31.12.2006
Les années se suivent...
Les années se suivent et parfois se ressemblent. L'an dernier, je m'étais replongée dans le poème de François Villon La Ballade des pendus, à cause de tous ces Pères Noêl made in China, accrochés aux façades des maisons et lamentablement tourmentés pas le vent. Sur feu le précédent blog, j'avais lancé une chasse photographique où j'avais récupéré pas mal de photos de ces Pères Noël made in China. Cette année, ils me semblent encore plus nombreux et leur fabrication par million par de petites mains chinoises a dû contribuer à gonfler le chiffre de la croissance économique de ce pays.
Aujourd'hui, si je ressors La Ballade des pendus, c'est pour un sujet d'actualité et ce n'est plus sur le ton de l'ironie. Je veux bien sûr parler de la pendaison de Saddam Hussein. Le bonhomme n'était pas des plus sympathiques, ne valait pas plus cher que Pinochet, avait lui-même ordonné des milliers d'exécutions capitales pour se débarasser d'opposants à son régime sans pitié. Mais, l'Occident, et notamment les deux compères Bush-Blair qui se félicitent d'un tel acte, ceux qui prétendaient envahir l'Irak pour y rétablir la démocratie, je trouve qu'ils s'y prennent vraiment mal.
Qu'est-ce qui a changé par rapport à l'époque de Villon ? Pas grand chose. Il aurait pu dire : fûmes occis
par justice aussi.
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre. Là, les choses changent. On ne laisse plus le cadavre exposé à la vindicte populaire ni aux intempéries. Quoique... Ces images (que je n'ai pas vues mais que France Inter racontait par le menu dans chaque flash d'info, hier), ont fait le tour du monde par les télés sattelitaires et internet. Des millions de personnes ont pu les voir. C'est beaucoup plus médiatique que de laisser le dictateur pourrir en prison à perpétuité. Méthode moderne pour exposer un cadavre à la vindicte populaire.
Demain, nous serons en 2007. XXIème siècle. Au lieu d'écrire, en titre, les années se suivent, j'aurais pu mettre les siècles se suivent, et rien n'a fondamentablement changé.
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24.12.2006
Les boules de Noël
Je ne sais pas pourquoi mais les tensions accumulées tout au long de l'année trouvent leur épanouissement à Noël. C'est l'occasion de se dire tout ce qu'on a sur le coeur, de vider le trop plein, en quelque sorte, de régler ses comptes. Ce n'est pas comme ça dans votre famille ? J'ai du mal à le croire. Ce matin, de bonne heure, en allant faire les courses, j'entendais des conversations ; il n'était question que de querelles familiales.
J'ai les boules... les boules de Noël, bien sûr.
Quand l'injustice, la mauvaise foi, ne viennent pas se loger dans les familles, c'est à l'extérieur (ou plutôt à l'Intérieur puisqu'il s'agit de son ministre chasseur d'enfants) qu'elles s'exercent. Je vous laisse lire les ignominies dont notre pays est coupable en cette veille de Noël sur le site de RESF
Là aussi, j'ai les boules... les boules de Noël, bien sûr.
09:23 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.12.2006
Les parkings et leurs auteurs...
Je voudrais raconter ma journée que je n'y arriverais pas, tant mon énervement à propos des parkings et des villes qui les font germer dans leurs sous-sols surpasse tout ce que je pourrais dire sur ma visite matinale à Léonce à Pernes-les-Fontaines sous un beau ciel d'hiver provençal, ainsi que sur la lecture de Jacques et son Maître par la Compagnie des Autres, écoutée ce soir. Je suis donc allée à N.(La ville préfère garder son anonymat, même si elle n'est pas la seule à être concernée par ce que vais dire. D'autres se reconnaîtront). Je cherche à garer mon automobile, dans un parking payant, dans cette ville, il n'y a pas le choix. (Je ne veux pas faire de la pub pour A. qui propose deux grands parkings gratuits, avec des navettes toutes les dix minutes qui déposent cinq minutes plus tard leurs passagers dans le centre.)
Pour aller le plus près de l'endroit où je devais récupérer les livres Cousu Main, j'avais repréré un parking qui, sur les panneaux, à l'entrée de la ville n'affichait plus que 21 places disponibles. "Vite !" Mais, c'était sans compter sur les bouchons dûs à une espèce la période de frénésie des jours qui précédent la date du 25 décembre. Arrivée au parking, 21 imbéciles étaient arrivés avant moi. COMPLET. Je décidais d'adopter le plus proche, qui, passant devant quelques minutes auparavant, semblait encore proposer des places libres. Mais, pour cela, un tour de ville complet est nécessaire.
Et les bouchons encore... Enfin, j'arrive dans ce maudit parking, descend jusqu'aux portes de l'enfer, soit le niveau -5, pour trouver une place. Une place, c'est un grand mot, pour l'endroit qui est réservé à ma voiture, ma foi de taille modeste, et qui m'oblige à 36 manoeuvres si je ne veux pas lui rayer les flancs. Pour retrouver l'air libre, il faut passer des portes de fer qui se referme derrière nous sans espoir de les ouvrir dans l'autre sens et monter un escalier de béton sale et sordide. Au retour, quand on veut payer, sinon on ne sort pas, il y a un véritable jeu de piste pour trouver la machine racketteuse. Traversant cet endroit sordide en quête de l'automate, j'ai, en plus glissé, sur une flaque d'huile. On ne rit pas !
Combien de temps va-t-on supporter qu'on nous traîte comme ça ?
- En Syrie, j'avais entendu parlé d'un architecte qui, à cause d'une idée malheureuse de restauration ratée de la mosquée d'Alep avait été jeté en prison et doit y être encore. Je me dis qu'en France, nos architectes ont bien de la chance, car, en construisant de tels parkings, sans aucun bon sens humain, ils jouissent de toute liberté de recommencer. Je n'irai pas jusqu'à la prison, mais du goudron et des plumes feraient très bien l'affaire.
- En plus, une bonne part de ces labyrinthes, appartiennent à la société Vinci. Vous vous souvenez de son charmant PDG Antoine Zacharias qui était parti les poches pleines, tout ça, grâce aux petits tickets, la rançon dont on s'acquitte pour ne pas finir otage du béton. J'ai appris que ce brave homme s'est installé en Suisse, comme Johnny Hallyday. C'est certainement pour le climat et le bon lait des alpages. La société Vinci ne s'intalle pas comme ça dans les villes, enfin, je ne veux pas être mauvaise langue, mais il doit y avoir quelques ententes avec les municipalités.
- Faire des parkings dans les centres des villes, et surtout continuer d'en faire prouve le manque d'imagination, de courage de la majorité des politiques locales.
Ira-t-on jusqu'à l'étouffement ?
Lyon : sol d'un parking
Comme disait Alphonse Allais, il faudrait mettre les villes à la campagne ! En attendant, je vis à la campagne et apprécie doublement après une telle épreuve.
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22.11.2006
Protégeons les enfants !
Le directeur des Beaux-Arts de Paris, Henri-Claude Cousseau, vient d’être mis en examen. On lui reproche d’avoir contribué à montrer des images à "caractère pornographique, violentes, portant atteinte à la dignité de l’enfant", dans une exposition au Centre d’arts plastiques contemporain de Bordeaux en 2000. J'ai entendu à la radio, la description d'une des oeuvres exposées par une dame membre de l'association La Mouette, association de protection de l'enfance. Elle parlait du zizi qui était représenté de façon non conforme et pouvait créer des angoisses chez certains petit garçons. L'argument est de poids.
Elle employait le mot "zizi", la gentille dame ! Question angoisses, elle devrait montrer un peu plus certains tableaux religieux de maîtres italiens ou flamands à ses petits-enfants, parce que pour les tortures en tous genres dans les profondeurs de l'enfer, c'est assez raffiné.
Par contre, j'ai entendu ce matin au réveil, lors des infos sur France-Inter, qu'on avait découvert une secte dans les Pyrénées Atlantiques, où les enfants vivent coupés du monde. Une personne interviewée disait : "Ces enfants sont tellement coupés du monde qu'ils ne connaissent même pas Zinedine Zidane." Affreux, non ? À vouloir trop les protéger...
07:25 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
15.11.2006
Le boulot des Minisitres de la Culture !
Hier, je suis tombée sur un article de Libération qui m'a laissée complètement KO. Ce ne sont pas les sujets d'énervement qui manquent quand on parcourt l'actualité, certes, mais là c'est plutôt la stupefaction et le désespoir qui ont été mes sentiments en lisant ces lignes. Les ministres de la Culture se réunissent à Bruxelles, non pas pour parler de théâtre, cinéma, littérature mais de la télévision et plus particulièrement de la publicité à la télévision ! Ils en veulent un peu plus, de cette bonne vieille pub, un peu plus qui coupe les films, les émissions. Et oui, être Ministre de la Culture, c'est vouloir abrutir le peuple avec de la publicité. Sachant que le téléspectateur pour recevoir la publicité pleinement doit avoir le cerveau disponible, on imagine d'ici, les programmes entre les spots publicitaires ! Ce devrait être le boulot du Ministre du Commerce, ça !
Hier, toujours, j'écoutais sur France Inter, la Bande à Bonnaud qui avait pour invité Bernard Stiegler. Celui-ci est philosophe, mais a eu un parcours particulier, puisqu'il est passé par la case" prison" et ce, pendant cinq ans. Cette expérience lui a complètement changé la vie, puisque c'est à partir de ce moment-là qu'il s'est mis a étudier. Il a pu le faire car il avait choisi d'être seul en cellule (quelque chose de quasiment impossible de nos jour à cause de la surpopulation carcérale). Le thème de la journée sur France-Inter était sur les États Généraux sur les prisons et évidemment, on lui a demandé ce qu'il envisageait pour faire des prisons françaises autre chose que ce qu'elles sont aujourd'hui. Sa première réponse fut de supprimer la télévision. Il explique très bien l'abrutissement qu'elle provoque, les tentations qu'elle suscite, le bruit qu'elle produit dans un milieu déjà très bruyant. Je vous conseille d'écouter sur le site la première demi-heure de l'émission de la bande à Bonnaud, car sa théorie est très intéressante.
Mais, je ne pense pas que sa proposition soit retenue. Le Ministre de la Culture, rentrant à peine d'une réunion avec ses homologues européens, pourrait s'y opposer farouchement.
09:05 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
14.11.2006
J'avais acheté Télérama !
J'avais acheté Télérama ! Et je l'ai lu. Enfin, j'ai lu les critiques de cinéma. Les programmes TV ne me concernent pas mais en plus je les trouve très complqués. Je ne sais pas comment on peut s'y retrouver là-dedans. D'ailleurs, savez-vous que la lecture d'un programme TV, pas de Télérama quand même, constitue un test de lecture du JAPD ? J'ai connu un jeune homme qui avait été élevé dans un foyer sans télévision et dont les parents avaient été alertés par l'institution persuadé d'avoir détecté un illettré, car il avait complètement raté le test !
En ce qui me concerne, j'arrive à lire les critiques de cinéma dans Télérama. Jusque là tout va bien. Donc j'ai joué le jeu. Je suis allée voir les deux films où le petit bonhomme sourit.
Le premier, c'est le Dalhia Noir. Pour moi, le film de De Palma est trop loin du roman, sophistiqué et à aucun moment crédible. À vouloir privilégier une autre histoire par rapport à l'intrigue même, il la rend confuse, presque incompréhensible. On ne s'y retrouve que si on a en mémoire le livre d'Ellroy. Si je veux être objective avec Télérama, il y a aussi une critique de ce film avec un bonhomme qui fait la gueule.
Le problème est surtout avec le deuxième film : Libero. J'aurais dû me méfier en lisant le sujet ! C'est le genre drame qu'on voit à la télé avec une dose de psycho et une dose de social, et je sais que Télérama est fan de ce genre de soupe. L'enfant joue très bien, certes, dans le rôle du mome dont les parents se séparent. Le seul fait original du film, c'est que dans le cas de cette famille, c'est la mère qui s'en va. Statistiquement, c'est plus rare. J'ai entendu après la séance, la réflexion qui m'a faite bondir : "Ca ne doit pas être facile pour un homme seul d'élever des enfants ". J'étais prête à lui répondre : " Parce que ça l'est pour une femme ?". Enfin, je n'allais pas me disputer avec le premier venu parce que j'avais passé 1h48 à voir un navet. Dans ce cas, je suis toujours de mauvaise humeur. Je déteste m'ennuyer au cinéma.
Le critique de Télérama ferait bien, de temps en temps, de se passer des DVD chez lui pour réviser ses classiques. En effet, oser comparer Libero aux 400 coups , c'est certainement parce qu'il n'a plus en mémoire ce chef d'oeuvre de Truffaut.
08:20 Publié dans Énervements, Film | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
09.11.2006
Et la poésie dans tout ça ?
Dans le dernier numéro (n°78) du Matricule des Anges, j'ai été impressionnée par le début de l'édito de Thierry Guichard :
Prenez un individu lambda. Vous-même par exemple. Faites, à l'instar de Chloé Delaume (J'habite dans la télévision, Verticales) l'expérience de vivre un temps sans éteindre votre télé. Visionnez Ruquier, regardez Bidule et Machin, la Pop Star'ac et les grandes émissions culturelle de Guillaume Durand. Puis, d'un coup (la rapidité d'exécution fera tout), ouvrez et lisez un livre de poésie. c'est plus fort que des champignons passés aux OGM dans un laboratoire de Corée du Nord, non ?
J'imagine le choc. Je l'imagine d'autant mieux, que ce choc je l'ai en sens inverse. Plus de télévision depuis un an et demi, il m'arrive de la regarder quand je suis en voyage. Regarder la télé, ça veux dire l'allumer sans choisir un programme et zapper. L'impression que j'en ai est que tout est factice, artificiel. Jusqu'aux informations qui doivent maintenir l'attention du téléspectateur et donc ne pas s'apesantir sur les sujets aussi peu glamour que la "crise des banlieues" et vite on le distrait en lui parlant de la tradition ancestrale et qui remonte à la nuit des temps (on aime les superlatifs) de la cueillette des cerises à la pince à épiler, (ce qui donne un goût particulier à la cerise) dans un bon village français. Tout ça, ça rend le cerveau disponible pour des boissons gazeuses, certainement.
La poésie ne vend rien et la poésie ne se vend pas. D'ailleurs, Thierry Guichard poursuit son édito avec la crise qui traverse l'édition, en parlant de la disparition de Al Dante et le malaise du Temps qu'il Fait.
Certes, la poésie n'est pas une fin en soi. Ce mot est utilisé pour tout et n'importe quoi. Comme l'écrit JC Bourdais, dans la poésie on trouve de tout, jusqu'à des happenings poétiques sur Google !
Ce qui est sûr, c'est qu'à la télévision, on peut chercher la poésie, je ne crois pas qu'on puisse la trouver.
Spectateurs attentifs, dans le cas contaire prévenez-moi, je serais prête à brancher l'antenne.
07:00 Publié dans Énervements, poésie | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
20.10.2006
J'en ai marre...
J'en ai marre des artisans. Que ceux qui ne font pas partie de de la catégorie ci-dessous décrite veuillent bien m'en excuser. Leur exception à la règle est tout à leur honneur.

La Première Entreprise de France comme ils aiment à se définir, est un repaire de poujadistes. J'utilise ce mot dessuet pour ne pas sortir des qualificatifs qui, pourtant, leur iraient beaucoup mieux. Je m'évite d'aller dans les excès. Mon coeur, vous comprenez...
Un pan de toiture menaçant de s'effondrer et laissant allègrement passer la pluie, il a été nécessaire de faire appel à la corporation des couvreurs. Après un devis sympathique (mais les médecins qui profitent de l'angoisse de leurs patients en leur demandant des dépassements d'honoraires, en liquide de préférence, ne valent pas plus chers), et l'acceptation de celui-ci, l'entrepreneur s'est cru bon de se lâcher... Une véritable diarrhée raciste est venue m'inonder. Prévenant comme pas deux, il m'a mise en garde contre ces jeunes... (excusez-moi, je censure) qui rodent, qu'un de ses amis gendarmes lui a dit que... et que dans la presse (et notamment la PQR qui fait ses bénéfices sur le foot et les faits divers) on disait que...
Je ne demande pas au artisans pour qui ils votent. Mais, qu'ils arrêtent de m'assommer avec leurs considérations minables !
Je m'étais faite avoir. Je venais de lui donner le premier chèque pour l'accord des travaux quand il s'est permis d'ouvrir sa gueule. Par peur que le ciel toit me tombe sur la tête, je dois, par Toutatis, accepter qu'un être qui me répugne entre chez moi et qu'en plus, je contribue à le faire vivre (plus que bien). Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, mais à chaque fois, quand je me suis faite avoir comme ça, je me déteste.
PS : Le nouveau slogan des artisans, pris sur leur site : L'air de rien, les idées des artisans ont de l'avenir. En 2007 ? Écoeurée, je suis.
00:15 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
02.10.2006
Famille, je vous...
Photo de Ronan Barrot
Allez, on va encore nous ressortir la célèbre phrase de Gide ! Il faut dire que l'actualité de ce jour apporte de l'eau au moulin de l'écrivain.
D'abord, regardons ce qui se passe dans la famille Royal, et ce n'est pas joli-joli. En effet, voilà qu'Antoine accuse Gérard d'avoir posé la bombe qui a fait couler le Rainbow Warrior, il y a vingt ans, tout ça pour embêter Ségolène. Celle qui venait de se déclarer candidate à la candidature à l'élection présidentielle s'attendait à des coups bas venant de ses opposants politiques ou de ses "amis" du PS, mais certainement pas de sa propre famille et des ses frères en l'occurence.
L'autre fait du jour, c'est la "révélation" du gendarme Etienne Sesma chargé d'enquêté sur le meurtre du petit Grégory, qui met directement en cause Bernard Laroche comme étant l'assassin de l'enfant. Celui-ci n'est autre que le cousin de Jean-Marie Villemin. La jalousie aurait motivé son geste. Ca non plus, ce n'est pas joli-joli. Christine Villemin n'était pas la mère infanticide. Tant pis pour Duras et son "Sublime, forcément sublime". Aurait-elle pu écrire, si l'enquête n'avait pas été étrangement manipulée par le petit juge, un "Minable, forcément minable" ? Je ne le pense pas.
Les familles sont les lieux où les bassesses s'exercent sans complexes jusqu'à finir, pas si rarement que ça, en boucherie (comme l'indique la photo !).
11:25 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.09.2006
Pas le temps...
Pas le temps d'écrire sur le blog en ce moment.
J'écris pour envoyer des lettres aux ministres, des mèls aux préfets de divers départements, tout cela pour essayer de sauver des enfants et leurs familles de l'expulsion.
La chasse aux enfants s'intensifie. Contrairement à ce qu'avait affirmé l'avocat à roulettes, les chaises se vident. Hier, on est venu chercher une petite fille de quatre ans dans une classe d'une école maternelle de Tulle. Un cas parmi d'autres...
Au revoir, les enfants !
16:00 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.09.2006
La censure continue !
Il m'arrive souvent d'égratigner Télérama sur ce blog car je ne suis presque jamais d'accord avec leurs critiques de cinéma; je les accuse de ceci, de cela. Mais, aujourd'hui je dois rendre justice à ce magazine. Dans un article de Libé, on nous parle de la campagne d'affichage annonçant la nouvelle formule de Télérama. Je dois dire = Pas mal !
Mais dans ce même article on apprend que Métrobus (la régie pub du Métro) refuse de la montrer. Censure ? Que j'ai l'esprit mal tourné !
Une fois n'est pas coutume, je vais faire dela pub pour Télérama en affichant l'affiche maudite sur le blog.
12:55 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
24.09.2006
Astrid-Mira
Pendant ce temps là, la chasse aux enfants continue. Astrid-Mira est en danger. En ce dimanche pluvieux, on peut copier la lettre ci-dessous et l'envoyer à JF COPÉ. Plus il y en aura plus ça aura de poids. Question d'avoir moins honte d'être français !
23 sept 06
Monsieur Jean-François COPÉ, ministre
délégué au Budget et à la Réforme de
l’Etat, Porte-parole du Gouvernement
139, rue de Bercy
75572 Paris cedex 12
Monsieur Copé,
Début septembre, vous êtes reparti du Salon du Livre de Moscou avec la photo d’Astrid-Mira dans la pochette de votre veste. C’est l’écrivain Marie-Aude Murail qui l’y a glissée, en vous racontant l’injustice qui , en France, frappait sa filleule républicaine et sa mère : la préfecture du Loiret leur a sans raison refusé le bénéfice d’une
régularisation au titre de la circulaire dite Sarkozy.
Vendredi dernier, par téléphone, le commissariat d’Orléans s’est enquis de la présence d’Astrid-Mira dans son école. Je tiens à vous faire part de ma profonde inquiétude pour cette enfant au sort de laquelle, avec tant d’autres, je porte une grande attention. Je n’admettrai pas que sa mère et elle soit expulsées. Son père a disparu dans la guerre. Sa mère y a été torturée. L’honneur de la France est d’accueillir avec bienveillance
cette famille, pas de la renvoyer dans un pays qu’elle a fui. Le comité de soutien à Astrid-Mira a sollicité un rendez-vous auprès du préfet du Loiret. Un dossier de recours hiérarchique a été envoyé au Ministère de l’Intérieur. Je vous demande instamment d’intervenir pour que soit réexaminé le dossier d’Angèle DENDE DJUNWA, née OMBA MPENDE, et qu’en aucun cas elle et sa fille ne soient ni arrêtées, ni détenues en rétention, ni expulsées.
Veuillez croire, monsieur Copé, en mes sentiments républicains et humanistes, et en ma haute idée de la France
09:40 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
23.09.2006
Il y a des jours...
Il y a des jours où on se demande ce qu'on fait là, au milieu. Suis-je devenue folle ou sont-ce les autres qui le sont devenus ? Je vis dans un pays que je ne comprends plus : La France ! Les sondages sortent les uns à la suite des autres et me donnent à désespérer. Désespérer ou avoir honte de vivre dans un pays où chacun ne pense qu'à soi, qui a peur de l'autre. Alors, la couverture de l'Express, cette semaine m'a interpellée : elle pose la question Faut-il avoir honte d'être français ?. Je croyais que c'était de la France de maintenant dont il était question, de ses opinions politiques qui tirent vers une droite extrême, de ses intellectuels auto-proclamés plutôt pitoyables, d'une création artistique en panne etc... Et bien Non ! C'est la sortie du film "Indigènes" qui suscite la question de la couverture du magazine. Est-ce que la France doit avoir honte d'avoir été colonisatrice avec tout ce que cela comporte, honte de son Histoire ? Accusant le film de faire dans les bons sentiments, pour eux, il n'y pas de honte à avoir. Il faut arrêter de se culpabiliser. Pour appuyer cette théorie, elle en appelle à un intellectuel, un de ceux dont je parlais plus haut : Pascal Bruckner ! Les commentaires de celui-ci sont très bien analysés sur ce blog.
En fait, si je dois répondre à la question de la couverture de l'Express, c'est un OUI qui me vient du coeur.
Et dans quelques mois, l'homme providentiel sera élu comme Président de la République. Honte d'être français, vous avez dit, Messieurs et Mesdames les journalistes de L'Express ? Il y a des jours où j'ai la nausée.
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07.09.2006
L'été violent, la Corée et une émission rigolote
Je ne sais pas dans quel ordre je vais énoncer tout ce que j'ai à raconter. La surprise est venue du facteur, d'abord. Je recevais ce matin, le récapitulatif des droits des ventes à l'étranger pour mes deux albums.
En ce qui concerne la Pologne, je savais qu'ils avaient été traduits car il avait suffi que je tape mon nom sur Google pour tomber dessus. Mais, en Corée, c'est une véritable surprise car je ne sais pas écrire mon nom en coréen. Quand on dit qu'on a la planète à un clic de souris, c'est sans compter sur les différentes écritures qui existent dans notre monde.
Quand je parlais de France Culture, j'ignorais qu'il avaient aussi des émissions très rigolotes. En effet, aujourd'hui, Tout arrive était consacrée à Chrisitne Angot. C'était un exercice difficile pour Arnaud Laporte qui ne savait plus quelle question lui poser tellement les réponses étaient vides (et même parfois, il n'y avait pas de réponse car le temps de poser la question, qu'elle se regarde le nombril, elle avait oublié la réponse. ) À se tordre de rire. Mais, le clou de l'interview, c'est quand elle a dit : "Vous voulez que je vous fasse une confidence ? Je n'en ai parlé à personne. Vous serez le premier à l'entendre. " Arnaud Laporte a dû se dire : "Ouf ! Je suis sauvé. J'en ai marre de tourner en rond." Alors, la voilà qui nous sort : " Ma fille m'a appris hier que son père allait se remarier. Avec une prof qui vient d'avoir son CAPES. À 40 ans... (rires) C'était une de ses anciennes étudiantes. Et bien, il veut m'écrire pour m'annoncer ça. Sa lettre je l'attends. Je l'attends, le facteur..." Et elle part dans son délire de commère. Et le pauvre Arnaud Laporte se demande intérieurement ce qui lui arrive. Dans la foulée, de cette émission qui m'a fait tordre de rire, je me suis dit qu'il serait bien de prolonger le moment. Étant de passage à la FNAC, j'ai ouvert au hasard son bouquin pour en lire des pages en diagonal. Je suis tombée sur une phrase où elle avoue qu'elle boit du whisky plutôt que du Champomy, mais elle se demande, deux phrases plus loin si se croyant être du whisky, elle n'est pas plutôt du Champomy. Sans commentaire.
Aujourd'hui, je suis allée voir L'été Violent au cinéma. C'est un film de Valerio Zurlani qui date de 1959. L'an dernier, j'avais été séduite par La fille à la valise du même rélisateur, un film de 1962 avec Claudia Cardinale et Jacques Perrin. Dans l'été violent, le sujet est plus grave. L'action se passe en 1943 à Riccione, sur la côte adriatique. Pour résumer, il s'agit d'une histoire d'amour sur fond de guerre. Pensant en être éloigné pour de multiples raisons, on est toujours rejoint par son horreur. Le réalisateur sait prendre le spectateur dans une romance qu'au bout d'un moment, il trouve un peu banale, mais c'est pour mieux l'en arracher et lui faire toucher du doigt, l'ignominie de la guerre. On pense à toutes celles qui ont existées, on pense surtout à l'été violent que le Liban a connu. Très fort.
Que dire de plus ? Que l'acteur principal est Jean-Louis Trintignant ? Je ne peux pas faire de commentaire sur ce fait. L'extase est totale face à cet acteur. Constante aussi, malgré les années...
22:05 Publié dans Énervements, Film, Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.09.2006
Quelle est la différence ?
Dans la région, le week-end était animé et à moins de cent kilomètres à la ronde, les universités d'été des partis politiques s'étaient données rendez-vous. Excluons d'emblée, celle de la Grande-Motte, l'université d'été de l'UDF. Pas grand chose à dire. Mais revenons plus près. À Avignon, il y avait celle du FN. Des manifs pour protester contre le parti de JM Le Pen s'étaient organisées. Je n'y suis pas allée car d'abord, ils étaient accueillis dans un lieu privé et qu'ensuite, c'est faire l'écho de quelque chose dont on n'a pas besoin de faire la publicité. Ce parti est légal. C'est regrettable.
Et à Marseille, il y avait l'Université des jeunes de l'UMP et qui vous savez. On ne manifeste pas dans ce cas ? Qu'est-ce qui différencie le leader de ce parti de celui du FN ? Aujourd'hui, on apprend que ses services ont fait placer à la DASS un enfant de deux ans parce que ses parents, expulsés du squat de Cachan, sont sans papiers. Ces méthodes sont indignes. Cela donne un aperçu de ce qu'il nous concocte quand il sera élu. Les médias complètement en mains, ainsi que la police et le pouvoir économique, ça fait froid dans le dos.
Si je compare les deux futurs candidats à l'élection présidentielle, je peux dire : "C'est bonnet blanc et blanc bonnet" ou plutôt "C'est chemise noire et noire chemise."
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03.09.2006
Retour...
Quand on parle de "retour" pour la majorité d'entre nous cela signifie "retour de vacances" avec des souvenirs plein la tête, cela veut dire aussi, pour les plus jeunes, "retour à l'école", avec plus ou moins de plaisir, certes.
Mais, pour certains, il n'y aura pas de retour à l'école et le mot retour signifie expulsion forcée de France pour revenir dans un pays qu'ils avaient fui. C'est le cas d'Astrid-Mira... Que pouvons-nous faire ? Envoyer des lettres au préfet du Loiret et à Nicolas Sarkozy, comme il est demandé sur le site. C'est bien peu de choses. Ces lettres partiront peut-être immédiatement à la poubelle. Mais, doit-on pour autant rester muets ? Dans un an, quand le pays sera devenu fasciste grâce au vote de nos concitoyens, aura-t-on seulement le droit de s'indigner ?
08:10 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
01.09.2006
Des ronds dans l'eau, le lapin et l'interview Angot
Le récit de la suite de mon voyage attendra car hier, je n'ai pas eu vraiment le temps...
D'abord, parce que je suis allée faire des ronds dans l'eau.
Comme il l'avait promis, le Mistral est tombé et s'est une légère brise qui nous a emmenés.
Puis, nous devions aller au cinéma mais la copie s'est égarée. La séance était reportée.
J'en ai profité pour prendre en photo, ce lapin, une "oeuvre" d'un collectif ami, collée sur une façade.![]()
Si haut perchée, je ne l'avais pas trouvée malgré les indications qu'on m'avait données.
Hier, je n'ai eu simplement le temps que de lire Libé... Et évidemment, je me suis énervée avec l'interview d'Angot. Je ne livre ici que quelques extraits :
Ce que je n'aime pas en province, c'est que les gens mettent l'accent sur la qualité de la vie. Le nombre de mètres carrés, le coût, la proximité, est-ce qu'il y a des bouchons, est-ce qu'il n'y en a pas, est-ce qu'il y a du bruit, est-ce qu'il n'y en a pas, est-ce qu'il y a la queue dans les magasins, c'est pas possible, ça me met hors de moi. Est-ce qu'il fait beau, dans le Sud il fait beau, c'est bien on peut se mettre en T-shirt au mois de janvier. J'ai vécu à Nice dix ans, à Montpellier dix ans. Les gens sont fiers de vivre dans le Sud parce qu'ils peuvent déjeuner le dimanche en T-shirt au mois de janvier. Ce n'est pas que ça me dérange, ça ne m'intéresse pas.
Mon commentaire : Affligeant de bêtise. Moi, je ne lui demande pas pourquoi elle vit à Paris et je m'en fous.
L'affaire Günter Grass, ça vous a intéressée ?
J'adore cette histoire. Parce que les Allemands sont verts de rage, et ils n'assument pas leur honte, pauvres Allemands, ils avaient un prix Nobel, ce prix Nobel a été nazi. Et ils ne le supportent pas. Je trouve ça lamentable. Je n'ai rien à dire sur Günter Grass, mais j'ai quelque chose à dire sur l'Allemagne qui ne veut pas entendre parler de son passé. Ils ne veulent pas. Ils sont convaincus qu'ils ont tout bien fait, qu'ils ont fait leur examen de conscience. Ils veulent recommencer à zéro, faire comme si ça n'avait pas existé, comme si le fait qu'il y ait des nouvelles générations faisait qu'il n'y en avait pas eu d'anciennes.
Mon commentaire A-t-elle seulement mis un pied en Allemagne, a-t-elle parlé avec des allemands un jour dans sa vie ? Je pourrais lui présenter, par exemple, des allemandes, amies de ma fille, nées en 1989, l'une à l'ouest, l'autre à l'est et l'une comme l'autre pourraient lui dire combien l'Histoire de leur pays pèse lourd sur elles, que leur génération n'arrive pas à se défaire de cette culpabilité. Un petit voyage à Berlin pour voir comment un pays cultive sa mémoire même si ça fait mal, lui ferait du bien. Mais elle ne le mérite même pas. La mère Angot ne vit que dans son microcosme littero-parigo-intello-branché. Indécrottable !
L'interview vaut son pesant de cacahuètes en banalités et idées creuses. Mais, rien que d'écrire ces lignes c'est déjà lui accorder plus d'importance qu'elle n'en mérite.
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31.08.2006
Du goudron et des plumes
J'en avais parlé, de cette idée de promener les hommes (ou femmes, mais la parité étant ce qu'elle est dans notre pays...) politiques dans la ville, enduits de goudron et de plumes, s'ils avaient été coupables de vilains gestes vis à vis de l'argent public. Avec le retour de Juppé, je trouve que mon idée est de moins en moins loufoque.
Après avoir été condamné pour les emplois fictifs de la ville de Paris, à 10 ans d'inéligibilité, ramenés à un an et 14 mois de prisons avec sursis après appel, ce cher homme est de retour. Il revient à Bordeaux, dissout le conseil municipal qui avait pris en charge la ville, devant sa défaillance, et réorganise des élections avec le vif espoir de retrouver son trône. S'il est réélu, comme cela s'annonce, c'est à désespérer de ce qu'on appelle, dans notre pays, la Démocratie. Je reste persuadée que plutôt que de le juger, le rejuger pendant des années, si on lui avait fait faire un tour de la ville qu'il aime tant, à califourchon sur un rail (du tramway dont il a été à l'origine des travaux... Quel homme !), couvert de goudron et de plumes, les électeurs bordelais garderaient une autre image de leur ex-maire et n'auraient pas envie de revoter pour un homme qui s'est rendu si minable. À la place de ça, il est allé passer un an au Québec et y enseigner (l'art de frauder ?) dans une université.Je me demandais tout à l'heure si le mec "normal" qui a purgé un an de prison pour avoir fait une bêtise pas jolie-jolie, à sa sortie, est-ce qu'il retrouve son boulot, est-ce qu'il est applaudi, est-ce sa blonde l'a attendu etc...????
Photo : Oeuvre de Gilles Barbier
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20.08.2006
Obsessions
Je ne suis pas très bavarde, en ce moment, sur ce blog. Enfin, disons que je préfère me taire car j'ai peur de saouler tout le monde avec mon radotage. Oui, je radote car j'ai des obsessions.
Quelles sont-elles ?
Le Liban et plus largement le Moyen-Orient, et puis, ce qui se passe en France avec les menaces que le Sarko et sa clique font peser sur les sans-papiers.
Par exemple, quand j'ouvre les journaux (Merci, je n'ai pas la télévision) ce sont les articles qui ont trait à ces problèmes qui m'intéressent. Et uniquement eux. Le reste, je ne le regarde même pas. Les pages Culture, je m'en fous. Il faut dire que même la culture est en vacances. Les expos dont on parle sont hors de France et leurs comptes rendus remplissent des colonnes qui sans ça seraient désespérement vides. Au cinéma, on joue, comme disait ma grand-mère, " Le repos des banquettes". Quant aux livres, les journalistes littéraires sont à présent sous emphétamines en prévision de la rentrée pléthorique qu'on nous promet.
Alors, qu'est-ce que j'ai lu aujourd'hui en ouvrant Le Monde ? Le très bel hommage que l'écrivain israelien, David Grossman, a rendu à son fils mort dans cette guerre qu'il avait dénoncée (enfin à partir du 9 août). Quelle absurdité tout ça !
Non ! je ne lis pas que les journaux... Je suis toujours dans Proust, la fin du tome 1 de la pléïade. Plus que deux tomes et c'est fini. pour me distraire, je lis la biographie de Proust de Jean-Yves Tadié.
Que 960 pages ! Et pas en collection de poche, donc très lourd et je commence à avoir des douleurs dans les poignets car la manipulation au lit (ailleurs, c'est impossible) est très fatigante.
Du plus léger ? Oui, un peu de poésie. Les Carnets de poésie d'Eugenio Montale bilingue.
avec les traductions de Patrice Dyerval Angelini. Celui-ci a traduit aussi des poèmes de Paolo Ruffilli, Chambre Noire, parus aux éditions de l'Amourier. J'avais eu le plaisir de les rencontrer tous les deux lors de la fête des amis de l'Amourier à Coaraze. J'en avais profité pour faire dédicacer mon exemplaire. Un de plus pour ma collection ! Quand je vous dis que j'ai des obsessions...
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18.08.2006
Les dessous de l'affaire...
Il y a deux jours, le quotidien libanais "As-Safir" a traduit des fragments d'un rapport présenté, sur un site Internet, par Wayne Madison, actuel journaliste au "New Yorker", chargé de suivre les développements politiques de Washington, mais aussi les nouvelles de la "Security of States", dont il fut l'un des responsables, et de la CIA.
Ce rapport fait suite à l'article publié par le "San Francisco chronicle", au début de la guerre israélienne contre le Liban et confirme ce que tout le monde savait déjà : Le président des Etats-Unis, Georges Bush, et le vice-président, Dick Chenney, ont donné, il y a deux mois, à Israël le feu vert pour attaquer le Liban. Cependant, ce qui fait son importance, c'est que son auteur fut le premier à parler de la prison d'Abou Ghraïb, en Irak, et des atrocités que les troupes d'occupation américaines y avaient commises.
Que dit en substance le rapport ?
Premièrement, il précise que l'agression contre le Liban fut planifiée par des responsables israéliens haut placés et des membres de l'administration de Georges Bush, les 17 et 18 juin passé, lors d'un congrès tenu à Beever Creek-Colorado par l'American Enterprize Institut.
Deuxièmement, la réunion de coordination qui avait eu lieu alors avait rassemblé, en plus du Vice-président américain, l'actuel Premier ministre israélien, Ehoud Olmert, et trois ex Présidents du Conseil, Benjamin Netanyaho, Ehoud Barak et Shimon Pérès... Sans oublier le député Nathan Charansky...
Troisièmement, Les deux parties en présence s'étaient mises d'accord sur le plan suivant : L'administration américaine actuelle donnerait toute l'aide nécessaire à Israël, afin que cet Etat puisse mettre en exécution le plan élaboré, depuis dix ans déjà, sous le nom "Clear infiltration" et parlant essentiellement des nouvelles stratégies en matière de "sécurité" dans le monde. Ce plan fut mis au point, entre autres, par Benjamin Netanyaho, Richard Pearle et Douglas Fith...
Quatrièmement, Ce plan constitue, en fait, la seconde étape qui doit faire suite à l'invasion et l'occupation de l'Irak. D'ailleurs, les deux plans ont été étudiés en même temps et ils stipulaient que le commencement doit se faire en Irak et qu'il sera rapidement suivi par des guerres en Palestine, au Liban, puis en Syrie et en Iran.
Cinquièmement, pour exécuter un tel plan, deux étapes furent prévues : la première, préparatoire, d'une durée de quatre ans, prévoit "des activités secrètes de la part du Pentagone, de la Maison blanche et du Mossad à l'intérieur du Liban, dont des assassinats à la voiture piégée de responsables libanais haut placés. Le but : obliger les troupes syriennes à se retirer"... Puis, l'auteur du rapport cite trois noms de responsables : Elie Hobaïka (ancien ministre, passé de la direction des "Forces libanaises" aux Syriens), Georges Haoui (ex secrétaire général du Parti Communiste Libanais) et Rafic Hariri (ex Premier ministre du Liban). Quant à la seconde étape, elle comprend le bombardement puis l'invasion du Liban.
Sixièmement, l'auteur du rapport dit que John Bolton, ambassadeur US à l'ONU, a dévoilé l'étape qui doit faire suite à ce plan dans une interview donnée à "Fox news". Il explique : "Je pense que si vous regardez le soutien de l'Iran et de la Syrie à des groupes tels que le Hamas, le Hezboullah et le Jihad islamique, vous saurez que ce ne sont pas les organisations terroristes qui auront à rendre compte de ce qui se passe, mais aussi les Etats qui les financent".
On se doutait bien que cette guerre n'était pas spontanée contrairement à ce qu'on voudrait nous le faire croire. Il n'est qu'à observer ce qui se passe dans cette région depuis des mois. L'assassinat de Rafic Hariri mis sur le dos de la Syrie (Quel intérêt aurait-elle eu à un tel acte ?), le départ des troupes syriennes du Liban, ça sentait le coup fourré. Et la France qui se fache avec la Syrie pour un retour en grâce auprès du grand frère américain, ça fait un peu beaucoup.
Le prix de cette mascarade ? Des centaines de vies d'enfants, de civils, une marée noire, un pays détruit (mais, ça c'est pas bien grave : les entreprises sont à pour les reconstruire et par ici le pognon !)
J'ai la nausée...
08:00 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
12.08.2006
N. SARKOZY fait mentir A. KLARSFELD
Le médiateur avait assuré qu’il n’y aurait pas de famille expulsée avant le 13 août
Une famille ukrainienne expulsée le 12 août à l’aube
Hier matin, une famille ukrainienne convoquée une seconde fois dans le cadre de la circulaire du 13 juin, a été arrêtée au guichet de la Préfecture de l'Essonne, au moyen d’une convocation-piège, et placée en rétention à Rouen-Oissel. Les parents, KOSTYUBA Alexandre et Inna, sont arrivés en France en octobre 2002, leur enfant Vladislav est né le 30 janvier 2003 à Corbeil Essonne et est scolarisé depuis septembre 2005 à l'école maternelle la Nacelle de Corbeil Essonne. Leur demande d'asile a été rejetée ainsi que leur demande de réexamen Un arrêté de reconduite à la frontière leur a été notifié par voie postale le 19 mai 2006.
Ils ont déposé une demande dans le cadre de la circulaire le 30 juin dernier. En Ukraine, M. KOSTYUBA a un diplôme de Manager en organisation (Bac + 5) et en France une promesse d’embauche comme peintre en bâtiment. Madame a également un diplôme de comptabilité financière, et une promesse d’embauche en France
Convoqués une première fois le 1er août, ils ont reçus ensuite une deuxième convocation par la poste pour ce jour, avec précision faite d'amener leur passeport.
Ils ont été arrêtés, placés en garde en vue, autorisés à prendre deux valises chez eux, et emmenés au centre de rétention de Rouen Oissel (prévu pour les familles !) Ils seront emmenés demain vers Roissy à 2 heures du matin , pour un vol pour Kiev à 7h15 .
De toute évidence, rien n’a été improvisé par la préfecture : les billets d’avion étaient prêts, et la police n’a pas manqué d’insister pour qu’ils n’oublient pas d’apporter leurs passeports.
M. SARKOZY se targue d’une extrême humanité en acceptant de régulariser, à titre tout à fait exceptionnel, 6000 familles parmi toutes celles qui ont placé leurs espoirs dans la circulaire du 13 juin, celles qui d’après ses services zélés, remplissent les six critères énoncés. Des familles ont déjà reçu des refus, pour défaut d’attachement manifeste à la France.
M. et Mme Kostyuba veulent vivre en France, leur fils y est né et ne connaît que ce pays. Lors du premier entretien, on leur a dit que tout allait bien, ils sont en ce moment totalement choqués de ce qui leur arrive.
Ce qui leur arrive est incompréhensible pour cette famille parfaitement intégrée, révoltant, inacceptable et machiavélique. Le médiateur avait assuré qu’il n’y aurait pas d’expulsion de familles dans le cadre de la circulaire d’ici le 13 août. Ce qui leur arrive, si nous ne pouvons nous y opposer, est indigne pour la démocratie que la France assure défendre et représenter dans le monde, indigne pour les fonctionnaires chargés d’exécuter ces basses oeuvres au point que le Conseiller de M. Sarkozy, Maxime Tandonnet, présent au ministère lors de l’appel de RESF, a refusé de répondre.
Le 11 août au soir, profitant courageusement du vide espéré ce long week-end, le message envoyé par M. Sarkozy est celui de l’ouverture effective de la chasse aux enfants.
Le Réseau Education sans frontières demande que l’APRF de la famille Kostyuba soit immédiatement annulé, la famille remise en liberté, et que des titres de séjour lui soient accordés.
Adressez vos protestations :
Fax du Ministère de l’Intérieur : 01 49 27 45 92
Préfecture d’Evry : fax : 01 69 91 96 07 et 01 64 91 90 59
Tel : 01 69 91 90 59 et 01 69 91 91 91
Honte à la France ! J'ai une envie de la quitter comme dirait l'autre.
Dernière info : L'avion est prévu pour KIEV à 7 h15 à Roissy, aérogare 2 B
Rendez vous , si cela est confirmé, à 5h45 pour avoir le temps de parler aux passagers .
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11.08.2006
Pitoyable Royal de Luxe
Dans la région, le Royal de Luxe était annoncé à grand renfort d'affiches. D'ailleurs, on aurait dû se douter de quelque chose à la vue de ces affiches énigmatiques ne disant rien sinon que la célèbre troupe venait au Pont du Gard de telle date à telle date. Trop flou pour être honnête.
Je n'aime pas ce lieu depuis qu'il a été refait. Site naturel du Pont du Gard, payant dès le parking, sécurisé, rentabilisé... rien à voir avec ce lieu sauvage que je connaissais par coeur, montant sur les différents étages du Pont sans interdiction, longeant les rives du Gardon tant qu'on le souhaitait (sans barrières) et surtout gratuitement et sans agents de sécurité partout. On me répond qu'avec l'afflux de touristes il fallait bien faire quelque chose. Si le lieu était resté tel quel, les touristes se seraient désespérés d'ennui (la baignade et l'aqueduc romain ne suffisent pas à les distraire) et ne seraient plus venus.
Puisqu'il faut rentabiliser le site, on fait venir des spectacle. La nuit, le jour, les parkings se remplissent et le poches des exploitants de l'endroit aussi. Ce soir et jusqu'au 15 août, c'est au tour du Royal de Luxe de prendre possession du lieu. Je dis bien possession du lieu car moi, j'avais imaginé le spectacle comme ça.
Un géant, il y en avait bien un, dans une chaise longue au milieu du gardon en train de prendre un bain de pieds. Un géant et un pont gigantesque, voilà de quoi faire un grand spectacle pour Royal de Luxe. Et bien, non. Le spectacle avait lieu sur une piste en plein air, de 10 m de rayon. On n'entendait pas la moitié de ce qu'ils disaient car le vent était fort et envoyait les voix d'un côté et le sable dans notre gueule. La foule s'était agglutinée autour de la maudite piste et rendait la vision du spectacle minimaliste du Royal de Luxe difficile, sinon impossible à suivre. En plus le spectacle en lui-même n'avait pas beaucoup d'intérêt non plus, la solution du repli fut décidée au bout d'une demi-heure.
Ce site, propre et réglementé m'ennuie. J'en ai marre de cette façon de faire des animations autour de monuments pour les rentabiliser, comme celles, minables, autour de la Maison Carrée, par exemple. On presse le touriste toujours plus.
Quand je pense à mon lever de lune que j'ai pu admirer sans payer, dans le calme, entre amis, je me fais du souci et me dis que bientôt une société exploitera cet événement pour en faire un show.
Quant au spectacle du Royal de Luxe au Pont du Gard,
n'y allez pas !
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02.08.2006
Quand le poète s'en mêle... Parole à Bernard Noël
On assiste, de notre été caniculaire, à ce qui se passe au Moyen-Orient. On assiste impuissamment à l'humiliation, la destructuction d'un pays, le Liban, le juste (pour certains) prolongement de l'anéantissement, l'humiliation, la destruction d'un autre, la Palestine. L'impuissance est d'autant plus grande que l'indignation, la douleur est immense vis à vis de ces peuples et l'absurdité de notre monde. Alors, des voix s'élèvent, seules armes face au massacre. Par exemple, JCB a choisi une illustration pour exprimer son désarroi. Bernard Noël, lui, a choisi ses armes, les mots (que je vous conseille de lire en cliquant), pour dire combien cette situation le révolte. Ce texte dit tellement bien combien l'injustice, l'hypocrisie dominent notre monde au profit d'intérêts qui nous dépassent et dont l'humain est une notion complètement niée. Les poètes plus forts que les diplomates ?
15:20 Publié dans Énervements, poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
31.07.2006
ASSEZ !
Ce STOP, d'autres l'ont appelé ASSEZ. C'est le titre d' un article paru dans Libérartion jeudi dernier écrit par Etienne Balibar, Suzanne Citron, Stéphane Hessel, Henri Korn, Gilles Manceron, Abraham Ségal et Pierre Vidal-Naquet. On a appris la mort de ce dernier. Ce fut son ultime engagement.
Et le massacre continue...
09:30 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.07.2006
Aïssata et Vincent Bioulès
En cette période de vacances, j'aurais aimé parler de sujets plus légers, lacher un peu la pression, mais dans ma boîte à mêl il arrive des courriers qui rappellent que l'été c'est la grande période de la Chasse aux Enfants (Aminata Sambou a été expulsée vendredi après-midi) et que dans les aéroports, il n'y a pas que des touristes qui prennent l'avion. Ce matin, c'est le cas d'Aïssata, de son frère Mohamed et de leur maman Myriam dont il est urgent de s'occuper. Leur histoire est tout simplement ubuesque, mais non moins tragique. Je reproduis ci-dessous un modèle de lettre pour faire pression sur les chasseurs d'enfants. C'est plus facile ainsi. On n'a pas toujours l'inspiration pour écrire au ministre de l'Intérieur.
Monsieur le Ministre,
Je me permets d'attirer votre attention sur la situation de Mariam Sylla et de ses deux enfants scolarisés et nés en France.
Vous savez qu'on refuse aujourd'hui à cette femme la possibilité d'être régularisée au titre de votre circulaire du 13 juin, bien que cette famille réponde à tous les critères .
Mais Mariam Sylla possède depuis le 30 mai un visa touristique valable trois mois. Non pas qu'elle passe des vacances dans notre pays, dans lequel elle se trouve par ailleurs depuis 1999... Mais c'est ce visa qu'on lui a remis pour lui permettre de revenir en France après l'annulation de son expulsion au Mali.
Or c'est à cause de ce visa qui finira au 30 août qu'on lui refuse aujourd'hui la régularisation !
Cette situation me paraît profondément insensée et injuste. C'est pourquoi je vous demande d'exiger du Préfet du Loiret qu'il régularise au plus vite Mariam Sylla au titre de la circulaire du 13 juin, afin que cette femme et ses enfants puissent enfin vivre en toute quiétude parmi nous.
Avec mes salutions et mes remerciements citoyens
Nicolas Sarkozy
Place Beauvau
75008 Paris
Une copie à :
Monsieur le Préfet
Préfecture du Loiret
181, rue de Bourgogne
45000 Orléans
une deuxième copie à :
RESF 45
10 rue Molière
45000 Orléans
Je n'ai jamais été aussi heureux dans ma vie , que pendant l'été 1956, où après avoir été collé au baccalauréat, j'ai été contraint de venir passer le mois d'août à Montpellier pour travailler. J'étais seul chez moi, avec mon père, et je menais une vie d'une grande austérité. Le soir, après un repas frugal, il m'arrivait de me promener. Montpellier au mois d'août, en 1956, était entièrement vide. On ne pouvait rencontrer personne, et je me promenais dans les rues totalement désertes. L'ennui que je pouvais y éprouver était totalement délicieux, car seul l'ennui, seule l'absence, seul le manque peuvent nous conduire, justement, au véritable désir. Nous ne pouvons avoir une expérience de l'amour que dans l'absence, et le désir sexuel, le désir du partage prennent leur consistance et leur valeur dans l'expérience de la solitude et de l'absence. Ce vide, ce creux que nous éprouvons lorsque nous nous promenons dans la nature, nous l'emplissons justement de ce besoin intime.
07:45 Publié dans Art, Énervements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.07.2006
Le professeur et le poète
Les messages de prévention en cette période de canicule n'arrêtent pas sur France Inter. C'est un certain professeur San Marco qui conseille à l'auditeur de boire de l'eau, d'ouvrir les fenêtres, de les fermer (je ne sais plus dans quel ordre !) de s'humecter le visage et les avant-bras (que fait-on de cuisses et des mollets ?), enfin qui dit plein de choses sensées... Hier, une amie m'a demandé s'il existait vraiment ce Professeur San Marco et si ce n'était pas une invention du ministère de la Santé. Je peux solennellement, ici, vous le révéler :
Le Professeur San Marco existe, je l'ai rencontré !
D'ailleurs, voici une photo que j'avais faite de lui en 1998 alors que je travaillais pour le journal La Provence. Il était venu dans un lycée du coin expliquer que la drogue, c'est dangereux. Cet homme a un travail passionnant : il enfonce des portes ouvertes, il énumère des évidences... J'aimerais bien voir son laboratoire où il fait tant de recherches qui le mène vers les conclusions qu'il nous fait partager sur les ondes de France Inter. A-t-il essayé d'humecter les mollets de cobayes et a-t-il constaté qu'ils étaient morts déséchés sur une paillasse, pour nous dire que ce sont les avant-bras qu'il faut mouiller ?
Bon, je me suis assez moquée. Revenons à des choses plus sérieuses : la poésie.
Hier, je lisais dans la Revue des Deux Mondes un article sur Freud et la langue allemande où l'auteur, Georges-Arthur Goldschmidt, démontre que Freud n'aurait peut-être pas établit sa théorie psychanalytique s'il n'avait pas été de langue allemande. Il parle aussi de la distance qu'il existe entre le français et l'allemand et que les mots dans l'inconscient n'ont pas le même sens. Il donne aussi une sorte de définition du poète que je trouve intéressante :
Disons que la matière brute est la même, mais que ce que le poète "se cache", Freud le lui révèle. La poésie, indépendamment de la forme que le poète parvient à maîtriser, consite surtout à ne pas savoir ce qu'on dit, car si vous savez ce que vous dites, vous n'êtes plus poète. Quand on écrit , on ne sait pas ce qu'on fait et Freud savait sur un plan médical ce que les autres écrivaient.
07:05 Publié dans Énervements, poésie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
26.07.2006
Basta !
J'arrête ! Le Festival, c'est terminé pour moi cette année. La chaleur, la foule, la fatigue, c'est trop... Pourtant, le bouche à oreille fonctionnant bien -la meilleure publicité disait Pascal Thoreau-, on me parle de spectacles en off à voir absolument. Tant pis. Plus pour moi.
11:15 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21.07.2006
J'en ai marre
J'en ai marre... Est-ce l'expression qui convient ? Je suis loin de la réalité de ce phénomène de saturation et d'énervement que je ressens.
J'en ai marre de voir des pièces qui m'ennuient . Hier soir, encore le Marathon Festival d'Avignon. C'était pour Les Barbares de Gorki, mis en scène par Éric Lacascade. Sur l'immense scène dans la cour d'honneur, j'ai assisté à une circulation de personnages dans tous les sens dans une histoire confuse avec du vide partout, sur la scène, entre les acteurs. Pour une fois, je suis d'accord avec les critiques de différents journaux. J'avais le souvenir du merveilleux Platonov monté par le même metteur en scène et je suis d'autant plus déçue que ces Barbares sont aux antipodes. J'en ai marre mais après tout, je n'avais qu'à pas m'exciter à prendre des places, il y a deux mois de ça !
J'en ai marre, ou plutôt je devrais dire, je suis désespérée par ce qui se passe au Liban. il n'y a pas de mot pour exprimer ma révolte et ma tristesse. On nous fait croire n'importe quoi pour justifier une guerre préparée depuis longtemps. Le monde entier est une marionnette des US et on regarde le spectacle sans pouvoir faire mieux que de signer une pétition. Écoeurée.
J'en ai marre de vivre dans un pays qui expulse les enfants. Aminata DIALLO, lycéenne malienne de 19 ans de Sarreguemines a été expulsée cette nuit vers la Mali. Zolboot, enfant sourd de 6 ans et sa famille (dont deux autres enfants, trois ans et 3 mois) vivent cachés depuis deux semaines. Les centres de rétention sont pleins. L'avocat à roulettes, médiateur médiatique, avait promis n'importe quoi. Il y aura bien des chaises vides dans les écoles à la rentrée.
En attendant, le livre de Sarko qui raconte comment Pomponnette est rentrée à la maison caracole en tête des ventes. J'en ai vraiment marre.
07:15 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
13.07.2006
Gilles Barbier, les romains et le multimédia...
Hier, journée à Nîmes avec F. La chaleur n'y était pas moins caniculaire qu'ici. Donc la motivation à visiter l'exposition du Carré d'Art était double : la curiosité de découvrir l'oeuvre d'un artiste contemporain et profiter de la clim' du bâtiment de Foster. L'artiste en question est Gilles Barbier. Dès l'arrivée, on est accueilli par le pied tendre. Installé sur un rail, lui même posé sur deux bidons d'huile, un homme couvert de goudron et de plumes, montre le dos courbé, l'humiliation subie. On repense immédiatement aux albums de Lucky Lucke en voyant cette scène. Je me dis que c'était une pratique pas si mauvaise que ça et qui devrait revenir au goût du jour. Par exemple, pour tous ceux qui sont impliqués dans des affaires de corruption, détournements de fonds, malversations et autres fautes en "on", il serait bien de leur faire faire un petit tour à califourchon sur un rail (il y en a des centaines de kilomètres inutilisés en France). Ca éviterait des procès interminables, des appels tout aussi interminables et des amnisties présidentielles intempestives. Après une balade asphaltée, le politique serait définitivement "grillé" et changerait de carrière. Je rêve !
Revenons à Gilles Barbier.
Dans une salle sont présentées huit pages de Dictionnaire, copie des pages du Petit Larousse Illustré dans un format de 215X215 cm. Il fait ces copies depuis 1992, à ses moments perdus, quand il n'est pas dans la création d'une autre eouvre. Ces pages sont faites à l'encre. Assez fascinant, autant par l'ensemble que dans le détail. Au centre de salles, on trouve des personnages d'un grand réalisme en cire. Notamment, allongée sur un sofa, les yeux clos, une vielle dame nue, est estampillée de marques de cosmétiques. Le titre de l'oeuvre : La vieille dame aux tatouages. Elle illustre le système de référence de l'espace cosmétique qui modèle l'humain à l'époque contemporaire.
Il est aussi obsédé par la porosité, les trou et les tunnels. L'emmental est un élément qui revient souvent dans son oeuvre ainsi que les terriers et les intestins... Un tunnel de terrier, à l'échelle humaine, nous fait passer d'une salle à une autre.
Un univers assez troublant, qui suscite de nombreuses interrogations.
Après, nous avons sauté vingt siècles en arrière. Je m'explique nous sommes passées du Carré d'Art à la Maison Carré. En somme, nous avons traversé le boulevard.
La municipalité trouvant que les touristes ne restaient pas assez longtemps dans la ville, a décidé de faire appel à une société privée pour la gestion de ses monuments. Et la trouvaille, c'est le multimédia. Justement, dans la Maison Carrée, on nous propose un film en 3D ! À l'entrée, on nous prête des lunettes et on nous fait installer sur de petits gradins. La salle, toute romaine qu'elle fût, est exigüe. Ca sent un peu la sueur là-dedans ! Pour toute climatisation, il y a deux ventilateurs ! Nous sommes bien chez les romains mais plus particulièrement dans un caldarium. Le film commence. Parlé en latin, avec sous-titres en français et en anglais. Une bataille de gladiateurs dans les arènes, un peu minable et des effets spéciaux propres à la 3D qui donnent le migoulis. Nous étions en plein tournoi de chevaliers (Ne me demandez pas pourquoi. Je n'ai pas tout compris) quand le film s'est arrêté. Panne ! Le temps de soit-disant réparer et on fait entrer la séance suivante. Deux fois plus de spectateurs, la température de l'étuve continue de monter ; nous sommes parties. On ne saura jamais si la projection a pu se faire dans son intégralité. Peu importe. Mon opinion est faite. C'est nul ! À quand des animations dans les cathédrales avec des acteurs jouant de fausses lithurgies ? Tiens, c'est une idée que je vous soumets messieurs les concepteurs. Il faut animer toutes ces vieilles pierres, leur redonner vie avec du multimédia, puisque vous aimez ça. Un conseil : n'oubliez pas la clim' !
06:50 Publié dans Art, Énervements | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11.07.2006
Zidane et Braque en vrac
Je me suis réjouie de la défaite (méritée ou pas, je ne peux pas dire car je n'y connais rien) de l'équipe de France dimanche soir, en pensant : "C'est bon, on va nous foutre la paix avec cette grande foire qui durait depuis un mois."
Une certaine hystérie patriotique prenait de l'ampleur et un tir au but raté pouvait y mettre fin. C'est du moins ce que je pensais.
Il n'en est rien !
C'était sans compter sur Zidane et sa tête. Oui, oui, il a une tête qui ne lui sert pas à penser mais à s'afficher pour des publicités et à éventuellement cogner un adversaire plus ou moins irrespectueux. La polémique enfle et les journalistes nous assomment avec leurs hypothèses : " Qu'a dit Materazzi ?" "Il l'aurait traité de terroriste""Oui, mais il affirme ne pas savoir ce que ça veut dire*."
*Italien ou français, on voit que le vocabulaire du footballeur est limité.(NDA)
Que France-Inter nous bassine avec ça, c'est normal. Quand deux heures d'émission de l'après-midi sont consacrées au Tour de France, il ne faut pas s'étonner que les flashes d'information ne parlent que de la tête à Zizou.
Mais, France Cul, quand même !
Aujourd'hui, en direct d'Avignon, l'introduction de l'émission de midi, avec des metteurs en scène s'est faite sur cet événement historique. Je ne vais pas m'énerver plus longtemps (il fait trop chaud pour ça) et je vous conseille de lire la page de Jean-Claude Bourdais à ce propos.
À mon tour, je voudrais résumer le non-événément ainsi :
Propos racistes probables d'un côté, réaction primaire de petite frappe de l'autre = un mois d'abrutissement mondial.
Pas jojo tout ça.
Je ne voudrais pas casser France Cul ici, car, malgré ce que je viens de dire ce sont les seuls qui ont parlé de cette soirée organisée pour le Darfour (premier génocide de notre "beau" siècle) que les politiques on boudé semble-t-il. Il était plus profitable de se montrer dans un stade de foot allemand ces jours-ci... Entre un génocide et un coup de boule, le choix du second est plus glamour, apparamment.
En fait, avant de m'énerver sur Zidane, je voulais vous parler de Braque. toujours dans le cadre des expositions autour de Cézanne.
D'Aix nous avons filé à Marseille. Au passage, je ne vous dis pas Merci ! Monsieur Gaudin. À votre contact, cette ville se détériore. Vous voulez compter sans ses habitants et vous vous trompez. Mais, je ne vais pas faire la liste des grieffes que j'ai contre le patron de la ville, ce serait trop long.
Donc à Marseille, au musée Cantini, il y avait une exposition sur Braque et plus paticulièrement les paysages de Braque. Arrivé d'Argenteuil en 1905, il est ébloui par la lumière du midi. il peint l'Estaque. Il nous la joue fauviste, plus d'ombre, couleurs primaires et tutti quanti. Mais ça ne va pas durer longtemps. Il écrit:
"La première année, c'était le pur enthousiasme, la surprise du Parisien qui découvre le midi. L'année suivante, ç'avait déjà changé. Il m'aurait fallu pousser jusqu'au Sénégal. On ne peut compter plus de dix mois sur l'enthousiame."
En moins d'une année, il va abandonner le fauvisme et rencontrer le cubisme. Les plus beaux tableaux de cette exposition sont ceux de cette période. Du moins, en ce qui concerne le paysage. Par la suite, pour moi, dans ce domaine, rien de significatif.
Et alors, quel point commun entre Zidane et Braque ?
Marseille ?
18:40 Publié dans Art, Énervements | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.07.2006
Un petit tour...
Ce soir, sur les coups de neuf heures, je décide d’aller faire un petit tour question de prendre l’air. Prendre l’air est un peu fort car il fait encore une température caniculaire. J’emmène mon chien pour cette promenade vespérale. L’allée couverte de platane est déserte. Le restaurant qui se trouve non loin est fermé « exceptionnellement » comme il est écrit sur l’ardoise. Au club de tennis, les courts sont vides. Seule une poignée de personnes sur la terrasse du Club House est plantée muette devant un poste de TV. Enfin, le jardin public, bondé habituellement les soirs d’été est quasiment vide. Une maman et son bambin. Ils jouent avec un ballon de football. Tiens ! Bizarre. Un peu plus loin, un couple d’amoureux s’acharne sur la borne d’appel des taxis. Où veulent-ils aller ainsi ? Peu importe, ils ne sont pas prêts qu’on leur réponde. Et des touristes, hollandais, ils sont quatre, ils errent dans les rues vides. Cherchent-ils un restaurant ? Ils ont l’air tous fermés. Seuls les bars affichent un peu de vie. Des terrasses pleines et silencieuses regardant tous dans la même direction. Pour améliorer l’ordinaire, on ne lésine pas. Ce soir, c’est brochette et verre de rosé à 10 €, suspens compris. Puis, des cris, des applaudissements sortent des fenêtres. Non, ils ne sont pas tous morts. Et enfin, quelques têtes apparaissent, quelques uns s’aventurent jusque dans la rue. C’est la mi-temps. Des discussions s’engagent entre voisins. « Attention à la défense. » « C’est pas gagné » Par chance, je viens de tomber sur deux entraîneurs-sélectionneurs-tacticiens de l’équipe de France de foot. Notre pays en compte quelques millions, plus ventripotents les uns que les autres. Quelques-uns brandissent un drapeau bleu-blanc-rouge. À l'heure où on expulse des sans-papiers, on peut encore s'enorgueillir d'être français ? Heureusement que les lois scélérates et sarkoziennes n'existaient pas, à l'époque, car il n'est pas sûr qu'on ait un Zidane, ou les autres, pour nous marquer des buts aujourd'hui.
Mon chien est fatigué et je rentre chez moi. Je vais aller me coucher. Proust m’attend. Tiens, en cette période où il est de bon ton d’être fan de foot, alors qu’on fait parler quelques intellos, vivants ou morts, pour qu’ils affirment leur foi en ce sport, je suis bien incapable de dire ce que Proust en pensait. On n'a pas besoin d'alibi supplémentaire pour nous vendre cet abrutissement mondial…
22:20 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note











