04.03.2008
Déménagement
Il est impossible d'écrire des articles actuellement sur ce blog. Les perturbations qui continuent sur Haut et Fort ont eu raison de ma patience. J'ai donc entrepris un déménagement. Il n'est pas encore totalement terminé. Ce blog restera ouvert.
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02.02.2008
Drôles d'époques...
« On s’y fait, aux époques. On se case, on se coule dans l’événement. On s’y laisse secouer, cahoter et ballotter comme au fond d’un wagon à vaches. Et puis, on finit par se résigner et par se taire. » C'est une citation de l'écrivain Georges Hyvernaud que fait Martine Laval au début d'un de ses articles sur son blog. Il faut dire que le Georges Hyvernaud en question en avait connu une "drôle" d'époque, durant laquelle la "drôle" de guerre l'avait conduit cinq ans en captivité. La résignation dont il parle est un mal pernicieux.
J'ai reçu un texte inédit de Pierre Autin-Grenier extrait d'un futur ouvrage qui s'intitulera : « C’est tous les jours comme ça (Les dernières notes d’Anthelme Bonnard) ». Il y est question aussi de résignation.
Bien sûr, il s'agit d'une fiction. Enfin, c'est ce qu'on se dit pour se rassurer...
FORCES SPÉCIALES
Vrai, ça n’en finit plus. Depuis hier après-midi, sur le coup des cinq heures à ce qu’il me semble, trois unités des forces spéciales se sont rendues maître de la place et, en un tournemain, ont passé la camisole à tout le quartier sans ménagement aucun. C’est donc la deuxième fois en moins d’un mois que nous sommes soumis à ces manœuvres d’intimidation arrogantes et brutales et devons subir sans broncher les désagréments qui en résultent, comme si l’autorité ne pouvait s’exercer que sous la menace et par les craintes qu’elle suscite. Ainsi dès l’aube était-il impossible de faire plus de trois pas sur le boulevard sans devoir présenter à tout bout de champ ses papiers d’identité, livrets militaire et de famille compris, à ces badernes en treillis dont les rustres manières ne portent guère plus à la plaisanterie qu’un écroulement d’immeuble au beau milieu d’une rue piétonne. Dans ces conditions, aller seulement chercher son pain ou tenter de s’approcher d’une bouche de métro pour gagner le centre-ville tient du parcours du combattant, exige une sérieuse maîtrise de soi en même temps qu’un système nerveux à toute épreuve. Certains sont sur le point de craquer, c’est patent.
Midi n’a pas sonné qu’on commence déjà à trouver le temps long, l’atmosphère par trop étouffante. Les nez s’allongent et sur les trottoirs les rares passants requis par leurs obligations pressent l’allure; la mine renfrognée ils vont sans voir les blindés postés à chaque coin de rue non plus les molosses démuselés qui salivent au pied des uniformes. Si tout un chacun adopte un profil bas, on sent dans l’air qu’une sourde colère contre le pouvoir et ses agissements couve dans les esprits; bientôt ce bouillonnement de révolte et de désirs trop longtemps contenu débordera sans doute les forces d’oppression, peut-être pourra-t-on espérer des jours meilleurs alors. Pour l’heure tout le monde serre les poings et s’interroge en son for intérieur quant aux raisons qui auraient pu motiver un tel acharnement à notre encontre. Certes notre quartier reste rebelle et frondeur, de renommée comme de par son histoire, et s’est organisée ici, mieux que partout ailleurs, une solide résistance au régime avant même que ses instigateurs ne soient parvenus à leurs fins mais, que je sache, nulle escarmouche non plus la moindre anicroche n’est venue troubler l’ordre public depuis belle lurette et le quotidien offre toutes les apparences d’un lieu calme et tranquille où la population vit et s’active au rythme des réformes en parfaite harmonie avec le pouvoir central.
Que faire face à cette politique de pression et de chantage dont nous faisons les frais plus souvent qu’à notre tour, et combien de temps cela va-t-il durer encore ? On ne sait pas.
P.A.G
Cette "drôle" d'époque dont il est question dans ce très beau texte, est-elle passée, présente ou future ?
10:25 Publié dans Énervements, Livre | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
03.01.2008
On continue en 2008
On commence l'année avec une manif à la Préfecture. L'objet ? Toujours pareil : un jeune qui est menacé d'expulsion.
Je résume son histoire :Younes, 21 ans, est arrivé à Sarrians (ou son père habite et travaille depuis 45 ans) à l'âge de 13 ans (pardon : 13 ans et deux mois, ce "détail" a toute son importance).
Younes a fait sa scolarité au collège de Monteux.
Il travaillait. Il avait une promesse de CDI (dès qu'il aurait ses papiers)
Younes est connu à Sarrians : la mairie faisait appel à lui comme médiateur lorsqu'il y avait un peu le feu dans la jeunesse. Il a toujours répondu présent bénévolement pour cette tâche.
Younes avait un logement à Sarrians (qu'il a quitté depuis 6 mois puisqu'il se cache). Il y vivait avec G., une jeune d'Althen les Paluds.
La préfecture a refusé les papiers à Younes. S'il avait eu moins de 13 ans à son arrivée en France, il les aurait eu, mais voilà, il est arrivé deux mois trop tard.
La mère de G., Nathalie Fournier, se bat depuis 6 mois pour les droits de Younes. Elle a reçu le soutien de RESF.
Hier, elle avait entamé une grève de la faim dans les locaux de la mairie de Sarrians, soutenue par une cinquantaine de citoyens, de républicains.
A 12h30 le maire de Sarrians a fait donner les gendarmes qui ont évacué la mairie de ses occupants pacifiques (le maire avait promis un local, promesse non tenue). 40 gendarmes dont un commandant et un colonel.
Le maire a ordonné la fermeture de la mairie pour la journée.
Nathalie est donc condamnée a poursuivre sa grève de la fin dans sa voiture sur le parking de la mairie de Sarrians.
Aujourd'hui, à 9h, une délégation avait obtenu une audience en préfecture. En signe de soutien, avait lieu un rassemblement citoyen devant l'entrée du bâtiment républicain. J'y suis allée. Cela a duré une heure, durant laquelle, on faisait signer une pétition aux usagers dudit lieu. Venus pour une carte grise ou d'autres formalités, ils se sentaient majoritairement concernés.
À l'issue de l'entrevue, un des membres de la délégation a relaté les propos du bras droit du préfet (celui-ci est-il en vacances ?) confirmant que, à part un recours en tribunal administratif, il ne voit pas d'autre solution pour Younes que celle de retourner au Maroc considérant que l'essentiel de sa famille est là-bas (son père et celle qu'il souhaiterait fonder avec G. ne comptant pour rien), et de redemander un visa pour revenir en France. L'humour d'un chef de cabinet de préfet étant ce qu'il est, on aurait pu lui demander d'arrêter de plaisanter, qu'il est plus facile d'obtenir une pierre de lune qu'un visa de séjour de longue durée pour un marocain. Mais, la loi, c'est la loi, quelle que soit la loi et par qui elle est faite. Justement, en me rendant à la préfecture de Vaucluse, j'écoutais les matins de France Cul où il était questions des lois qui, petit à petit, orientent le pays vers un régime dans lequel certaines valeurs républicaines sont , disons, bafouées. C'est insidieux, mais le glissement est amorcé.
C'est pourquoi, pour me donner un peu d'énergie, ce matin, malgré le froid, la pluie et le vent, je me suis dit qu'il fallait y aller, même si le résultat n'est pas immédiat. On compte trop sur notre usure au combat, notre lassitude à défendre certaines valeurs pour faire sombrer le pays dans un état paranoïaque (pour ne pas dire autre chose). Est-ce celà la "politique de civilisation" que certains appellent de leurs voeux ?
Je viens d'apprendre que le Ministre Hortefeux n'a pas rempli les objectifs fixés pour 2007, soit 25 000 expulsions. Il n'y en aurait eu que 21 000 ! Tout ça, à cause de casse-pieds qui se mobilisent pour défendre des "sans-papiers". Il y aurait même des "pipeuls" qui, de temps en temps, font entendre leur voix et entravent la bonne marche de la loi française, quand ils ne sont pas à Euro Disney...
12:00 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
23.12.2007
Quelques citations en vrac...(2)
Je voudrais revenir sur le voyage au Vatican de notre Président. Non, ce n'est pas pour faire allusion aux intellectuels qui l'accompagnaient (même si la citation du 21 décembre peut nous y faire penser !). Je voudrais revenir sur le discours qui, dans son intégralité, vaut son pesant de cacahuètes. Il fallait choisir, j'ai extrait cette phrase :
Mais ce que j'ai le plus à cœur de vous dire, c'est que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort matériel tout en étant de plus en plus en quête de sens et d'identité, la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d'affirmer ce qu'ils sont et ce en quoi ils croient.
C'est vrai que les gens sont de plus en plus obsédés par le confort matériel. Il n'y a qu'à voir tous ceux qui dorment dans la rue et qui réclament un logement (juste devant Notre Dame de Paris, le symbole très catholique de notre France !), ceux qui ne se contentent pas de nourritures de l'âme et font la queue aux Restos du Coeur pour se remplir le ventre ( les matérialistes !), ceux qui meurent Place de la Concorde en rêvant à un chauffage central, on se dit que l'obsession du confort matériel est trop répandue dans notre société ! Bon sang, que les pauvres mettent un peu de spirituel dans leur quotidien, s'il veulent accéder à un monde meilleur, dans l'au-delà.
Ce discours me fait penser à ces parodies de manifs de droite avec des slogans aussi drôles que "SDF, rentrez chez vous !" sauf, que dans ce cas, il ne s'agit pas d'une parodie. On est dans le cynisme, la décomplexion poussée à l'extrème.
Au fait, ce n'était pas une Rolex qu'on voyait briller au poignet présidentiel ?
00:10 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.12.2007
Quelques citations en vrac...(1)
J'écoutais l'émission d'Arnaud Laporte sur France Q, émission consacrée aujourd'hui, aux cadeaux de Noël, les chroniqueurs présentant leur sélections dans les domaines culturels dans lesquels ils "sévissent" habituellement. L'un d'entre eux a recommandé la BD Pascal Brutal de Riad Satouf parue chez Fluide Glacial.
Il en a extrait une citation :
Quand l'intelligence est en fuite, la virilité débarque.
Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve qu'elle est bien dans l'air du temps...
13:34 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.12.2007
Le temps des tentes
Mode ou coïncidence ? En ce moment, on parle beaucoup de tentes, même si ce n'est pas la saison pour aller la planter au camping de Palavas.
L'hôte de la France, la semaine dernière, avait choisi de séjourner sous une tente bédouine dans la cour de l'Hôtel Marigny, par goût des traditions de son pays ou simplement à cause d'une paranoïa aigüe, craignant que les murs, contrairement à la toile, puissent être truffés de micros-espions ?
Depuis lundi et jusqu'à demain, le 19 décembre, Cousu Main et ma personne se trouvent avec d'autres éditeurs de Vaucluse sous un autre type de tente, devant la gare centrale d'Avignon. Hier, tout simplement, les bonbonnes de gaz ont gelé et le chauffage est tombé en panne. Chacun de nous, le temps de plier bagages devant les hostilités climatiques, avons pensé au martyre de ceux qui sont sans-logis actuellement, ceux qu'un Cardinal, une Ministre et le reste de la clique méprisent. Froidure ressentie dans nos corps. Mais nous n'avions pas en prime, le regard méprisant ou le non-regard de ceux qui passent devant vous et que ces fantomes de la rue doivent connaître.
Aujourd'hui, le chauffage a tenu la journée, chanceux que nous sommes. Ils en sera de même, espérons-le, demain mercredi. J'ai eu quelques visites de personnes que je ne connaissais que par blog interposés. Qu'elles en soient remerciées !
21:20 Publié dans Cousu Main, Énervements | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
11.12.2007
Ça ne vous rappelle rien ?
Droits des migrants, des demandeurs d'asile et des réfugiés
Le traitement des migrants, des demandeurs d'asile et des réfugiés restait un motif de préoccupation. Selon certaines sources, les étrangers arrêtés parce qu'ils étaient en situation irrégulière étaient souvent frappés ou soumis à d'autres formes de mauvais traitements durant leur détention. Ils étaient expulsés lors d'opérations collectives, sans être autorisés à rencontrer un avocat ni bénéficier d'un examen individuel de leur cas.
Ça ne vous rappelle rien ? Quel est ce pays où il se passe de telles ignominies ? Mais, non ! Ce n'est pas la France, avec son ministre Hortefeux, c'est la Lybie. C'est ce qu'on trouve sur le site d'Amnesty International. On y précise que...
Lors d'une conférence euro-africaine sur les migrations et le développement qui s'est tenue à Tripoli en novembre, les autorités libyennes ont annoncé une augmentation sensible des renvois de migrants. Quelque 50000 étrangers avaient ainsi été expulsés entre le début de l'année et le 6 novembre, contre moins de 5000 en 2004.
Peut-être pourrait-on faire un échange de savoir faire avec ce pays, du genre, "Je t'apprends à manier l'uranium pour faire de l'électricité (et rien que de l'électricité) et tu m'apprends à être plus efficace dans l'expulsion des sans-papiers, parce qu'ici, on rame, on n'arrive pas à faire du chiffre à cause de ces p... d'associations droits de l'hommistes." ?
On comprend mieux à présent la visite de Kadhafi à Paris, non ?
08:05 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07.12.2007
Que font les cigales l'hiver ?
Les cigales. Les cigales sont très bien et je ne sais pas qui a dit un jour le contraire, je ne sais plus qui s'est mis dans la tête qu'il fallait qu'elles changent. Belle sottise ! Ce sont les fourmis qui devraient changer, parce que les pauvres, elles sont au-delà de la sottise. Dire qu'une cigale doit travailler est une sottise qu'on a répéte pendant des siècles. Oui, les fourmis devraient être des cigales, l'oisiveté leur réussirait à merveille, aucune fourmi ne devrait se priver d'une aussi merveilleuse sensations que celle de savoir dire non, d'envoyer une fois pour toute aux enfer son insupportable et assommant nid de labeur.
Un extrait de Enfants sans enfants de Enrique Vila-Matas.
Ce texte n'est pas trop dans l'air du temps et c'est pour ça qu'il me plaît.
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16.11.2007
Tests ADN
J'ai dit et rabâché combien la lecture du blog d'Éric Chevillard me fait sourire, le matin, quand j'ouvre l'ordi. Aujourd'hui, je dois reconnaître que l'idée n'est pas mauvaise, celle d'envoyer un flacon de pipi au Ministère de l'Intégration et de l'Identité nationale, afin qu'il teste notre ADN. Si on osait ?
12:03 Publié dans Énervements | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
02.11.2007
Question de vocabulaire
Ce matin, en ouvrant un oeil j'ai entendu Madame Boutin parler dans le poste à propos des expulsés de la rue de la Banque à Paris. Ce sont essentiellement des femmes d'origine africaine. La ministre a dit ceci : "Elles vivent en meute." Du fond de mon lit où je traînassais encore, j'ai été choquée du vocabulaire employé, le mot meute relevant pour moi du registre de l'animal. Ne voulant pas me laisser emporter par mes préjugés, je suis allée consulter un dictionnaire.
Meute :
1-Troupe de chiens courants spécialement dressés pour la chasse à courre.
Des chiens ! La comparaison est violente.
2-Bande, troupe de personnes qui harcèlent quelqu'un pour en obtenir quelque chose ou qui s'acharnent à sa poursuite pour lui nuire, le perdre.
Dans cette deuxième définition, c'est d'humains dont il s'agit, mais d'humains dont on voudrait bien se débarrasser. La comparaison parle d'elle-même.
3-SCOUTISME. Unité formée de louveteaux.
Christine Boutin s'y connait en matière de scoutisme et je doute que le terme employé fasse référence aux doux souvenirs de son enfance.
Je ne ferai pas d'autres commentaires, une définition du dictionnaire en disant plus qu'un long discours. Par contre, question de détendre l'atmosphère, après les paroles nauséabondes de la Minsitre du logement (du non-logement, surtout) et toujours à propos de scoutisme, je voudrais citer Éric Chevillard (vous avez compris, je suis fan) en copiant une phrase trouvée sur son blog.
Je me montre toujours généreux lorsqu’un enfant scout quête dans la ville. Mon Dieu, que ce malheureux petit puisse au moins se vêtir décemment !
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