12.12.2007

Musée d'Art Contemporain de Barcelone

Si l'on considère que beaucoup d'artistes contemporains ont choisi la vidéo plutôt que la peinture, il est nécessaire de s'intéresser aussi au rôle du chien dans la vidéo. C'est ce que j'ai fait en fin de semaine dernière au Musée d'Art Contemporain de Barcelone. 8c13fd519d4f160269377c58dfc1234a.jpg

Il y avait une exposition de Joan Jonas intitulée : TIMELINES : TRANSPARENCIES IN A DARK ROOM. 23bd3335a426b7b8365910921c49d65d.jpg
Au milieu d'une salle où s'accumulaient différent objets, oeuvres de l'artiste, se trouvaient des écrans où l'on pouvait voir des vidéos, en transparence au recto ou au verso. Au premier plan de celle-ci, se trouve un chien, encore un, comme au premier plan d'oeuvres comme
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Les pélerins d'Emaüs de Veronese ou
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Le Christ lavant les pieds des apôtres du Tintoret par exemple. Positionner le chien précisément au premier plan, au centre du tableau, n'est pas le fruit du hasard, semble-t-il. Sa présence confère à la scène une certaine réalité.
Quand il s'agit de scènes religieuses, l'animal, juste en étant là, insiste sur la véracité de la scène qui se déroule derrière lui. En ce qui concerne le Christ, l'animal le rend ainsi plus humain, plus vrai.

Pour ce qui est de Joan Jonas, du moins cette vidéo, la démarche semble être proche. En effet, le chien est là pour ne pas éloigner totalement, l'oeuvre du réel, bien que le propos de l'artiste s'exprime dans la construction d'un monde onirique. Le chien sert en quelque sorte de medium entre la femme-oeuvre présentée dans cette vidéo, et le spectateur.

Je ne sais pas si j'aurai le temps de continuer la visite de ce magnifique musée sur le blog, l'expo de Joan Jonas n'étant qu'une infime partie de ce qu'il y avait à voir dans ce lieu.

03.12.2007

Courbet et les chiens

Quand j'avais écrit l'article sur les chiens en peinture, je m'étais dit que ce serait une bonne idée d'aller voir l'exposition Courbet qui a lieu actuellement au Grand Palais, pour examiner de plus près la place que les chiens ont dans son oeuvre, n'ayant pas la patience d'attendre qu'elle vienne à Montpellier, cet été. Ceci est chose faite.

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L'exposition commence par une série d'auto-portraits et notamment celui-ci où le peintre se représente avec un beau chien noir. Ils ont la même attitude, le maître et le chien !
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Ici, on est dans un registre différent. Ce tableau est exposé dans la salle consacrée au nu. Cette salle, soit dit en passant, est très intéressante car des photographies "pornographiques" de l'époque sont présentées ; elles ont servi de modèles au peintre. Bien sûr, il y a l'origine du monde et d'autres nus dont celui-ci, étrange complicité entre cette baigneuse et son chien-chien. Un peu ridicule l'animal, tendresse entre la femme et l'animal, composition originale. C'est peut-être dans cette salle où sont rassemblées les oeuvres érotiques de Courbet que le peintre surprend le plus. Le choix des attitudes des femmes représentées -jusqu'à l'extrême avec l'origine du monde- n'est pas dans le registre de la sensualité ; on pourrait parler d'érotisme et dans l'exposition, on dit "pornographie". c5f7ad7a081fb6981382dc928e1c1998.jpg Revenons à nos chiens. Par exemple dans l'immense toile intitulée "L'atelier" (qu'on ne verra pas à Montpellier à cause de sa taille), on compte pas moins de trois chiens. Deux ont des attitudes de fidèles compagnons, rappelant le chien vu plus haut dans l'autoportrait, mais un troisième en plein milieu de la toile, ressemble au second, genre chien-chien à sa mémère en train de faire le pitre devant le chevalet. Le sous-titre de cette toile est :"Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique -1855 . Parmi les personnages qu'on reconnaît il y a Bruyas, son collectionneur montpelliérain, Baudelaire, en train de bouquiner dans un coin, un modèle nu, une toile représentant un paysage... Mais, ce petit chien tient le premier plan dans cette allégorie. La place l'animal fait penser à certaines toiles du Tintoret ou de Vélasquez vues au Prado. Ne connaissant pas particulièrement la vie de Courbet, je ne sais pas dire pourquoi ce chien est mis ainsi à l'honneur. Peut-on m'aider ? Il y a bien-sûr pas mal d'autres chiens dans les peintures de Courbet que je ne vais pas énumérer ici : Les greyhounds du comte de Choiseul, par exemples, et aussi, dans les scènes de chasse.
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Alors, là, je dois dire que le côté "chasseur" de Courbet, rassemblé dans une salle de l'exposition, casse complètement l'ambiance. C'est moche ! Des renards sanguinolents pendus par une patte. Une chasse au cerf qui fait penser aux tapisseries, ouvrages de dames, que l'ont faisait à une époque où les "Feux de l'amour" n'existaient pas à la télé et qu'une fois terminées on encadrait d'un beau cadre avec dorures pour mettre au dessus du buffet de la salle à manger. Franchement, j'ai été écoeurée par ces toiles.
À la fin de l'expo qui respecte à peu près la chronologie, il y a les oeuvres faites après son emprisonnement et ses ennuis dû à son engagement auprès des Communards : 5a67aa6b69a8d0184a27e2fed246cf6b.jpgQue des natures mortes représentant des coupelles de fruits et même une truite morte, aussi. Frustrant. Peut-être s'est-il auto-censuré. Cependant, un de ses carnets de croquis est présenté, et c'est l'élément le plus émouvant de cette dernière salle.

* Pour le petit jeu, je dois féliciter escalier 3 qui a trouvé la bonne réponse et gagné à être connu(e).

06.11.2007

Les chiens en peinture

Dimanche dernier, alors que je raccompagnais ma fille à la gare, nous écoutions distraitement une émission où il était encore question d'un énième livre sur Courbet. L'auteur parlait du tableau intitulé "la rencontre" ou aussi "Bonjour Monsieur Courbet". Je demandai à ma fille si elle se souvenait du tableau que nous avions vu au Musée Fabre. Comme ça, le titre ne lui parlait pas. Je lui fis une rapide description : "Il y a trois personnages : le peintre avec tout son matos sur le dos, Alfred Bruyas avec sa belle barbe rousse et son anonyme arpète. " Elle me répondit : " Il y a un chien, je ne me souviens que du chien."

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Elle m'en fit une description très précise. Son goût pour les détails canins m'a fait penser à l'étude faite par Jean-Claude Bourdais à propos des chiens en peinture. Il les a repérés chez des peintres comme Vélasquez, Carpaccio, Gauguin et d'autres. Je crois que du côté canin, chez Courbet aussi, il y aurait quelque chose à creuser. En effet, en prenant les oeuvres les plus connues du peintre franc-comtois, en excluant "L'origine du monde " (pour couper court à tout commentaire ; il s'agit dans ce cas du genre félin et non pas canin !), on remarque que, que ce soit dans un Enterrement à Ornans
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ou dans l'atelier
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les chiens sont aux premières loges.
Beaucoup plus modestement et toujours à propos des chiens, j'ai trouvé ce petit tableau à la brocante, dimanche dernier.
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Ils sont mimis, non ?