21.11.2007

Proust est mort

Dans la rubrique nécrologique de Libération, dans le carré des souvenirs, il y avait ceci :

Marcel PROUST
est mort un 18 novembre
il y a quatre-vingt cinq ans.

"...comme de géants
plongés dans les années..."


J'ai eu envie de revoir cette vidéo où cette charmante Céleste Albaret parle des derniers moments de l'écrivain. Témoignage émouvant où elle raconte que Marcel Proust a mis le mot FIN à son oeuvre et estime qu'il peut s'en aller.
...l'incroyable frivolité des mourants.

27.12.2006

Les jumeaux-tomates

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Extrait de À la recherche du temps perdu (Sodome et Gomorrhe) p 854 ed. La pléiade
Non loin de nous était M.Nissim Bernard, lequel avait un oeil poché. Il trompait depuis peu l'enfant des choeurs d'Athalie avec le garçon d'une ferme assez achalandée du voisinage, "Aux Cerisiers". Ce garçon rouge, aux traits abrupts, avait absolument l'air d'avoir comme tête une tomate. Une tomate exactement semblable servait de tête à son frère jumeau. Pour le contemplateur désintéressé, il y a cela d'assez beau, dans ces ressemblances parfaites de deux jumeaux, que la nature, comme si elle s'était momentanément industrialisée, semble débiter des produits pareils. malheuruesement, le point de vue de M. Nessim Bernard était autre et cete ressemblance n'était qu'extérieure. La tomate n°2 se plaisait avec frénésie à faire exclusivement les délices des dames, la tomate n°1 ne détestait pas condescendre aux goûts de certains messieurs. Or, chaque fois que, secoué, ainsi que par réflexe, par le souvenir des bonnes heures passées avec la tomate n°1, M. Bernard se présentait "Aux Cerisiers", myope (et du reste la myopie n'était pas nécessaire pour les confondre), le vieil israélite, jouant sans le savoir Amphitryon, s'adressait au frère jumeau et lui disait : "Veux-tu me donner rendez-vous pour ce soir ?" Il recevait aussitôt une solide "tournée". Elle vint même à se renouveler au cours d'un même repas, où il continuait avec l'autre les propos commencés avec le premier. À la longue, elle le dégoûta tellement, par association d'idées, des tomates, même de celles comestibles, que chaque fois qu'il entendait un voyageur en commander à côté de lui, au Grand-Hôtel, il lui chuchotait : "Excusez-moi, Monsieur de m'adresser à vous, sans vous connaître. Mais j'ai entendu que vous commandiez des tomates. Elles sont pourries aujourd'hui. Je vous le dis dans votre intérêt car pour moi cela m'est égal, je n'en prends jamais."

25.12.2006

Sous le signe de Proust...

medium_alarecherchev.jpgmedium_2848760699.01._SS500_SCLZZZZZZZ_V39610004_.jpgParmi les premiers cadeaux reçus, il y a ces deux livres ainsi que Journées de Lecture du cher Marcel paru chez Fata Morgana. Je sens que ce Noël sera sous le signe de Proust.



Ce matin, j'ai regardé ce petit film, et je dois dire que cela m'a bien amusée. Enfin ! On s'occupe de ces Pères Noël pendus aux façades des maisons...

22.12.2006

Céleste, toujours Céleste...

medium_47long.jpg En ouvrant Sodome et Gomorrhe, hier soir (page 846 volume II de la Pléiade) je suis tombée sur ces lignes...

Malgré la difficulté qu'il y avait pour un client à aller dans les chambres de courrières, et réciproquement, je m'étais très vite lié d'une amitié très vive, quoique très pure, avec ces deux jeunes personnes, Mlle Marie Gineste et Mme Céleste Albaret. Nées au pied des hautes montagnes du centre de la France, au bord de ruisseaux et de torrents..., elles semblaient en avoir gardé la nature. Marie Gineste était plus régulièrement rapide et saccadée, Céleste albaret pls molle et languissante, étalée comme un lac, mais avec de terribles retours de bouillonnement où sa fureur rappelait le danger des crues et des tourbillons liquides qui entraînaient tout, saccagent tout.... Je n'ai jamais connu de personnes plus volontairement ignorantes, qui n'avaient absolument rien appris à l'école, et dont le langage eût pourtant quelque chose de si littéraire que, sans le naturel presque sauvage de leur ton, on aurait cru leur parole affectée.

Vous avait remarqué la façon de parler de la vraie Céleste ?
...tandis que je trempais des croissant dans mon lait, Céleste me disait : " oh! petit diable noir aux cheveux de geai, ô profonde malice! je ne sais pas à quoi pensait votre mère quand elle vous a fait, car vous avez tout d'un oiseau. Regarde Marie, est-ce qu'on en dirait pas qu'il lisse ses plumes, et tourne son cou avec une souplesse ! il a l'air tout léger, on dirait qu'il est en train d'apprendre à voler. Ah! vous en avez de la chance que ceux qui vous ont créé vous aient fait naître dans le rang des riches; qu'est-ce que vous seriez devenu, gaspilleur comme vous êtes? Voilà qu'il jette son croissant parce qu'il a touché le lit. Allons bon, voilà qu'il répand son lait, attendez que je vous mette une serviette...

En regardant la vidéo, quand Céleste, la vraie, parlait du café au lait qu'elle apportait à l'écrivain, au lit, j'ai pensé que ce n'était pas une opération facile de boire au lit et que, tout Marcel Proust qu'il était, il avait dû en renverser des bols dans les draps. La réflexion qu'il attribue à la Céleste du roman, il avait dû l'entendre de la bouche de la Céleste, la vraie.

21.12.2006

Une journée Céleste

medium_foto1_4642.2.jpg La journée commença avec un signe céleste. Je trouvai sur le Journal LittéRéticulaire du jour un lien qui me menait à une interview de la fidèle Céleste Alabret qui raconte les derniers instants de Proust. Émouvant et troublant. "Il travaillait après avoir pris son café au lait, le deuxième. " De multiples détails sur l'écrivain qui montrent la fragilité de l'homme par rapport à son oeuvre.
Puis, un peu plus tard dans la matinée, PAG m'a envoyé un autre lien. On y retrouve la vidéo de Céleste et quelques autres témoignages sur ce cher Marcel. Si ce n'est pas un signe du ciel tout ça, je n'y comprends rien.

04.12.2006

Des nouvelles des miasmes

Qu'on se rassure, à l'heure qu'il est, je vais mieux que Pinochet !
Un petit peu de Proust à présent : extrait de Sodome et Gomorrhe

... ma connaissance de Chopin la jeta dans une sorte de délire artistique. L'hypersécrétion salivaire ne suffit plus. N'ayant même pas essayé de comprendre le rôle de Debussy dans la réinvention de Chopin, elle sentit seulement que mon jugement était favorable. L'enthousiasme musical la saisit. "Élodie! Élodie! il aime Chopin"; ses seins se soulevèrent et elle battit l'air de ses bras."Ah! j'avais bien senti que vous étiez musicien, s'écriat-elle. Je comprends, hhartiste comme vous êtes, que vous aimez cela. C'est si beau!" Et sa voix était aussi caillouteuse que si, pour m'exprimer son ardeur pour Chopin, elle eût, imitant Démosthène, rempli sa bouche avec tous les galets de la plage. Enfin le reflux vint, atteignant jusqu'à la voilette qu'elle n'eut pas le temps de mettre à l'abri et qui fut transpercée, enfin la marquise essuya la bave d'écume que le souvenir de Chopin venait de tremper ses moustaches.

Je me dis, en lisant ce passage, que, fort heureusement, la voilette n'est plus à la mode, car éternuant comme j'éternue, le spectacle, à l'image de la belle-mère de Madame Cambremer-Legrandin, ne serait pas joli-joli. Quant à la moustache, je vous dispense de commentaires...

01.12.2006

Une trouvaille

Je n'ai pas pu résister quand j'ai trouvé ce livre sur le stand du bouquiniste qui vient régulièrement sur le marché. Il m'a fait une bonne ristourne que je pouvais pas refuser. Proust et les peintres, je l'ai acheté.

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Il s'agit du catalogue d'une exposition qui s'est déroulée du 1er Juillet au 4 novembre 1991 au Musée de Chartes. Sur la page 7, on peut lire ceci :
"Cette exposition est placée sous le haut patronage de
Monsieur Jack Lang
Ministre de la Culture et de la Communication

Ca paraît loin, tout ça.
C'est une vraie mine d'or, ce livre. En effet, chaque reproduction est mise en rapport avec l'oeuvre de Proust. On imagine au cours de la lecture les oeuvres dont il parle, il m'est arrivé de cherche spécialement certaines, pour voir à quoi elles ressemblent. Ce livre semble apporter pas mal de réponses.
J'aime les trouvailles qu'on peut faire chez un bouquiniste, parce qu'elles sont inattendues et inespérées.

08.11.2006

Proust et Ingres

Proust aussi alla voir une exposition Ingres. J'avais dit dans un précédent billet combien je m'étais ennuyée à celle d'Arles. Voici un témoignage de cette visite, qui se situe à la fin de la vie de l'écrivain, extrait d'une lettre de Jean-Louis Vaudoyer à Jacques Rivière, datée du 9 janvier 1923.
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"...il se trouva un peu mieux et voulut aller voir Ingres, exposé non loin de là, rue de la Ville l'Évêque. Je dois dire que cette exposition Ingres l'enthousiasma fort peu. Ce fut seulement, sans doute par courtoisie, par gentillesse, qu'il consentit, pour me faire plaisir à dire du bien du merveilleux portrait de Granet prêté par le musée d'Aix.

23.10.2006

Enfin une bonne chose

Enfin une bonne chose dans une journée où je me suis sentie plus lamentable qu'un paillasson : je viens de remporter une enchère sur Ebay : le tome III en pleiade de La Recherche du Temps perdu ! Des horizons s'ouvrent devant moi.

30.09.2006

Une phrase de Proust à méditer

Chez le prêtre comme chez l'aliéniste, il y a toujours quelque chose du juge d'instruction.

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