonnement de révolte et de désirs trop longtemps contenu débordera sans doute les forces d’oppression, peut-être pourra-t-on espérer des jours meilleurs alors. Pour l’heure tout le monde serre les poings et s’interroge en son for intérieur quant aux raisons qui auraient pu motiver un tel acharnement à notre encontre. Certes notre quartier reste rebelle et frondeur, de renommée comme de par son histoire, et s’est organisée ici, mieux que partout ailleurs, une solide résistance au régime avant même que ses instigateurs ne soient parvenus à leurs fins mais, que je sache, nulle escarmouche non plus la moindre anicroche n’est venue troubler l’ordre public depuis belle lurette et le quotidien offre toutes les apparences d’un lieu calme et tranquille où la population vit et s’active au rythme des réformes en parfaite harmonie avec le pouvoir central.
Que faire face à cette politique de pression et de chantage dont nous faisons les frais plus souvent qu’à notre tour, et combien de temps cela va-t-il durer encore ? On ne sait pas.




P.A.G

Cette "drôle" d'époque dont il est question dans ce très beau texte, est-elle passée, présente ou future ?

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