03.12.2007

Courbet et les chiens

Quand j'avais écrit l'article sur les chiens en peinture, je m'étais dit que ce serait une bonne idée d'aller voir l'exposition Courbet qui a lieu actuellement au Grand Palais, pour examiner de plus près la place que les chiens ont dans son oeuvre, n'ayant pas la patience d'attendre qu'elle vienne à Montpellier, cet été. Ceci est chose faite.

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L'exposition commence par une série d'auto-portraits et notamment celui-ci où le peintre se représente avec un beau chien noir. Ils ont la même attitude, le maître et le chien !
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Ici, on est dans un registre différent. Ce tableau est exposé dans la salle consacrée au nu. Cette salle, soit dit en passant, est très intéressante car des photographies "pornographiques" de l'époque sont présentées ; elles ont servi de modèles au peintre. Bien sûr, il y a l'origine du monde et d'autres nus dont celui-ci, étrange complicité entre cette baigneuse et son chien-chien. Un peu ridicule l'animal, tendresse entre la femme et l'animal, composition originale. C'est peut-être dans cette salle où sont rassemblées les oeuvres érotiques de Courbet que le peintre surprend le plus. Le choix des attitudes des femmes représentées -jusqu'à l'extrême avec l'origine du monde- n'est pas dans le registre de la sensualité ; on pourrait parler d'érotisme et dans l'exposition, on dit "pornographie". c5f7ad7a081fb6981382dc928e1c1998.jpg Revenons à nos chiens. Par exemple dans l'immense toile intitulée "L'atelier" (qu'on ne verra pas à Montpellier à cause de sa taille), on compte pas moins de trois chiens. Deux ont des attitudes de fidèles compagnons, rappelant le chien vu plus haut dans l'autoportrait, mais un troisième en plein milieu de la toile, ressemble au second, genre chien-chien à sa mémère en train de faire le pitre devant le chevalet. Le sous-titre de cette toile est :"Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique -1855 . Parmi les personnages qu'on reconnaît il y a Bruyas, son collectionneur montpelliérain, Baudelaire, en train de bouquiner dans un coin, un modèle nu, une toile représentant un paysage... Mais, ce petit chien tient le premier plan dans cette allégorie. La place l'animal fait penser à certaines toiles du Tintoret ou de Vélasquez vues au Prado. Ne connaissant pas particulièrement la vie de Courbet, je ne sais pas dire pourquoi ce chien est mis ainsi à l'honneur. Peut-on m'aider ? Il y a bien-sûr pas mal d'autres chiens dans les peintures de Courbet que je ne vais pas énumérer ici : Les greyhounds du comte de Choiseul, par exemples, et aussi, dans les scènes de chasse.
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Alors, là, je dois dire que le côté "chasseur" de Courbet, rassemblé dans une salle de l'exposition, casse complètement l'ambiance. C'est moche ! Des renards sanguinolents pendus par une patte. Une chasse au cerf qui fait penser aux tapisseries, ouvrages de dames, que l'ont faisait à une époque où les "Feux de l'amour" n'existaient pas à la télé et qu'une fois terminées on encadrait d'un beau cadre avec dorures pour mettre au dessus du buffet de la salle à manger. Franchement, j'ai été écoeurée par ces toiles.
À la fin de l'expo qui respecte à peu près la chronologie, il y a les oeuvres faites après son emprisonnement et ses ennuis dû à son engagement auprès des Communards : 5a67aa6b69a8d0184a27e2fed246cf6b.jpgQue des natures mortes représentant des coupelles de fruits et même une truite morte, aussi. Frustrant. Peut-être s'est-il auto-censuré. Cependant, un de ses carnets de croquis est présenté, et c'est l'élément le plus émouvant de cette dernière salle.

* Pour le petit jeu, je dois féliciter escalier 3 qui a trouvé la bonne réponse et gagné à être connu(e).

06.11.2007

Les chiens en peinture

Dimanche dernier, alors que je raccompagnais ma fille à la gare, nous écoutions distraitement une émission où il était encore question d'un énième livre sur Courbet. L'auteur parlait du tableau intitulé "la rencontre" ou aussi "Bonjour Monsieur Courbet". Je demandai à ma fille si elle se souvenait du tableau que nous avions vu au Musée Fabre. Comme ça, le titre ne lui parlait pas. Je lui fis une rapide description : "Il y a trois personnages : le peintre avec tout son matos sur le dos, Alfred Bruyas avec sa belle barbe rousse et son anonyme arpète. " Elle me répondit : " Il y a un chien, je ne me souviens que du chien."

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Elle m'en fit une description très précise. Son goût pour les détails canins m'a fait penser à l'étude faite par Jean-Claude Bourdais à propos des chiens en peinture. Il les a repérés chez des peintres comme Vélasquez, Carpaccio, Gauguin et d'autres. Je crois que du côté canin, chez Courbet aussi, il y aurait quelque chose à creuser. En effet, en prenant les oeuvres les plus connues du peintre franc-comtois, en excluant "L'origine du monde " (pour couper court à tout commentaire ; il s'agit dans ce cas du genre félin et non pas canin !), on remarque que, que ce soit dans un Enterrement à Ornans
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ou dans l'atelier
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les chiens sont aux premières loges.
Beaucoup plus modestement et toujours à propos des chiens, j'ai trouvé ce petit tableau à la brocante, dimanche dernier.
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Ils sont mimis, non ?

01.09.2007

Cy Twombly

J'avais parlé de cette exposition à Avignon, à la fondation Lambert, car j'avais eu la chance de la voir dès le vernissage. Depuis, j' y suis retournée. En écoutant l'émission, Tout arrive sur France Cul, je me suis dit qu'avant le 30 septembre, j'y retournerais bien encore une fois. J'aime bien la façon dont les chroniqueurs qui entourent Arnaud Laporte parlent du "fait divers", la façon dont ils le mettent de côté, contrairement aux autres médias qui n'ont écrit sur cette exposition exceptionnelle qu'à partir du moment où une cinglée a voulue faire parler d'elle. "Talentueux au-delà de l'imaginable..." dit un des journalistes de l'émission "Tout Arrive".11c85cae4db931fde73e3fa927dd9e53.jpg

Il est fait allusion aux images provocatrices du journal de France2 (je rapelle que je n'ai pas la télé) où la cinglée embrasse la caméra, en somme, la seule chose à retenir de cette exposition. Ils critiquent aussi le dossier du Monde, soulignant la bêtise de ce qu'il y a été écrit.
Et puis, quand dans notre société, le fait divers est le phare qui guide la politique, il est à noter qu'aucun ministre ne s'est déplacé, n'a fait de déclaration fracassante dans le cas de celui-ci . Silence total. Comme il est dit dans l'émisssion de France-Cul : " Si le même acte avait été commis sur la Joconde !". Un tableau détérioré par une allumée qui amuse les journalistes de la télé (et quelques autres) et des livres souillés d'huile de vidange, cela n'excite vraiment pas le pouvoir en place. Pas de place pour l'oeuvre d'art, pas de place pour la Culture ! Le travail, le pognon (qu'on ne gagne pas en travaillant, c'est une évidence) et faire pleurer dans les chaumières, ce sont les grands traits de la politique qui est menée, actuellement.
Quoi qu'il en soit, il y a encore un mois pour visiter l'exposition Cy Twombly à la fondation Lambert à Avignon. Magnifique !

28.08.2007

cruche-fesse

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Hier, je suis allée à Nyons chez une amie et j'ai craqué devant une cruche, posée dans sa cuisine, qui présentait des fesses rebondies. J'ai pensé à Brigitte Bardot dans le Mépris en voyant ce bel arrondi. J'ai exprimé mon admiration, en imaginant comme il doit être délicieux de boire un petit rosé frais issu d'une telle cruche.
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Cette amie m'a dit :" Tu n'as pas tout vu !" Et elle a ouvert un placard qui recelait de cruches-fesses. Stupeur et joie !
Elle m'en a offert une !
En fait, je n'étais pas allée lui rendre visite pour ça, bien sûr. C'était pour voir l'exposition qu'elle organise tout l'été dans sa galerie, celle d'une peintre, Odette Deray. Celle-ci est née en 1918, ne peint plus depuis environ une dizaine d'années. Professeur de dessin à Paris, elle a peint beaucoup de scènes de métro où elle exprime très bien la solitude de ces individualités rassemblées. D'autres sont des intérieurs d'appartement avec toujours une part de mystère dans la scène peinte. Une cinquantaine de ses oeuvres sont rassemblées pour l'occasion. Pour ceux qui passent du côté de Nyons, je leur conseille de faire un crochet pour voir cette exposition (jusqu'au 15 septembre).

25.08.2007

Pas à pas des idées en vrac

Il est parfois des coïncidences dans les diverses choses qui arrivent dans la cervelle, coïncidence de temps qui font que deux se téléscopent. C'est ce qui s'est produit avant-hier dans la mienne. J'écoutai les conférences de Michel Onfray dans le cadre de l'Université Populaire de Caen, sur le thème de l'anti-marxisme de gauche. Il y parlait particulièrement de Bakounine. La société, pour lui, ne doit pas être bâtie de façon verticale, mais horizontale. C'est celle-ci qui permet la plus grande liberté car on ne se réfère plus à un État, un dieu, ou tout ce qui peut être "au-dessus". Évident, mais l'Homme en général préfère être soumis. De plus en plus, on dirait. Dommage qu'on ne puisse pas podcaster ces émissions passionnantes. Elles seront certainement commercialisées en coffret-CD par France-Cul. Pas très anarchiste, tout ça ! Donc, je continue dans mon histoire de coïncidence. Après avoir écouté cette émission, j'ai lu René Char, dit-elle, est mort. de Daniel Leuwers. Énième témoignage de ceux qui ont approché le poète. Plus ou moins intéressant. Il y a un passage, cependant, qui m'a amusée et qui faisait étrangement écho à la conférence d'Onfray.

Char me confia...(qu')il avait rêvé qu'il était un géant qui enjambait toutes les Sorgues de la région. Les habitants de l'Isle se prosternaient sur son passage, et il les bénissait, murmurant par-devers lui : " Bandes de cons ! bandes de cons ! "

Dans son rêve, il avait perçu l'humanité (et pas uniquement les habitants de l'Isle sur Sorgue) dans toute sa médiocrité.

Hier, je suis retournée aux Rencontres Photographiques d'Arles. J'avais laissé trop de lieux de côté, dimanche dernier, par manque de temps. Je suis allée voir à l'église Saint Anne la rétrospective Alberto Garcia-Alix. Outre le fait que c'est l'une des plus belles des Rencontres 2007, je voudrais parler de la contestation que cette exposition a engendrée. Je vous livre un extrait d'article paru dans Libération à ce propos :

Question esprit démocratique, Louis Imbert a quand même demandé l’annulation de l’exposition, après avoir exigé le rajout d’un livre d’or pour les mécontents. Lui qui dit «se ressourcer dans la prière» avait déjà envoyé une lettre au sous-préfet de la ville afin que soit interdite cette manifestation «vulgaire». Mais le secrétaire général de la sous-préfecture estime que «tant que l’exposition ne menace pas l’ordre public et les bonnes mœurs, elle n’a pas lieu d’être censurée».
Dernier argument du mécontent : les «honteuses photos» sont exposées dans une ancienne chapelle. « Irrecevable, rétorque Prune Blachère. En 1825, l’Eglise Sainte-Anne est devenu un musée archéologique, ce qui en fait un lieu exclusivement patrimonial et non de culte.» Et de calmer les craintes au sujet de la dimension choquante de l’exposition : «Dès la première semaine, on a mis un avertissement sur le contenu des œuvres exposées. Les gardiennes pouffent de rire : les visiteurs partent presque déçus car le choc et l’indignation n’ont pas lieu.»
Une des photos porte le titre suivant : Un homme avec une chemise trop propre n'est pas honnête. C'est cette phrase que j'ai écrite sur le fameux livre d'or, l'adressant à cet obscur Louis Imbert. Cette histoire nous rappelle étrangement, le saccage des livres de Lagrasse dont j'avais parlé dans un précédent billet. À ce propos on peut lire le communiqué de l'association Le Marque Page sur le site des éditions Verdier. Ce monde devient plus étroit tous les jours !

21.08.2007

Pas à pas photographique

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C'est amusant de se promener dans Arles, durant les Rencontres Photographiques, car il suffit d'observer les passants pour remarquer qu'ils sont nombreux à arborer un "reflex" en bandoulière ou, plus modestement, un "numérique" de base mais qu'ils abandonnent, un temps, la banale photo de vacances où on prend ses enfants devant un monument ou sa compagne du moment à la terrasse d'un café, pour faire de l'artistique, stimulés par les expos qu'ils viennent de visiter. Ça shoot partout dans les rues...
À part les passants, qu'ai-je vu ? La priorité était d'aller aux anciens Entrepôts SNCF qui regroupent plusieurs expositions.
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L'entrée se fait par une friche où sont présentées des photos du vil mur, côté Palestinien. Magnifiques.
Beaucoup de chose intéressantes à l'Atelier des Forges avec des photographes indiens, mais je dois avouer que c'est surtout à l'Atelier de Mécanique que j'ai été enthousiasmée par La Chine.61b1c585e571ad77cac673e3054876fd.jpg70e922cb6d095e52772c132ba859ea6e.jpg Un regard moderne sur ce pays en pleine mutation. Sans concession aussi. Limité par la censure, les Chinois dénoncent avec détours la société dans laquelle ils vivent. C'est un contraste notoire avec nos artistes occidentaux ou des anciens pays de l'Est qui expriment leur vision du monde souvent avec violence. On peut s'interroger sur l'impact de l'un ou l'autre mode d'expression sur le spectateur, d'ailleurs. La Chine montrée dans ces photos est celle qui se modernise, celle de futurs Jeux Olympiques, mais aussi celle des Droits de l'Homme bafoués. On le perçoit très nettement et c'est en cela que le regard de ces artistes est intéressant. C'est un équilibre entre recherche esthétique et témoignage. C'est le rôle originel de la photographie, depuis sa création, que ces artistes chinois ont conservé.
Je ne vais pas m'étendre sur l'exposition Magnum pour les 60 ans de l'agence. Rien de nouveau. Les diaporamas sont ennuyeux.
Puis, il y a une exposition au Magasin Électrique sur la Reine d'Angleterre (et oui !) depuis sa naissance jusqu'à aujourd'hui (elle a beaucoup changé !). Une autre est conscrée aux Présidents de la république (en cette année éléctorale, l'idée était toute trouvée). Il y a d'abord les portrait officiels de tous les Présidents français en commençant par Louis Napoléon Bonaparte et en finissant par qui vous savez... La dernière n'est pas la plus réussie. J'aimais bien celle de Giscard par Lartigue, même celle de Chirac par Bettina Rheims. Mais, la dernière, elle est vraiment minable.
L'autre partie de cette exposition est une commande à différents photographes de faire le portrait officiel d'une Présidente imaginaire. Souvent drôle (et beaucoup plus réussi que celle qui est accorchée actuellement dans nos mairies !).
Je voudrais revenir sur ce dont je parlais dans l'article précédent, les livres détruits à Lagrasse. Un des photographes participant à l'exposition Madame la Présidente, Luc Choquet, a repris une phrase de Kafka qui résume très bien ce que je ressens face à cet événement :
"Hélas ! Ce monde devient plus étroit tous les jours."

08.07.2007

Agnès Varda à Avignon

Dans deux lieux d'Avignon, Agnès Varda expose. J'en avais déjà parlé dans un précédent article et m'en réjouissais à l'avance. Ça y est, c'est fait ! Hier soir, je suis allée à l'inauguration en disant à qui voulait l'entendre que j'allais enfin pouvoir parler à Madame Varda que j'admire tant.

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a439bed3e6b04079581aa7897b173ed2.jpg La première exposition était celle sur les justes présentée précédemment au Panthéon. Au centre, un cercle supporte des photos, celle de "justes" mais aussi d'anonymes car comme elle le dit, elle voulait rendre aussi hommage à ceux qui sont restés dans l'ombre. La majeure partie des photos est posée droite comme des livres ouverts car, pour elle, l'Histoire doit être debout pour être vivante. Autour de ce cercle quatre écrans présentent deux films simultanément. Ces films racontent la même histoire, celle d'individus qui au périls de leur vie ont caché des juifs pour les faire échapper à la déportation et à la mort. Ce sont les instants cruciaux de ces actes de protection qui sont filmés. Un des films est en noir et blanc, l'autre en couleur est filmé plus près des détails. À chaque saynette, le portrait des justes qui ont été les véritables acteurs de cette histoire. Sobre, quasiment sans parole, ces films sont des témoignages poignants, un hommage au courage de gens ordinaires.
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Madame Agnès Varda expliquait sa démarche devant un parterre de gens très comme il faut. Je ne parle pas de ma fille qu'on aperçoit derrière elle, mais il y avait Louis Schweitzer, Christine Albanel, paraît-il actuelle ministre de la culture, le maire de Berlin etc...
Après nous avons couru à l'autre bout de la ville sous un soleil de plomb (ça y est, l'été est arrivé), pour voir la deuxième exposition alors que tout ce beau monde a eu droit à un car climatisé pour se transporter à la chapelle Saint Charles. Là, sont exposées le photos qu'elle a prises du TNP.
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9cd5ac10422d46e3a11dec1a103c5f92.jpg Beaucup de ces photos sont célèbres. Elle a saisi des instants qui ont fait le mythe du Festival d'Avignon.213cbb7ab9731ac69a7336c8e5213b29.jpg4bdfe998a2813425b663de9ce4f06338.jpg
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Elle a, un instant seulement, posé avec les officiels, c'est à dire la Ministre de la Culture et le Maire de Berlin, pour aller papoter ensuite avec des amis sur un banc, demandant à la photographe de la Provence d'attendre un instant qu'elle ait fini ses bavardages.
Et moi, dans tout ça ? Et bien contrairement à ce que j'avais annoncé, je ne suis pas allée lui parler. Je me suis dégonflée. Une amie m'a dit : " Lance toi, c'est comme un saut en parachute." Justement, c'est bien ça le problème, oser parler à quelqu'un qu'on estime tant, c'est comme un saut en parachute et ça me fout la trouille !

06.06.2007

L'expo Cy Twombly à Avignon

Autant le dire tout de suite, je ne suis absolument pas contente de mes photos ! Pâles, ternes... encore un réglage qui m'a échappé.

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C'est vraiment dommage, car cette expo est magnifique. J'en avais parlé avec envie car elle avait été annoncée lors de la présentation du Festival et je dois dire qu'elle ne déçoit pas. La circulation dans l'Hôtel de Caumont a été modifiée, si bien qu'on entre directement dans ces grandes pièces lumineuses du rez de chaussée avec les grand formats de l'artiste. Je dois rappeler que le titre de l'expo est "Blooming" et question "fleurs" elles sont éblouissantes, éclatantes. À l'entrée, nous avions remarqué un magnifique bouquet de pivoines, des vraies, dans un vase et on les retrouve ce grand panneau vert avec des sortes d'haïkus sur ces peonies11c85cae4db931fde73e3fa927dd9e53.jpg

Si la photo avait été réussie on aurait pu les lire car ils sont comme écrits au crayon sur sa peinture, l'art du graffito, cher à l'artiste. La dernière oeuvre a été terminée sur place la veille de l'expo. Elle sent très fort la peinture si bien que, mauvaises langues comme nous sommes, nous avions cru au départ que cette odeur était celle de la transpiration des vieilles rombières pomponnées qui étaient venues se montrer au vernissage. Au contraire, pour l'occasion, elles s'étaient parfumées, et pas qu'un peu.
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En montant dans les étages, on remonte dans le temps en découvrant une belle rétrospective de l'oeuvre de Cy Twombly. Moins important que celles qui avait eu lieu à Beaubourg en 2004 mais bien complète. On est beaucoup plus dans le dessin. Le graffito laisse moins de place à la peinture contrairement aux oeuvres exposées au rez de chaussée. Une salle dédiée à la Grèce avec Phèdre, Platon etc. Une belle toile dédiée à Lambert en 1980, je crois, où le nom du collectionneur est écrit en grosses lettres. À oui, il y avait aussi des sculptures, mais qui ne m'ont pas vraiment accrochée. J'y retournerai certainement, pour prendre le temps d'admirer cette exposition qui dure jusqu'au 30 septembre.
Renseignements : CLIC !
Il faut dire que tous ces gens qui fréquentent les vernissages de la Collection Lambert perturbent un peu. La maire, ex et future députée, ex-ministre de je-ne-sais-pas-quoi avait le portable extrêmement sonneur. Quelques gravures de mode genre-famille-Sarko-le-jour-de-la-cérémonie-à-l'Élysée avec la mèche blonde savamment "rebellisée" s'apostrophaient dans une langue non identifiable par moi. Des japonais, des familles de japonais avec la grand-mère sortant directement d'un film d'Ozu. Je passerai sur l'épisode "buffet" que tout le monde imagine, sans problème. Enfin, pas une atmosphère propice à la contemplation des oeuvres. Juste de quoi avoir un aperçu prometteur.
Pour donner envie d'aller voir l'expo, encore une photo d'une oeuvre Cy Twombly. Celle-ci fut prise à Berlin à la Hannover Banhof. C'était plus calme qu'avant hier soir !
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J'ai toujours pensé que twombly devrait être un verbe, si ce n'en était déjà un. Cela donnerait : "Twombly v. tr. - survoler pensivement une surface en traçant des lignes et des signes malicieusement évocateurs, et se poser par intervalles dans une effusion impétueuse." Ou alors, peut-être, un substantif : "Twombly n. m. -un trait qui n'en fait qu'à sa tête."
Simon Schama ( Cy Twombly- cinquante années de dessins)

15.05.2007

Giuseppe Penone

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C'est au Jas de Bouffan à Aix-en-Provence que j'avais pris ces photos. Difficile de rendre, l'impression que l'on ressent au contact de cette oeuvre de Giuseppe Penone. L'arbre est en bronze et ce n'est qu'en le touchant, quasiment, qu'on se rend compte qu'il ne s'agit pas d'une écorce vraie. Il est déraciné, surélevé du sol par des tuteurs, "se rapproche ainsi de la lumière" comme le dit l'artiste. À proximité de chacun de ces tuteurs, un jeune arbre a été planté. Le tronc de celui-ci, en croissant, englobera le tuteur et chaque racine de l'arbre de bronze deviendra vivante. Un même type d'arbre se trouve au Jardin des Tuileries. Là, le processus d'englobement est déjà amorcé.
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Pourquoi je parle de Giuseppe Penone, aujourd'hui ? Tout simplement, parce qu'hier, j'ai vu au cinéma un film sur cet artiste.
Contrairement à certains artistes contemporains, il ne se perd pas en discours parce que son travail est au coeur de la matière à la recherche de l'essence de la vie, donc interpelle chacun de nous, sans passer par des chemins intellectuels, pas toujours très sincères.
Le fil conducteur du film est la création de l'oeuvre qui fut présentée dans le hall de Beaubourg en 2004. Il a acheté aux enchères un cèdre du parc de Versailles tombé lors de la tempête de 1999. Cet arbre avait plus de 200 ans. Giuseppe Penone va le creuser en son centre pour retrouver l'arbre aux alentours de ses vingt ans. D'un arbre mort, il dévoile l'enfance. On le voit creusant la matière jusqu'au coeur fatidique, jusqu'à montrer le jeune arbre qu'il fut. C'est très émouvant.
Il fait de même pour le marbre qu'il érode pour en montrer les veines nées du processus de sédimentation qui le constitua.
Il dit que notre société s'efforce d’effacer les traces en nettoyant de façon incessante alors que lui cherche les traces pour les mettre en évidence, car elles sont les signes de la vie.
Giuseppe Penone nous offre son regard sur la nature, sur le temps qui la transforme sans que notre oeil s'en aperçoive, nous montre la vie, le mouvement, dans ce qui peut nous paraître le plus figé. Par exemple, il a pris une pierre dans le lit d'une rivière, et puis, il est allé chercher en amont un bloc de la même matière que cette pierre, il l'a ensuite sculptée pour lui donner la même forme que celle recuillie en aval. L'artiste s'est mis dans la peau de la rivière qui siècle après siècle a érodé la roche. Réduction du temps. L'artiste imite la Nature.

Si, un jour, on nous propose des documentaires de cette qualité à la télévision, peut-être que je rebrancherai l'antenne. Mais, je crains que ce type de film ne soit pas propice à vendre des parts de cerveau disponibles à Coca-Cola.

29.03.2007

Duchamp en campagne

Lors d'une conversaton avec Georges Stauffer, Marcel Duchamp dit ceci :medium_Duchamp-sinuses-sm.jpg

"Sans être fasciste, je pense que la démocratie n'a pas apporté grand-chose de sensé. On devrait penser qu'il y a assez de pain pour tous ! Il est honteux que nous soyons encore obligés de travailler simplement pour exister. Les hommes n'ont cependant jamais rien su faire de mieux que de faire de la vie une compétition - comme chez les animaux. Les religions, elles-mêmes ne sont en fait que des prétextes à rivalités, à concurrence. C'est absurde !...
Il y aurait certainement des personnes qui feraient du pain pour tous - gratuitement. Il y aurait même des gens qui videraient volontairement les poubelles des autres; on devrait peut-être leur décerner une quelconque "légion d'honneur" ne reconnaissance de ces basses besognes effectuées pour tous... Mais être obligé de travailler pour exister, ça, c'est une infamie !"


Je vote Marcel Duchamp !



( extrait de Marcel Duchamp par Bernard Marcadé)

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